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Editorial fataliste de l’AFA contre sonnette d’alarme de JM Colombani : où en sommes-nous ?


Le 15 juillet 2009 par Coeur Adoption
Posted in Actualité de l'adoption, Institutions

Jean-Marie Colombani signe un article inquiet sur l’évolution de la situation de l’adoption en France, plus d’un an après la remise de son rapport.

Dans le même temps, Béatrice Biondi, nouvelle directrice de l’AFA évoque, à propos de sa nouvelle mission à la tête de l’agence, dans l’éditorial de la dernière lettre de l’AFA, la « difficile équation » posée par « l’augmentation du nombre des familles qui espèrent adopter à l’étranger, et la réduction simultanée du nombre des enfants adoptables à l’international, phénomène qui est notamment la conséquence, et l’on doit s’en féliciter, de l’adhésion de plus en plus grande des Etats aux principes posés par la Convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale. »

Or les pays qui ont signé et mis en œuvre cette convention depuis 2007 sont : les Etats-Unis, l’ex-République yougoslave de Macédoine, le Liechtenstein et les Seychelles. Les français n’adoptent pas dans ces pays… Il semble donc plus qu’hasardeux de relier les deux phénomènes.

Madame Biondi allume-t-elle un contrefeu aux propos de J-M. Colombani ? : « nous devrions subir en France en 2009 une nouvelle baisse de l’adoption après celle très forte enregistrée en 2007 et un léger redressement en 2008. » Prudemment, J-M. Colombani n’invoque pas une quelconque diminution du nombre d’enfants adoptables à l’international dans les pays d’origine. Faut-il rappeler que :
1) nous serions les premiers à nous en réjouir
2) nul ne dispose à ce jour de données permettant d’affirmer une diminution du nombre d’enfants adoptables. L’organisme de la Convention de La Haye envisage à peine de mettre au point quelques outils de comptage. Surtout, ne jetons pas la pierre aux pays d’origine ! Il est particulièrement ardu de se procurer ces mêmes informations pour la France (l’enquête de l’ONED concernant les pupilles de l’Etat ne recense ceux-ci que depuis 2005…)

C’est pourtant un constat que B. Biondi qualifie « d’objectif »…

Jean-Marie Colombani, pour sa part, exprime ses craintes quant à la pérennisation de l’impulsion donnée par le gouvernement, à l’adoption internationale (à la suite du rapport qui avait été remis par son équipe en 2008), en raison notamment de la disparition du secrétariat d’Etat aux droits de l’homme. Il réaffirme la nécessité « de privilégier l’aide que la France peut apporter pour mettre sur pieds, dans les pays concernés, de véritables politiques de protection de l’enfance et plus précisément de politique de protection des orphelins« .

Et Jean-Marie Colombani de conclure en demandant la création d’un dispositif public dédié à l’adoption, à l’image de… « celui par exemple qui a été mis en place autour de Martin Hirsch sur les sujets de la pauvreté et de la jeunesse, à savoir une mission dégagée des contraintes et des lourdeurs de l’action habituelle des pouvoirs publics.

Faute de quoi, on risque de constater, deux ans après la commande d’un rapport sur le sujet, que la situation s’est de nouveau dégradée. »

Constat alarmant, s’il en est…

L’adoption dépendant de cinq ministères, un tel organe pourrait en effet simplifier sa gestion d’autant que la dernière réforme a déjà doté l’adoption du Secrétariat à l’adoption internationale (SAI) et de l’ambassadeur pour l’adoption internationale qui a pris le sujet à bras le corps.

Les dernières dispositions juridiques ont, début 2008, redéfini le rôle et les compétences des différents opérateurs mais les textes concernant l’AFA n’ont toujours pas été présentés au Parlement. Ils devraient élargir les compétences de l’Agence et lui permettre, enfin, de répondre aux demandes d’aide humanitaire des pays d’origine. Le projet de loi devrait être débattu « à l’automne »…

Mais bon nombre de questions restent en suspens, de nombreux blocages subsistent, l’accompagnement des adoptants reste toujours aussi défaillant, et 22 des 32 propositions du rapport Colombani sont restées lettre morte, aucune de celles qui ont fait l’objet de l’attention du gouvernement ne concerne l’aide aux adoptants…

Les attributions du secrétariat d’état aux droits de l’homme en matière d’adoption (la principale innovation en ayant été le réseau des volontaires pour l’adoption) vont-elles être reprises ? La pression qui pouvait être ainsi exercée sur le ministère des affaires étrangères et sur les postes diplomatiques, la visibilité dont pouvait disposer Rama Yade dans ses déplacements à l’étranger, seront-elles aussi bien assurées si ces fonctions sont noyées parmi toutes celles du ministre des affaires étrangères ? Quid du réseau des volontaires pour lequel huit personnes effectuent à l’heure actuelle des missions dans les pays d’origine ? Ce réseau, fonctionnant essentiellement sur des fonds privés et qui prend appui sur une association (les Volontaires du Progrès), va-t-il désormais fonctionner sans pilotage ni relais des services de l’Etat ?

