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2008.10.27 Les Français et l’adoption ouverte ("open adoption")

source : France Info

Le phénomène reste marginal en France. Mais elles sont déjà une trentaine de familles à avoir adopté un enfant aux Etats-Unis en passant par des agences spécialisées. L’adoption “ouverte”, dont le principe est de maintenir le lien entre la famille adoptive, l’enfant et ses parents naturels, reste sujette à caution. Enquête exclusive de Laurent Doulsan…

“Open adoption” ou “adoption ouverte”.
Elle est apparue aux Etats-Unis il y a une vingtaine d’années. Le phénomène est aujourd’hui très en vogue, particulièrement en Californie, devenue au fil des ans le paradis de l’adoption ouverte.

Quel en est le principe ?
Les parents biologiques échafaudent pour l’enfant qu’ils ne veulent pas garder un “plan d’adoption”. Ils rencontrent des couples candidats à l’adoption et choisissent eux-mêmes celui auquel ils vont confier leur bébé. Ensuite, chacun continuera à entretenir les liens de ce “triangle adoptif”. Par des courriels, des envois de photos, des coups de téléphone, des lettres et mêmes des rencontres régulières, le fil ne sera jamais rompu entre les parents naturels et les parents adoptifs, entre l’enfant et ses parents biologiques.

De prima bord, la situation peut sembler idyllique : l’enfant n’a pas à fantasmer ses parents biologiques puisqu’il les connaît. Il n’a pas à imaginer le pire ou le plus sordide pour ce qui a conduit à son abandon, puisque les raisons, le contexte lui sont expliqués. D’ailleurs, il ne s’agit plus d’un abandon, ni d’un rejet ou d’une démission, puisque l’adoption est le fruit d’un accord conclu dans l’intérêt de chacun, et de l’enfant en particulier. De part et d’autre, les souffrances ne sont plus enfouies, puisque le dialogue est permanent.

Mais il s’agit là d’une vision bien angélique des choses, que dénoncent les pourfendeurs de l’open adoption, à plusieurs titres.

Intermédiaires douteux
Le problème est déjà que le tout est… monnayé. Si, la mère naturelle ne “vend” pas son bébé, il y a tout de même transaction financière. La famille que nous avons rencontrée – un Français et une Franco-américaine qui habitent un petit village des Yvelines – a ainsi versé à une agence spécialisée quelque 10.000 dollars pour son premier enfant, aujourd’hui âgé de huit ans. Le fait que les parents adoptants soient prêts à payer cher la réalisation de leur “rêve d’enfant” pourrait faire naître des filières entières de trafic d’enfants.

Héléna, 52 ans, a adopté deux enfants aux Etats-Unis, dans le cadre de l’open adoption (5'39")

De plus, dans un pays où cohabitent secteur public et intermédiaires privés difficilement contrôlables – agences et avocats spécialisés, le risque est aussi que les privés se gardent les enfants les plus “recherchés”, et que le public ne récupère que les bébés les plus difficiles à “caser”.

Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, dénonce les risques de marchandisation de l’enfant (5'16")

Enfin, pour la bonne construction psychologique de l’enfant, les experts européens et français en particulier, continuent de valoriser l’adoption plénière. Jugeant que les dispositions de la convention de La Haye qui empêchent tout contact entre les deux familles, préservent l’enfant de tout ballotage, de toute errance entre ses parents biologiques et ceux qui l’ont élevé et aimé comme “leur” enfant.

L’éclairage de Janice Peyré, présidente d’Enfance et Familles d’Adoption (EFA) (3'33")

Pour l’instant, aucune remise en cause de ces principes n’est à l’étude, notamment dans le projet de loi que Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, s’apprête à présenter.

Enquête, reportage : Laurent Doulsan


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