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2008.09.18 Arès deux ans de procédure : Julia est enfin à la maison

source : Le Dauphiné

par La Rédaction du DL

«Elle est là ! » Presque deux longues années que Frédéric n'avait serré dans ses bras Julia, la petite fille russe que lui et sa femme attendaient avec impatience de ramener en France. Et quand ils se sont retrouvés, en avril dernier, dans la cour de l'orphelinat d'Ekaterinbourg, ni son épais bonnet ni son large manteau ne l'ont empêché de la reconnaître parmi la trentaine de petits qui, autour d'eux, imitaient le geste tendu des retrouvailles en criant à leur tour, en russe, Maman.
“Nous avons perdu du temps”

Las d'une procédure longue et épuisante nerveusement, ils avaient failli jeter l'éponge, pensant ne jamais voir le bout du tunnel de cette procédure d'adoption qui s'apparentait à un parcours du combattant. Le 25 juin, Julia a enfin découvert sa nouvelle maison et tous ces longs mois d'attente se sont soudain envolés pour ces parents adoptifs qui reparlent pour la première fois de leur galère : « Notre malchance est d'être tombés sur la mauvaise personne. La facilitatrice et son équipe ne pouvaient gérer un trop grand nombre de dossiers. Nous nous sommes laissé guider aveuglément et avons fait totalement confiance alors qu'il aurait fallu sans cesse exiger des réponses claires. Et c'est pour cela que nous avons perdu autant de temps. »
“C'est comme si elle avait toujours été là”

Mais ils refusent pour autant que l'on salisse la procédure d'adoption en Russie et que l'on parle de corruption : « On ne paye pas un enfant, mais un travail de procédure. » Jusqu'au bout, les difficultés se sont enchaînées à travers des situations des plus invraisemblables : « Le 22 juin, la veille du jour de la délivrance du visa par le consulat de France, je lis la traduction du jugement. Le choc quand je constate l'erreur de la facilitatrice : j'avais adopté l'enfant d'une autre ! » Après maintes péripéties, tout rentre dans l'ordre et ils peuvent enfin savourer leur bonheur et profiter pleinement de Julia qui s'est parfaitement adaptée à son nouvel environnement : « C'est comme si elle avait toujours été là. À partir du moment où elle a franchi la porte de notre maison, elle était chez elle. Elle a compris quand on a pris l'avion qu'elle restait avec nous. » Que ce soit à la crèche, en vacances ou à l'école, Julia est à l'aise partout. « Elle est pétillante et curieuse, elle a soif d'apprendre. Elle rigole toute seule.»

Un brin canaille et blagueuse avec déjà la promesse d'un beau tempérament. Et la plus belle récompense vient sans doute de la bouche de Lucas, leur fils de 6 ans : « Ma soeur, c'est le plus beau cadeau que vous m'ayez jamais fait. »

REPÈRES
LE MANDATAIRE
Plus communément appelé facilitateur, vous « facilite la vie » comme son nom l'indique. Il établit, entre autres, la traduction du dossier, sert d'interprète et aide les parents à se déplacer à l'orphelinat et dans les diverses administrations. C'est le seul contact que les parents, depuis la France, aient avec la Russie.


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