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2013.12.04 Colombie - Suspension de l'enregistrement de nouveaux dossiers jusqu'en septembre 2013

SAI/AFA: en raison du grand nombre de dossiers de familles françaises actuellement en instance en Colombie, le SAI, en accord avec les opérateurs accrédités dans ce pays (AFA et OAA), a décidé la suspension, jusqu'au 1er septembre, de l’enregistrement de tout nouveau dossier par les opérateurs, pour l’adoption d’enfants colombiens de moins de 7 ans.
L’AFA précise que cette décision n'affecte pas les dossiers actuellement sur place et les pré-dossiers reçus par l'AFA avant le 13 avril.
Les familles qui constituent actuellement leurs dossiers sont invitées à les envoyer à l’AFA. Ces dossiers, après instruction, seront aussitôt envoyés, traduits, et déposés à l’organisme désigné (ICBF ou IAPA).

2012.07.06 Chine. Une loi sur l'adoption pourrait élargir l'admissibilité

(China.org.cn) Il est possible que les familles étrangères puissent adopter des orphelins ou des enfants abandonnés qui ne sont pas sous la protection de l'État, a déclaré, jeudi, un haut fonctionnaire de l'adoption.

Les enfants sous la protection de l'État sont admissibles à l'adoption depuis le début des années 1980, a déclaré Zhang Shifeng, qui dirige le Centre chinois pour le bien-être et l'adoption des enfants. On rédige des règlements pour élargir la catégorie de ceux qui sont admissibles à l'adoption afin d'inclure les « enfants en détresse ».

L'expression fait référence aux orphelins qui ne peuvent pas recevoir des soins de base de parents proches, de même qu'aux enfants dont les parents, pour quelque raison que ce soit, ont été incapables de fournir les soins nécessaires, a déclaré M. Zhang.

L'adoption par les familles étrangères a été une façon efficace de réinstaller de manière permanente les « enfants en détresse », a-t-il affirmé.

Promulguée en 1992 et amendée en 1998, la « Loi sur l'adoption » énonce que les enfants de 14 ans ou moins sont admissibles à l'adoption s'ils ont perdu leurs parents ou ont été abandonnés. Ils sont également admissibles si leurs parents ne sont pas en mesure de les élever correctement.

En vertu de la loi, les tuteurs légaux d'orphelins, les établissements de bien-être de l'enfance et les parents biologiques qui éprouvent des difficultés sont autorisés à placer un enfant en adoption.

Une recherche effectuée par le ministère des Affaires civiles en 2009 a montré qu'il y avait plus de 600 000 enfants qui avaient perdu leurs parents et qui vivaient en dehors de la protection officielle de l'État.

« Certains orphelins vivent avec leurs grands-parents ou d'autres parents, mais ceci ne garantit pas qu'on en prend soin de manière adéquate », confirme M. Zhang.

« Lors de visites dans différentes régions, nous rencontrons souvent la situation suivante : les grands-parents sont trop vieux pour élever un enfant, ou encore les oncles et les tantes peuvent ne pas bien traiter l'enfant ou même le maltraiter s'ils ont leurs propres enfants », a-t-il révélé.

Pour garantir les droits des enfants, le centre d'adoption élabore des règlements qui aideront ces enfants à trouver un foyer aimant qui prendra soin d'eux, que ce soit en Chine ou à l'étranger, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, certaines provinces, dont le Henan, le Jiangsu et le Guizhou, ont lancé des projets-pilotes.

Le district de Luoning, dans la province de Henan, en Chine centrale, a lancé en 2007 un projet pilote d'adoption à l'étranger pour les orphelins ou les enfants abandonnés vivant en dehors de la protection officielle de l'État.

Du Liming, directeur adjoint du Bureau des affaires civiles de Luoning, a dit que les procédures d'adoption par une famille étrangère pour les enfants qui ne vivent pas sous la protection de l'État sont plus strictes que pour ceux qui le sont.

Ces procédures incluent la clause selon laquelle un comité de la communauté locale doit nommer quelqu'un comme tuteur légal de l'enfant et que le contrat d'adoption entre le tuteur et la famille candidate ne pourra entrer en vigueur avant d'avoir été notarié.

Wang Changshui, 11 ans, a connu une vie difficile après le décès de son père, des suites d'un cancer, et après que sa mère eut paralysé à partir du cou après une chute lors d'un accident à la maison.

M.Du a indiqué que la mère du jeune Wang, qui vivait des subsides du gouvernement et comptait sur les soins que lui prodiguait sa mère de 70 ans, a accepté de donner la garde de ses deux enfants.

Maintenant, le jeune Wang et sa sœur de 13 ans vivent dans un établissement local de protection de l'enfance, et ils attendent une adoption de parents étrangers, a indiqué M. Du.

Les statistiques officielles montrent qu'à la grandeur du pays, environ 100 orphelins qui vivaient à l'extérieur des établissements de protection de l'enfance ont été adoptés par des familles étrangères.

Beth Alpert, une mère qui a adopté deux filles en Chine, a fait bon accueil à la proposition sur la politique d'adoption.

« L'adoption a été la meilleure chose pour ma famille, elle a changé ma vie. Je sais que beaucoup de familles en Amérique aimeraient avoir des enfants chinois, s'ils (ces enfants) ont vraiment besoin d'un foyer », a dit Mme Alpert.

2012.07.06 Agence Française de l'Adoption, nouvelle date de formation en vue de l’envoi de son dossier en Chine

(AFA) Les nouvelles exigences chinoises relatives à l’acceptation des dossiers envoyés par l’AFA nécessitent désormais que chaque famille participe à une formation organisée par l’Agence Française de l’Adoption. Une nouvelle date de formation est prévue pour le mois de juillet 2012.

  • Vendredi 20 Juillet 2012 : 10h – 17h30

L’AFA vous rappelle que la participation des deux membres du couple à cette formation est indispensable pour permettre l’envoi de son dossier en Chine.

