2008.07.29 Adoption « Il faut être hyper motivé et ne négliger aucune piste

source : L'Alsace

Il y a un an, Marie-Line et Patrice se disaient écœurés par le système de l’adoption en France. Ce couple de Wittelsheim a décidé de se débrouiller seul et, six mois plus tard, a adopté une petite fille en Russie.

Écœurés. Marie-Line et Patrice ne cachaient pas leur déception il y a un an (lire L’Alsace du 1er juin 2007). Ce couple de Wittelsheim a lancé en 2005 une démarche d’adoption à l’étranger. En avril 2006, ils ont obtenu l’indispensable agrément du conseil général du Haut-Rhin. « Et après on a piétiné pendant un an », se souvient Marie-Line. Toutes leurs demandes effectuées à l’Agence française de l’adoption (AFA) et aux Organismes autorisés pour l’adoption (OAA) ont échoué. Comme deux tiers d’autres parents adoptants en France, Marie-Line et Patrice ont donc laissé tomber les organismes pour se lancer dans l’aventure « en individuel ». Résultat, un an après : ils sont devenus les heureux parents de Lydiana, qui a maintenant 4 ans et demi.
C’est donc un témoignage d’espoir que ce couple cherche à donner. Pour eux, « tout s’est débloqué d’un coup » en juin 2007 grâce à une famille du Haut-Rhin qui avait adopté en Russie. « Ils nous ont mis en contact avec une facilitatrice, c’est quelqu’un qui a accès aux orphelinats sur place et qui sait quels sont les enfants adoptables ».
Elle a couru vers nous avec un grand sourire, c’était magique

Le 29 août 2007, « on a eu un coup de fil : elle avait une petite fille à nous présenter. Tout s’est emballé très vite, il fallait des visas très rapidement parce qu’on était attendus en Russie pour le 14 septembre ». Marie-Line et Patrice avaient balisé le terrain longtemps à l’avance au travail, ils ont pu partir en congé.

La première rencontre a eu lieu à l’orphelinat situé en pleine campagne, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg. « C’était un tout petit bout de chou, elle est arrivée en tenant la directrice par la main. Je l’attendais au bout du couloir avec une peluche. Elle a tout de suite couru vers nous avec un grand sourire. C’était magique ». Marie-Line se souvient aussi de ces autres enfants, qui s’accrochaient à la veste de son mari en l’appelant papa. « C’est dur à voir, très dur à vivre ».
La route reste longue jusqu’à l’adoption et Marie-Line et Patrice ont dû faire preuve de persévérance. Après avoir constitué les dossiers administratifs, traduits en russe, ils ont eu affaire aux fonctionnaires du ministère de l’Éducation russe qui leur ont, entre autres, demandé de passer une batterie de tests médicaux. Le jugement d’adoption, en décembre 2007, s’est transformé en calvaire de 3 h 30. À chaque fois, l’adoption aurait pu capoter. « Rien n’est jamais acquis, il y a des grains de sable dans l’engrenage jusqu’au dernier moment. Mais on finit par y arriver. Il faut montrer qu’on est extrêmement motivés» conseille Marie-Line. Motivés, mais aussi aidés par une autre famille. « L’entraide entre parents adoptants et familles désireuses d’adopter est capitale pour les démarches. C’est capital aussi pour le moral ».


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