La volonté du gouvernement  d’améliorer l’adoption a été plusieurs fois affichée, des mesures ont été proposées, quelques unes mises en oeuvre,  mais pour ce qui est d’un effet concret sur l’ensemble du dispositif… tout le monde attend encore !

3 réponses à “Editorial fataliste de l’AFA contre sonnette d’alarme de JM Colombani : où en sommes-nous ?”

  • lusol64 20 juillet 2009 à 21:58

    Que dire qui n’aurait déjà été dit?…
    Que les promesses de JP Raffarin n’ont pas été tenues? Que les objectifs de l’AFA n’ont pas été atteints? Que la situation de l’adoption internationale, au lieu de s’améliorer, s’est dégradée sérieusement?

    Et que nous répondra-t-on que l’on ne nous a pas déjà répondu?…
    Que la politique de la France n’y est pour rien? Que c’est le contexte de l’adoption internationale qui est difficile?
    Bref, on connaît la musique.

    Bien sûr, il y a des bonnes volontés, mais qui ne sont pas suivies, comme souvent.

    Oui, une mission, comme le propose JM Colombani semble une excellente idée. Un organe qui centraliserait la gestion de l’adoption rendrait le tout plus solide, plus fiable, plus simple.

    Mais voilà, aujourd’hui, on préfère faire croire à la société que l’adoption est facile (il n’y a qu’à voir toutes ces célébrités qui adoptent sans difficulté!) et que c’est même un phénomène de mode (il n’y a qu’à voir toutes ces célébrités… oui, je sais, je me répète).
    En fait, l’amélioration de la situation de l’adoption n’est pas si urgente, non seulement on peut adopter facilement mais en plus on le fait pour le fun!!

  • jogadis 21 juillet 2009 à 8:33

    T’as raison, Lusol, je ne peux rien dire de plus que ce que vous avez dit (qui a été déjà dit etc).
    Juste que oui, on connait la musique, on connait à peu près la situation de l’adoption nationale/internationale mais, eux (AFA) ce n’est pas une musique qu’ils nous servent mais plus exactement un refrain qui revient sans arrêt et ils vont bientôt nous le jouer au violon…

  • paul S. 2 août 2009 à 9:50

    Eh oui, mais qu’attendait-on exactement d’innovant de l’AFA ? Quelle politique nouvelle pouvait être menée dans la mesure où Y. Nicolin restait président et qu’une magistrate était remplacé par une autre magistrate ? Les magistrats sont omniscients, compétents pour tout, c’est bien connu. Mais surtout, les magistrats sont mis à disposition par le ministère de la Justice. ce qui signifie clairement, que le salaire est versé par ce ministère et non par l’AFA…
    ET le personnel de l’AFA ? Qu’en dire ? C’est vrai la direction et la présidence ont souvent était stigmatisés mais j’invite chacun à examiner l’organigramme de l’AFA et les parcours professionnels de ceux qui composent l’institution. Et pour ceux qui ne connaissent pas, les locaux sont à l’image de l’institution : froids et feutrés.
    J’invite aussi ceux qui en ont la possibilité (représentants des associations au conseil d’administration ) de se faire communiquer le programme des déplacements internationaux des personnels de l’AFA. On comprend pourquoi il est difficile de joindre ces personnes.
    Je tremble chaque fois que l’AFA envisage une habilitation pour un pays (d’ailleurs aujourd’hui l’AFA est habilitée pour tous les pays) car à partir de ce moment, un coup de frein (parfois définitif) est donné à l’adoption dans ce pays au prétexte qu’il doit se mettre en conformité avec la convention de la Hayes, c’est à dire principalement se doter d’une autorité centrale dans l’intérêt des enfants; Comme si les adoptants en individuel participaient tous depuis toujours à un trafic d’enfants. bref, il y a trop à dire.

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