Afin de vous inscrire à une des sessions de formation, nous vous invitons à nous retourner, par voie postale, le formulaire téléchargeable ici

2012.07.05 Plus de 100 000 enfants d'origine chinoise adoptés par des étrangers au cours des trente dernières années

Source : Quotidien du Peuple

Plus de 100 000 orphelins et enfants chinois handicapés physiques ont été adoptés par des étrangers au cours des trente dernières années, a annoncé mercredi le ministre des Affaires civiles, Li Liguo.

L'adoption de ces enfants chinois par des étrangers est aujourd'hui devenu un des principaux moyens de leur offrir un foyer, a indiqué M. Li lors d'une cérémonie tenue pour 130 familles américaines et leurs 200 enfants adoptifs, revenus en Chine à “la recherche de leurs racines”.

Le système d'adoption s'est amélioré en Chine ces dernières années avec le perfectionnement du système judiciaire et l'impact des dépenses sociales dans ce domaine, a poursuivi M. Li.

La Chine a établi des partenariats en matière d'adoption avec 138 organes gouvernementaux et organisations pour enfants de 17 pays, dont les Etats-Unis, l'Espagne, le Canada et la France.

Trouver des familles d'adoption pour les enfants ne signifie pas la fin du travail du gouvernement, a-t-il souligné ajoutant que “l'attention du gouvernement chinois pour ces enfants perdurera tout au long de leur croissance”.

La plupart des 200 enfants ayant participé à la cérémonie ont été adoptés dans des centres de bienfaisance pour enfants des provinces du Guangdong, du Hunan, de l'Anhui, du Fujian et de Chongqing, selon le Centre pour la bienfaisance et l'adoption des enfants de Chine, qui sponsorise ce programme.

En plus de Beijing, ces enfants se rendront à Xi'an, Chengdu et à Guilin avec leurs parents américains durant le programme d'une durée de 10 jours, financé par le gouvernement central afin d'encourager davantage d'enfants adoptés à revenir en Chine pour se familiariser avec leurs origines

2012.07.04 Le devenir des enfants élevés par un couple gay ou lesbien diffère t-il de celui des enfants élevés par un couple hétérosexuel?

Source : DocBuzz, sur base d'une étude parue dans Social Science Research Volume 41, Issue 4, July 2012

Si la question de l’adoption par des couples de même sexe est toujours au cœur du débat en France et devrait être résolue prochainement à en croire notre premier ministre Jean-Marc Ayrault, plusieurs études américaines se sont déjà interrogées sur le devenir de ces enfants. Aux Etats-Unis, 17% des 580 000 couples de même sexe, gays ou lesbiens (soit 98 000), élèvent actuellement un enfant. Si l’adoption est une des possibilités d’avoir un enfant pour ces couples, car les couples lesbiens font très rarement un enfant, il s’agit le plus fréquemment de couples se constituant après l’échec d’un mariage et dont un des parents forme un nouveau couple avec une personne du même sexe. Etre élevé par des parents de même sexe, influence t-il certaines caractéristiques sociales de l’enfant, son devenir, ou sa sexualité?

En 2005, l’Association Américain de Psychologie (APA) rendait un bref rapport sur ce sujet, concluant après analyse de 59 études publiées qu’ “Aucune étude n’a retrouvé qu’un enfant élevé par des parents gays ou lesbiens n’était désavantagé en aucune manière en comparaison avec un enfant élevé par des parents hétérosexuels“. Cet opinion admis et souvent répété depuis, vient d’être remis en question par deux articles publiés dans la revue Social Science Research et disponibles gratuitement dans leur intégralité. Le premier est une revue critique de cet opinion de l’APA après relecture consciencieuse des 59 études, le second une étude menée par l’université du Texas qui a comparé, en interrogeant 3000 jeunes adultes, les différences émergentes entre ceux élevés par des couples de même sexe ou par d’autres types de famille, hétérosexuelles en couple, mère isolé, couple remarié, etc.

Au cours des dernières décennies, le premier problème de société qui fut étudié fut tout d’abord le devenir des enfants de couples divorcés en comparaison à celui des enfants de couples hétérosexuels non divorcés. Une importante étude longitudinale menée chez 20 000 d’entre eux concluaient que l’avenir des enfants de couples divorcés était plus sombre, et cela même si les parents se remariaient : les différences notées concernaient la santé en générale, la mortalité, le risque de suicide, le risque d’abus de drogues, la criminalité, l’incarcération, la pauvreté intergénérationnelle, l’éducation, la contribution au travail, la précocité de l’activité sexuelle, la précocité d’une première grossesse et le taux de divorces à l’âge adulte. La photographie n’est donc pas reluisante. En comparaison, de petites études montraient en revanche une égalité de devenir entre les enfants élevés par des couples hétérosexuel et des couples homosexuels stables. Toutefois comme l’analyse le premier article publié dans la revue Social Science Research, ces études manquaient souvent d’une méthodologie permettant de généraliser les résultats, avaient suivi un nombre d’enfants trop faible, souvent moins de 50 et comparaient souvent le devenir des enfants élevés par de souples gays et lesbiens non pas à un couple hétérosexuel mas à un parent isolé hétérosexuel, pour lesquels ont sait que le devenir est moins bon. La conclusion de ce premier article était que l’assertion de l’APA ne peut être certifiée et appelait à de nouvelles études. Le second article est une réponse à cette demande.

