2008.07.29 Yade et Morano lèvent le voile sur leur réforme de l'adoption

source : Les Echos

Les deux ministres qui se partagent cet épineux dossier, Rama Yade et Nadine Morano, promettent de créer un corps de jeunes volontaires chargés d'aider les candidats dans leurs démarches d'adoption. L'agrément délivré aux familles sera aussi revu.

Une escouade de jeunes volontaires recrutés sur le modèle des « Peace Corps » américains, un « ambassadeur » chargé de coordonner les 41 organisations françaises à l'étranger, une procédure d'agrément dépoussiérée… : le gouvernement cherche la bonne recette pour tenter de remédier au délicat problème de l'adoption. Ces deux dernières années, le nombre d'adoptions internationales d'enfants (3.100, soit 80 % des adoptions) a en effet spectaculairement chuté (de 20 %) en France, une situation dont pâtissent les familles, sommées de patienter plus longtemps.
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Après la remise du très critique rapport Colombani, le gouvernement dit avoir dans ses cartons une réforme toute prête. Elle ne sera finalement présentée que fin août, mais, hier, les deux secrétaires d'Etat chargés du dossier, Rama Yade (Droits de l'homme) et Nadine Morano (Famille), n'ont pas résisté à la tentation de lever un peu le voile sur le sujet… au risque de donner l'impression de se le disputer un peu.

La première a annoncé le recrutement d'une vingtaine de jeunes volontaires internationaux (de l'Association française des volontaires du progrès) d'ici à 2009. Formés pour des missions de deux ans, envoyés dans des pays sensibles, ils seront chargés de « sortir les enfants des orphelinats » pour leur trouver une famille d'adoption (française ou étrangère). Objectif : prévenir les dérives du type de celle de l'Arche de Zoé mais aussi accompagner les familles françaises, confrontées à une concurrence internationale de plus en plus féroce. « Nous devons être plus présents sur le terrain », explique-t-on au secrétariat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme. Moins puissantes, moins organisées et moins soutenues financièrement que leurs rivales étrangères, les organisations françaises sont à la peine. Les suggestions du rapport Colombani - renforcer le pilotage et la coordination - ont donc toutes les chances de trouver l'oreille du gouvernement : un « ambassadeur » de l'adoption internationale, Jean-Paul Monchau, vient d'être nommé et un comité interministériel créé. Car c'est l'ensemble de la procédure que le gouvernement souhaite dépoussiérer, y compris le délicat cap de l'agrément délivré aux familles. En 2006, 30.000 familles étaient agréées pour moins de 4.000 adoptions annuelles. Un système qui suscite des frustrations, d'autant que ces agréments sont délivrés pour cinq ans. « Certains ne correspondent plus à une volonté d'adopter », constate dans « La Croix » la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, désireuse que les familles renouvellent leurs voeux tous les ans et que leur formation soit améliorée.

Simplifier l'abandon

Pour développer l'adoption nationale, elle suggère aussi de s'intéresser aux enfants délaissés par leurs parents : sur 23.000 enfants placés en 2006, seuls 200 ont fait l'objet d'une demande de déclaration d'abandon. D'où l'idée de simplifier la procédure de déclaration de délaissement.

LAURENCE ALBERT


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