L’université du Texas à Austin a donc lancé une étude dénommée “The New Family Structures Study”, NFSS, voulant évaluer des jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans, élevés par des parents de même sexe ou par des parents de sexe différents. L’équipe scientifique se composait de chercheurs en sociologie, en démographie, et de spécialistes du développement. 3000 participants ont été interrogés. L’étude a isolé 40 items permettant de photographier le devenir de ces jeunes adultes : être vous marié? En concubinage? Employé? Assisté par l’état? Au chômage? Avez-vous fait une tentative de suicide? Suivez-vous une psychothérapie? Etre-vous hétérosexuel (le)? Avez-vous une relation romantique avec une personne de même sexe? Avez-vous déjà été forcé(e) à avoir un rapport sexuel? Quel est votre niveau d’éducation? Vous sentez-vous heureux? En bonne santé? Etes-vous proche de votre mère biologique? De votre père biologique? Quelle est votre fréquence d’utilisation de drogues, d’alcool de tabac? Avez-vous déjà été arrêté? Avez-vous déjà plaidé coupable d’offense à mineur? Nombre et diversité de partenaires sexuels? Avez-vous été adopté? Quels étaient les revenus de votre famille? Quel était la structure d’origine de votre famille (hétérosexuelle, mère ayant de relation avec une personne de même sexe, père ayant des relations avec une personne de même sexe, parent isolé, beaux-parents), Etes-vous en bonne santé? Combien de temps par jour regardez-vous la TV? Quel est votre état d’anxiété? ….

Quelques résultats (se référer à l’article pour obtenir les résultats exhaustifs) :

  • Si le pourcentage de mariage chez les enfants élevés par un couple lesbien est comparable à celui des enfant élevés par un couple gay (36% vs 35%), le pourcentage de concubinage chez les enfants élevés par un couple lesbien est trois fois plus important que chez les enfants élevé par une famille hétérosexuelle (24% vs 9%). Le pourcentage de mariage chez un enfant adopté atteint 41%, et 43% chez un enfant issu d’une famille hétérosexuelle,
  • 69% des couples lesbiens et 57% des couples gays recevaient une assistance de l’état comme 17% des familles hétérosexuelles, 53% des familles recomposées, et 47% des parents isolés,
  • 49% des enfants issu d’une famille hétérosexuelle avaient un emploi au moment de l’étude comme 26% des enfants élevés par un couple lesbien, 34% de ceux élevés par un couple gay, 41% des enfants adoptés, et 53% de ceux issu d’une famille recomposée,
  • 24% des enfants élevés par un couple gay avaient récemment pensé au suicide, comme 12% des enfants élevés par un couple lesbien, 5% des enfants élevés par un famille hétérosexuelle et 10% des enfants élevés par une famille recomposée,
- 7% des enfants élevés par un couple lesbien avaient une relation avec une personne de même sexe, comme 12% des enfants élevés par un couple gay, 4% des enfants élevés par une famille hétérosexuelle, 23% des enfants adoptés et 13% des enfants élevés dans une famille recomposée,
  • 40% des enfants élevés par un couple lesbien avaient une relation hors mariage/concubinage, comme 25% des enfants élevés par un couple gay, 13% des enfants élevés par une famille hétérosexuelle, 20% des enfants adoptés, 32% des enfants élevés dans une famille recomposée,
  • 28% des enfants élevés par un couple lesbien étaient au chômage, comme 20% des enfants élevés par un couple gay, 8% des enfants élevés par une famille hétérosexuelle, 22% des enfants adoptés, 14% des enfants élevés dans une famille recomposée, et 13% des enfants élevés par un parent isolé,
  • 23% des enfants élevés par un couple lesbien ont subi les attouchements d’un adulte, comme 6% des enfants élevés par un couple gay, 2% des enfants élevés par une famille hétérosexuelle, 3% des enfants adoptés, 12% des enfants élevés dans une famille recomposée,
  • 31% des enfants élevés par un couple lesbien ont un jour été contraint à un rapport sexuel, comme 25% des enfants élevés par un couple gay, 8% des enfants élevés par une famille hétérosexuelle, 23% des enfants adoptés, 16% des enfants élevés dans une famille recomposée, et 24% des enfants issu d’une famille divorcée,
  • La consommation de cannabis et de tabac, était plus élevée chez les enfants élevés par des couples lesbiens et encore plus chez les enfants élevé par un parent isolé,
  • Les enfants élevés par des couples lesbiens ou gays témoignaient plus fréquemment d’avoir été arrêté par la police,

  • L’index de dépression était plus élevé chez les enfants élevés par des couples lesbiens ou gays en comparaison à tous les autres types de familles,
  • Le nombre de partenaires sexuels était 4 fois plus élevé chez les femmes lesbiennes élevées par un couple lesbien que chez les femmes lesbiennes élevées par une famille hétérosexuelle, et 6 fois plus chez les femmes lesbiennes élevées par un couple gay,….

Savoir si les enfants élevés par un couple de même sexe sont différents dépend bien-sûr à qui vous les comparez note l’auteur de l’étude, Mark Regnerus de l’université de Texas. Si est comparé, le devenir des enfants issu de familles hétérosexuelles et stables à des enfants élevés par une mère ayant une relation avec une personne de même sexe, 25 résultats sur 40 divergent en terme de niveau d’éducation, de dépression, d’emploi ou d’usage de cannabis, etc. Si est comparé, le devenir des enfants élevés par des parents hétérosexuels et stables à des enfants élevés par un père ayant une relation avec une personne de même sexe, 11 résultats sur 40 divergent. Il n’est donc pas juste de dire, écrit l’auteur, que le type de famille élevant l’enfant ne produise pas de différences. Par ailleurs, la force de cette étude, en comparaison à d’autres, dit-il, réside dans le nombre élevé d’enfants interrogés et dans leur diversité. Les résultats ont été contrôlés pour le niveau socioéconomique, l’âge, le sexe, les disparités géographiques, l’ethnicité, etc.

“Toutefois, dire qu’il y a des différences statistiques importantes entre les différents groupes évalués ici serait inadéquat” insiste l’auteur, il faut en effet “porter attention à la grande diversité qui existe aux sein des familles de parents de même sexe” : par exemple, le devenir d’un enfant élevé dans une famille gay “stable” est sensiblement le même que celui d’un enfant élevé par un couple hétérosexuel également “stable”. Et même, un enfant élevé dans cette famille gay “stable” a un devenir meilleur que celui issu d’une famille hétérosexuelle divorcée. Par ailleurs, les différences relevées entre les enfants élevés par une mère ayant une relation avec une personne de même sexe et ceux élevés par un père ayant une relation avec une personne de même sexe montre qu’il n’est pas possible ni de généraliser ni de globaliser de manière monolithique le devenir des enfants élevés par des couples de même sexe. “Même si les résultats rapportés ici peuvent être expliqués en partie par une variété de contraintes problématiques pour le développement de l’enfant au sein de familles gays ou lesbiennes (incluant la carence de soutien social aux parents, l’exposition à un stress lié à la stigmatisation, l’absence de sécurité légale pour les parents et de statut de leur relation), l’assertion empirique qu’il n’existe pas de différence notable doit disparaitre” conclu t-il.

L’auteur se refuse à spéculer sur les causes des différences relevées par l’étude NFSS ni même, écrit t-il, “de suggérer que l’orientation sexuelle où le comportement sexuel des parents puisse être responsable des différences retrouvées chez les jeunes adultes interrogés”.

On peut également raisonnablement se demander si finalement évaluer le devenir d’un enfant par rapport à l’orientation sexuelle de son/ses parents est finalement une question adéquate ou même juste. Lorsque qu’il s’agit d’adoption par exemple, ne vaut-il pas mieux dans tous les cas, être élevé par une famille aimante quelle qu’elle soit plutôt qu’au sein d’un foyer?

Vidéo : pour ou contre l'adoption par des couples gays ?

Vidéo : gay dads raise 12 adopted kids

Source:

2012.06.29 L’adoption en Russie bientôt fermée aux étrangers ?

(La Russie d'Aujourd'hui) En Russie, de plus en plus de familles désirent adopter un enfant. Elles entrent en concurrence avec d’autres parents venus de l’étranger.

Début juin, un plan national d'action pour l'enfance a été approuvé par décret par le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine. L'idée est simple : l’État se doit de garantir le droit propre à tous les enfants : avoir une famille. Ainsi, le gouvernement veut réduire le nombre d’orphelinats sur le territoire russe et placer 90 % des enfants dans des familles d’accueil grâce à différentes formes de tutelle.

Le document donne également une consigne d’une importance considérable : les orphelins doivent être adoptés par des familles russes. Par conséquent, le nombre d’enfants adoptés par des étrangers doit diminuer. C'est la première fois qu'une telle volonté est formulée de manière officielle par le chef de l’État.

La Russie traverse actuellement une crise démographique. Cette année, les rangs des classes primaires de nombreuses écoles étaient clairsemés. Parallèlement, le nombre de couples désireux d'accueillir un orphelin augmente.

Aujourd'hui, à Moscou, il existe 32 centres de formation destinés à accompagner les parents adoptants dans leurs démarches. Le premier centre inauguré au cours de l’année 2000 par l’association caritative « Semia » (Famille) a joué un rôle considérable dans leur création. Le gouvernement a également soutenu ce projet.

Douze médecins, psychologues et juristes y prodiguent leur enseignement. 7 d'entre eux ont déjà accueilli un orphelin. Leur mission principale : faire évoluer les mentalités en se débarrassant des idées reçues. Par exemple, nombreux sont ceux qui pensent que les enfants placés en orphelinat sont en mauvaise santé.

Ces dernières années, le gouvernement a augmenté de manière significative le financement des internats publics. Chaque année, de 350 000 à 600 000 roubles (8 750 à 15 000 euros) sont alloués à chaque orphelin selon les régions. Cette pension couvre également les frais d’entretien de l'établissement, la rémunération du personnel et les dépenses fixes. De plus, le personnel des orphelinats touche une prime lorsqu’il prodigue des soins à un enfant malade : par conséquent, les faux diagnostiques pullulent. C’est d’ailleurs le premier problème auquel s’attaquent les intervenants des centres de formation : « Avant de lire l'historique de la maladie, explique-t-on à des derniers, regardez tout simplement l'enfant. D'autant plus que de nombreuses maladies disparaissent si l'on prend soin de lui. »

L’ouverture des procédures d’adoption aux parents étrangers explique également l'augmentation des faux diagnostiques chez les enfants placés en orphelinat. La loi russe exige que cinq familles aient refusé d’accueillir un orphelin pour qu’il soit confié à un étranger. Les pires diagnostiques possibles sont donc parfois établis pour décourager les familles russes.

Anton Jarov, avocat, intervient au centre de formation et raconte une anecdote caractéristique à ce sujet. Une famille voulait adopter un enfant de trois mois. Trois couples avant eux avaient refusé de l'adopter car l’enfant était soi-disant porteur d’horribles maladies, dont une hépatite. Mais, touchés par l’enfant, le couple a malgré tout décidé d’entamer la procédure. Suite à un contrôle médical, il s'est avéré que le petit était en parfaite santé. Les nourrices ont par la suite reconnu que l'enfant était destiné à être adopté par une famille étrangère. Ainsi, lorsqu’il s’agit d’accueillir un enfant, les Russes sont en concurrence avec les étrangers. Dans de nombreuses régions, les Russes doivent se soumettre à des listes d'attentes systématiques pour avoir le droit d'adopter un petit ; les agences étrangères, elles, arrivent à les contourner.

Pour les Russes, la procédure d’adoption est gratuite quand les étrangers doivent verser une somme non négligeable. D'après le directeur de l’association caritative « Semia », Mikhaïl Pimenov, un Américain aurait payé 25 000 dollars pour pouvoir adopter en Russie. « Je suis sûr que les parents étrangers empêchent les familles russes d’accueillir elles-mêmes des orphelins. D’après moi, les étrangers devraient seulement être autorisés à adopter des enfants qui présentent des handicaps sévères et que nous ne pouvons pas aider », ajoute-il d'un ton assuré.

Si l'on en croit les chiffres révélés par le département américain de l’adoption internationale, les Américains ont adopté 970 enfants russes en 2011 quand 2589 enfants ont été adoptés en Chine et 1727 en Ethiopie. Au total, plus de 3000 petits Russes ont rejoint des familles étrangères.

L’augmentation des adoptions par des parents étrangers et le nombre important d'orphelins en province sont directement liés. Si l'administration régionale ne fait rien pour limiter le nombre d'enfants placés en orphelinats et soutenir les familles en difficulté, la voie est libre pour les étrangers.

Heureusement, des politiques locales réussies sont de plus en plus nombreuses en Russie. Par exemple, en 2005, 25 familles avaient eu recours à l’adoption dans la région de Krasnodar. Aujourd'hui, elles sont plus de 2000 à s'être lancées dans l'aventure. En effet, les mentalités ont évolué. Des émissions consacrées à cette thématique ont été diffusées à la télévision, les pouvoirs locaux sont partis à la recherche de couples sans enfants qu’une procédure d’adoption pourrait intéresser. Ces derniers ont pu visiter les orphelinats, rencontrer les enfants dont l’intelligence et les talents ont été loués.

Au final, 9 orphelins sur 10 de la région de Krasnodar ont désormais une famille. Le gouvernement dispense également un soutien financier : les familles à qui sont confiés des enfants handicapés touchent jusqu'à 500 000 roubles (12 500 euros). Une allocation mensuelle est également versée aux parents adoptants.

Jusqu’en 2006, la ville industrielle de Tcherepovets comptait 9 orphelinats où 300 000 enfants étaient pris en charge. La criminalité faisait des ravages chez les jeunes. Les instances de pouvoir locales ont compris qu’il fallait intervenir au sein-même des familles. L'association caritative « Doroga k domou » (La Route vers la maison) a été créée ainsi qu’un centre de formation destiné à épauler les parents envisageant d’avoir recours à l’adoption. Au bout de quelques temps, 4 orphelinats ont fermé leurs portes. Notons qu'aucun des enfants adoptés n'est retourné à l'orphelinat.

Dans la région de Tioumen, les services sociaux locaux se sont consacrés aux familles en difficulté. Les parents sont accompagnés dans leurs démarches, qu’il s’agisse de trouver du travail ou de se sevrer de l'alcool. Une aide matérielle leur est accordée s’ils envisagent de monter un petit commerce. Au final, le nombre de parents privés de leur droit parental régresse et 89% des enfants ont un vrai foyer.

2012.06.29 Enfants adoptés - dans le pays d'origine, "nous ne sommes que des touristes"

(Libération) L’association Racines Coréennes organise ce week-end à Paris un rassemblement international de personnes adoptées, d’origine coréenne. L’occasion de faire porter une voix que l’on entend peu dans les débats sur l’adoption : celle des adoptés.

Par KIM HULLOT-GUIOT

Ils sont nés en Corée dans les années 70 ou 80, et ont été adoptés en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Aujourd’hui, Jennifer, Aurélie, David, Michael, Jae et Joseph sont adultes. Tous sont venus à l’Hôtel National des Invalides, ce week-end, pour se rencontrer. C’est l’association française Racines Coréennes qui est à l’origine du rassemblement, avec deux mots d’ordre : échange et information. Car bien souvent, les adoptés à l’international se retrouvent seuls avec leurs questions. «Entre adoptés, on comprend des choses que les autres - y compris nos parents adoptifs - ne saisissent pas, et on n'a pas besoin de se justifier, d’expliquer, raconte Joseph, né il y a 34 ans en Corée, arrivé à l’âge de neuf mois à New York. Même quand les gens essaient d’être gentils, ils ne comprennent pas vraiment ce que l’on ressent.»

«Ce n’est pas évident de se raconter face à des gens qui ne connaissent pas ce qu’est notre situation», ajoute Jennifer, 33 ans, adoptée au même âge par un couple français. «Entre adoptés, il n’y a pas de jugement, ajoute-t-elle posément. On a tous grandi comme ça, avec cette différence».

Apaiser les questions identitaires

Conférences sur les procédures d’accès aux origines, projections de documentaires et de films d’animation… pour les quelques 250 adoptés attendus ce week-end, ce rassemblement signe le besoin de faire entendre une parole peu entendue lors des débats sur l’adoption. «On ne revendique rien et il n’est pas question de verser dans le communautarisme, précise d’emblée Hélène Charbonnier, la présidente de l’association. Mais partager des informations, faire des rencontres, permet d’apaiser nombre de questions identitaires que les adoptés se posent. Cela remet à jour nos fantasmes, que le trou dans notre histoire personnelle peut générer. Parce que notre différence, on la voit tous les matins dans le miroir.»

Et la première de ces questions, c’est celle de l’abandon. Aurélie, 33 ans, a été adoptée en France à cinq mois. Elle a choisi de demander l’accès à son dossier d’adoption. «On débute dans la vie par un rejet. Comprendre pourquoi mes parents m’ont abandonnée - en l’occurence, c’est parce qu’ils étaient trop jeunes - c’est une façon de boucler la boucle, d’avoir l’esprit libre». Ses parents biologiques n’ont pas souhaité la rencontrer. Au moins, maintenant elle sait.

L’adoption, une «loterie»

Ce qui ne l’empêche pas, pour plaisanter, d’imaginer, parfois, comment sa vie aurait pu être si elle avait été confiée à une autre famille : «L’adoption, c’est une loterie - même si c’est un peu la même chose pour tous les enfants, au fond». En riant, elle ajoute: «Quand on voit la ministre Fleur Pellerin ou le sénateur Jean-Vincent Placé, on se demande ce qui se serait passé si on avait été adopté par leurs parents !»

Michael, 27 ans, arrivé à six mois en Allemagne est, lui, «juste» venu faire des rencontres. «Je suis très heureux dans ma vie, avec ma famille, raconte-t-il dans un grand sourire. Je me sens allemand, je n’ai pas le fantasme d’être coréen. Et vous savez, personne ne demande à ses parents biologiques pourquoi ils l’ont conçu. Moi, c’est la même chose avec mes parents adoptifs. Même si pour l’instant, je n’ai pas besoin de retrouver ma famille biologique, je pourrais changer d’avis».

Prendre en compte l’histoire pré-adoption de l’enfant

L’adoption ne se passe pas toujours aussi bien que pour Michael, surtout quand l’enfant est adopté à un âge avancé. C’est le cas de David, 39 ans, arrivé en France à sept ans : «Je me souviens de tout. J’ai vécu avec mes parents jusqu'à l’âge de trois ans et demi, et après leur divorce, avec ma mère. Mais elle était très fragile psychologiquement, elle a fait plusieurs tentatives de suicide. C’est mon père qui m’a emmené aux services d’adoption.»

«Avec mes parents adoptifs, maintenant, cela se passe globalement bien, reprend-t-il. Mais ils n’ont pas vraiment pris en compte le fait que je venais d’une autre culture. Au début, je n’arrivais pas à dormir dans un lit, et ils ne saisissaient pas.» David a passé ses années d’adolescence en internat. Depuis, il s’entend mieux avec ses parents adoptifs.

«Les parents doivent prendre en compte le passé de l’enfant, mais pour autant, ils ne doivent ni empêcher, ni favoriser la contact culturel entre le pays d’origine et la France, estime Hélène Charbonnier. Ils sont là pour éduquer les enfants, leur donner un cadre, des limites, de l’affection. Mais si l’enfant veut aller dans son pays d’origine, il devrait le faire tout seul, sans qu’ils ne l’accompagnent. Comme un grand.»

Pour elle, il s’agit d’éduquer les enfants adoptifs de façon «normale» : «Je crois que les parents doivent se comporter comme si c’était leur enfant biologique, ne pas colorer son éducation avec ce qui a trait au pays d’origine. Et puis, on vit notre crise d’adolescence comme tous les ados du monde, indique-t-elle. Il faut veiller à ne pas tout mettre sur le compte de l’adoption.»

«J’ai retrouvé les traits de ma mère dans le visage de ma fille»

A trente-trois ans, David s’est décidé à retrouver sa famille biologique. Son père était décédé, mais pas sa mère, contrairement à ce qu’il croyait. «Ca a été bouleversant. Je me suis même demandé si j’allais retourner vivre en Corée.»

Voir sa mère biologique lui a permis, quand il est devenu père à son tour, de retrouver les traits maternels dans le visage de sa fille. Sans pour autant renier ses parents adoptifs. «Pour moi, c’est un enchaînement, entre mes parents biologiques et mes parents “éducateurs”. Les uns n’excluent pas les autres».

«Au départ, on pensait que l’adoption s’arrêtait dès l’arrivée de l’enfant dans sa famille adoptive»

Kim Kyung-Joo travaille au département post-adoption de la Holt, la plus grande fondation qui s’occupe d’adoption en Corée. «Au départ, à la Holt, nous pensions que l’adoption, ça s’arrêtait au moment où les enfants arrivaient chez leurs parents adoptifs, explique-t-elle. Et puis on s’est mis à recevoir jusqu’à cinquante mails par jours, d’enfants devenus adultes et qui voulaient accéder à leur dossier. C’est pour cela que nous avons créé un service dédié à l’accompagnement dans les recherches».

Une procédure que s’apprête à entamer Jae, 31 ans, arrivé aux Etats-Unis depuis la Corée à l’âge de sept ans. «Pendant toute une partie de ma vie, je n’y pensais pas du tout, explique-t-il, pas plus que je ne pensais à mes sept premières années en Corée, même si j’en ai encore des souvenirs. Maintenant, je prends des cours de Coréen car je n’ai pas tout gardé de cette langue, afin de faciliter la procédure».

«En fait, en Corée, nous ne sommes que des touristes»

Pour Hélène Charbonnier, ce n’est pas le rôle des associations de favoriser le retour aux origines. Elle préfère parler d’accompagnement. Et prévient : «Il ne faut pas se freiner, c’est important pour un adopté d’écouter son coeur, ses besoins. En même temps, il ne faut surtout pas trop attendre d’un voyage en Corée ou d’une rencontre avec sa famille biologique. Il ne faut pas se précipiter, car les retrouvailles se font rarement dans des bonnes conditions.» Et d’évoquer la culture coréenne, où l’on ne discute pas ses sentiments en public : «les adoptés racontent souvent qu’ils ont été frappés des discours très lisses entendus dans leurs familles biologiques».

Attention, aussi, à ne pas idéaliser un premier voyage en Corée, indique Hélène Charbonnier : «La première fois qu’on met le pied à Séoul, on se dit que c’est un pays génial, celui de nos origines, où l’on est légitime…. avant de se prendre de plein fouet le fait qu’en Corée, nous ne sommes que des touristes».

Si la procédure de recherche des origines n’est pas nécessairement fastidieuse en elle-même, le mode de vie coréen peut rendre les choses compliquées : «Il est rare que les Coréens vivent plus de cinq ans au même endroit, indique Philippe Lapairy, chargé des adoptés belges et français chez Holt. Ils ne se recensent pas toujours. Et pendant longtemps, il n’y avait pas d’adresse au sens occidental, tout marchait par blocs d’habitations. Il y a quinze ans, la Corée était un pays moderne qui perdait jusqu’à 40% de son courrier postal», plaisante-t-il.

«70% des abandons concernent des mères célibataires»

Connaître l’histoire de la Corée et son système social est aussi fondamental pour comprendre les raisons du rejet, estime-t-il. «70% des abandons concernent des mères célibataires, qui n’ont pas d’existence sociale en Corée, où le gouvernement les ignore et ne les aide pas».

Joseph a lui déjà entamé la procédure d’accès aux origines. «Ce qui est complexe, c’est que là-bas, en Corée, la vie a continué sans nous, raconte-t-il. Je comprends bien que ma mère biologique ai commencé une vie différente après mon abandon, mais c’est frustrant». Quand il a dit à ses parents adoptifs qu’il ferait ce voyage en Corée, sa mère lui a donné sa bénédiction. «Je me suis quand même vite rendu compte qu’elle était très nerveuse. Elle avait sans doute peur que je ne veuille plus d’elle, ce qui ne va pas arriver !» explique le jeune homme.

Qu’on choisisse, comme Joseph, Aurélie ou David, ou non, comme Michael, d’accéder à ses origines, pour la présidente de Racines Coréennes, l’important reste de se concentrer sur sa propre vie, sur sa vie «réelle» : «Il faut toujours donner la priorité à sa vie en France. Nous sommes citoyens français, c’est là que nous vivons, c’est la langue que nous parlons. Nous ne redeviendrons jamais Coréens». Comme un pied de nez à ceux qui, souvent, ont regardé de travers la petite Française «à la peau couleur sable».

2012.06.29 Adopter un enfant malade, un choix pour la vie

(Allo Docteurs) Chaque année, près de 2 000 enfants étrangers sont adoptés en France selon la Fédération Enfance et Familles d'Adoption (EFA). Parmi eux, de plus en plus d'enfants dits “à particularités”, des enfants avec des problèmes de santé très variés. Quelles sont les motivations des familles pour accueillir ces enfants ? Et comment s'y préparent-elles ?

- Reportage de Marie Chagneau, Christian Galet et Jean-Philippe Belleudi -

2012.06.28 France. La bataille de la double adoption

(Le Monde) Les démarches d'Yvonne pour adopter ses beaux-enfants ont commencé en 2009, avec comme objectif de traiter tous ses enfants équitablement lors de la succession.

Quand Yvonne [tous les noms ont été changés pour respecter l'anonymat des personnes citées] a entamé en 2009 la procédure d'adoption de ses beaux-enfants, il s'agissait alors d'une banale histoire de succession, un peu compliquée toutefois par les imbroglios propres aux familles recomposées.

Après son divorce, cette Oléronnaise de 61 ans, se remarie en 1989 à Bernard, qui a déjà deux enfants d'un premier mariage, Adèle et Philippe. Yvonne a toujours considéré ces enfants comme les siens, à l'image de sa propre fille, Aurélia. Des vacances en famille aux premières disputes de l'adolescence, Yvonne a élevé cette fratrie sans faire de différence entre l'enfant issu du premier mariage et ceux issus du second. Aujourd'hui à la retraite, elle et son conjoint ont décidé d'adopter conjointement leurs enfants afin de leur léguer équitablement leurs biens. Seul problème, le beau-père d'Adèle et Philippe, marié à l'ex-compagne de Bernard, avait eu la même idée, dix ans plus tôt. Et le code civil est formel : un enfant ne peut être adopté qu'une fois, par un couple marié.

Soucieuse de préserver l'harmonie familiale et réticente à l'idée de payer des droits successoraux exorbitants, Yvonne se lance donc dans un marathon juridique de plusieurs années. Au tribunal de La Rochelle, en novembre 2011, les juges “se montrent compréhensifs” et favorables à cette double adoption. Mais le procureur a prévenu son avocate avant même que l'audience n'ait lieu : il sera obligé de faire appel, car on ne transige pas avec le code civil. Aujourd'hui, Yvonne doit recevoir le délibéré de la cour d'appel de Poitiers, mais elle a peu d'espoirs. Cette histoire rappelle en effet celle, similaire, d'un Montpelliérain de 44 ans dont la double adoption, confirmée en appel, avait été finalement censurée par la Cour de cassation le 12 janvier 2011. Et Yvonne a d'ores et déjà annoncé qu'elle n'aurait ni la force ni les moyens de se défendre devant la Cour de cassation.

“HOLLANDE ET SARKOZY ONT AUSSI DES FAMILLES RECOMPOSÉES”

Le nœud du problème, c'est l'article 346 du code civil, qui prévoit que “nul ne peut être adopté par plusieurs personnes, si ce n'est par deux époux”. Juridiquement, c'est on ne peut plus clair : “Il n'y a pas d'ambiguïté, un enfant ne peut être adopté qu'une fois, et uniquement par un couple marié ou une personne seule”, explique Me Bauduin, qui a plaidé pour Yvonne à La Rochelle lors de la première audience, en novembre 2011. A l'époque, cette avocate de Rochefort avait réussi à obtenir gain de cause en arguant du fait que cet article était une atteinte au droit fondamental du respect de la vie privée prévu par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), et que le refus de double adoption constituerait également une violation de l'article 14 de la CEDH, qui protège les citoyens des discriminations. Il s'agit en l'occurrence d'une discrimination par rapport aux trois enfants qui ne disposent pas des mêmes droits successoraux, mais également au niveau des beaux-parents, puisque le seul tort d'Yvonne a été d'avoir eu cette idée d'adoption dix ans après le beau-père d'Adèle et de Philippe. Les arguments portent, et le tribunal donne son accord pour la double adoption.

Une première victoire tout de suite ternie par la procédure d'appel. Le 16 mai 2012, Yvonne décide de se présenter seule devant la Cour d'appel de Poitiers et de plaider elle-même sa cause. Armée de documents trouvés sur Internet, elle dénonce ce “code Napoléon” qui “ne correspond plus à la société actuelle”, où, selon l'Insee, près de 8 % des enfants vivent dans une famille recomposée. Elle explique qu'aujourd'hui, la définition de la famille évolue, et que les familles recomposées sont partout, même à la tête de l'Etat. “J'ai parlé de Nicolas Sarkozy, qui a eu des enfants avec plusieurs femmes, et qui vient d'avoir la petite Giulia avec Carla Bruni, et aussi de François Hollande, qui a une famille recomposée et n'est pas marié, une première pour un chef d'Etat français”, se souvient Yvonne.

Devant elle, une pile de dossiers atteste des différentes démarches qu'elle a engagées pour se faire entendre par la justice. Sur les conseils d'un journaliste du quotidien Sud Ouest, elle a également envoyé des lettres à tous les députés de Charente-Maritime. De sa pochette, elle exhume les copies de courriers adressés à Maxime Bono, Dominique Bussereau, et Didier Quentin. Si les réponses sont rares, ce dernier prend fait et cause pour elle, et écrit au ministre de la justice d'alors, Michel Mercier, qui lui répond que “la cour de cassation a déjà tranché la question des adoptions successives” avec sa décision de janvier 2011.


Extrait de la lettre de l'ancien ministre de la justice Michel Mercier au député Didier Quentin concernant l'affaire de double adoption d'Yvonne.

Sur l'île d'Oléron, Yvonne fait le tour de sa grande maison bordée d'une piscine turquoise. “Tout ça, c'est pour eux, nous on aura bientôt les pieds froids”, lance-t-elle. Son seul souci, c'est “préserver ce qu'on a bâti” et “faire perdurer l'harmonie au sein de la famille” au-delà de sa mort. C'est pour éviter les successions qui dérapent et où “on coupe les matelas en deux pour faire des parts égales” qu'elle a pensé à l'adoption, mais aussi pour que ses beaux-enfants n'aient pas à payer des droits successoraux de l'ordre de 60 %, comme c'est la règle hors des liens familiaux. “En fait, le seul que mon histoire gêne, c'est le fisc”, souffle-t-elle.

BEAU-PARENT, UN STATUT QUI N'EXISTE PAS

L'impasse dans laquelle se retrouve Yvonne est une conséquence directe du fait qu'en France, le beau-parent n'a aucune existence juridique. Comme le résume cette étude des législations comparées au niveau européen réalisée par le Sénat en 2009, le beau-parent “n'a en principe aucun droit ni aucun devoir envers l'enfant de son conjoint ou de la personne avec laquelle il vit”. Selon l'article 377 du code civil, le beau-parent peut seulement être considéré, à la libre appréciation du juge, comme “un proche digne de confiance”, au même titre que des grands-parents ou une tante. La possiblité d'une “délégation partage” a également été introduite par la loi n° 2002-305 du 4 mars 2002, qui permet de partager l'autorité parentale avec un tiers “pour les besoins de l'éducation de l'enfant”.

Il s'agit d'une particularité purement française, puisque la plupart des pays de l'Union européenne ont mis en place une législation propre aux beaux-parents, à l'exemple de la loi anglaise qui “permet au beau-parent de partager l'autorité parentale avec les parents, quels que soient le statut juridique et l'orientation sexuelle du couple recomposé” ou du code civil suisse, qui oblige le beau-parent à “assister son conjoint de façon appropriée dans l'exercice de l'autorité parentale”.

Pour Sylvie Cadolle, sociologue et maître de conférence à Paris IV, cet apparent décalage du code civil français par rapport au libéralisme européen est une manière de conserver l'égalité au sein de la famille. “Aujourd'hui, les trajectoires parentales sont complexes et être beau-parent, c'est juste un moment dans la vie, explique-t-elle. Donner un statut au beau-parent, c'est figer l'évolution de la famille à un moment précis. C'est une manière de tirer un trait sur le premier noyau familial et de promouvoir la famille recomposée comme seule 'bonne famille'.” Ainsi, multiplier les adoptions ne ferait que perturber un modèle familial fondé sur l'exclusivité parentale et pourrait créer des situations ubuesques, dans lesquelles le même enfant aurait cinq parents, partageant tous les mêmes droits et devoirs. Si le procureur est bien décidé à censurer la double adoption souhaitée par Yvonne, c'est donc pour protéger les dérives futures que pourrait entraîner cette jurisprudence.

Un problème de jurisprudence pour les beaux-parents, mais aussi pour les couples homosexuels. “Si le cas d'Yvonne est aussi important, c'est parce qu'une remise en cause de l'article 346 du code civil pourrait ouvrir la porte à l'adoption par les couples homosexuels, puisque supprimer cet article pourrait permettre aux couples non mariés d'adopter”, explique Me Bauduin. “Cette affaire est un espoir de faire évoluer la législation pour qu'elle corresponde à l'évolution des mœurs”, ajoute-t-elle. Yvonne, elle, s'étonne : “On pensait faire une démarche simple et évidente, qui allait de soi. On ne pensait pas être un cas si exceptionnel.”

2012.06.28 Compte-rendu de la mission AFA en Chine (Orphelinat de Huainan)

(Agence Française de l'Adoption) Une délégation de l’Agence Française de l’Adoption (AFA), composée de Monsieur Jean-Michel RAPINAT, Directeur Adjoint de l’AFA, et de Monsieur Yann LEDOCHOWSKI, Rédacteur Chine, s’est rendue en Chine du 18 au 22 juin 2012 dans le cadre du programme Special Needs mis en œuvre avec l’orphelinat de Huainan.

L’orphelinat de Huainan, avec lequel l’AFA a signé un accord de coopération, a pris la mesure des responsabilités qui lui incombent, et de la nécessité de préparer rapidement les dossiers des enfants. Le Directeur de l’orphelinat a pris des engagements fermes, dont la réalisation sera suivie par les services de l’Agence et par la chaîne hiérarchique chinoise. Les autorités locales et provinciales nous ont assurés de leur soutien et de leur intervention afin de lever les obstacles administratifs qui pourraient intervenir dans le cadre de la préparation des dossiers des enfants.

L’Agence Française de l’Adoption assurera un suivi détaillé de l’évolution de la situation et informera les familles participantes au programme dès que les avancées prévues seront manifestes.

Par ailleurs, la délégation de l’AFA a pu rencontrer l’autorité centrale chinoise, le CCCWA, afin d’envisager ensemble le futur du programme Special Needs. La réussite du premier programme Special Needs avec l’orphelinat de Huainan conditionnera le prolongement de la collaboration entre la France et la Chine pour l’adoption d‘enfants à besoins spécifiques.


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