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2008.12.12 Québec : Adoption retardée

source : Le Journal de Montréal / Canoë Infos

Isabelle Maher

Deux enfants seuls au monde depuis la mort de leur mère s'enlisent dans un dédale bureaucratique qui les empêche d'être officiellement adoptés par la famille qui les a recueillis.

Lorsque Anna - nom fictif - a été hospitalisée en juillet dernier, elle a confié ses deux jeunes enfants, qu'elle élevait seule, à des amis. «Ce n'est que pour quelques jours, le temps de retrouver la santé», pensait-elle.

Mais la jeune mère de 33 ans d'origine ukrainienne n'a jamais quitté l'hôpital, emportée par un cancer du sein à la fin du mois de novembre.

Encore aucune décision

Avant son décès, Anna, qui refusait que ses enfants soient remis à la DPJ, avait pris la précaution de signer un document notarié confiant la garde de son fils et de sa fille, âgés respectivement de 5 et 6 ans, à Iveta Vicenova et Roman Martanovic, des gens qu'elle connaissait depuis peu.

«J'ai fait la connaissance d'Anna au printemps dernier, raconte Iveta. Nos filles étaient dans la même classe. Je voyais qu'elle avait de la difficulté à marcher tellement elle souffrait, mais elle ne se plaignait jamais», raconte-t-elle.

Dès l'arrivée des enfants dans la famille, le couple a été prévenu qu'Anna était en phase terminale. Leur père ne pouvant s'occuper d'eux, la décision d'accueillir les deux enfants fut prise rapidement.

«Nous sommes tombés en amour avec ces enfants-là. Au mois de juillet, nous avons rempli une demande pour devenir leur famille d'accueil. Notre dossier s'est beaucoup promené entre la DPJ et son équivalent anglophone, Batshaw, mais après cinq mois, aucune décision n'a été rendue», déplore Iveta Vicenova, excédée par la situation.
Problème de concertation

Le dossier n'étant pas réglé, la famille d'accueil des jeunes enfants ne reçoit pas l'argent normalement prévu pour subvenir à leurs besoins, soit une allocation de 20,67 $ par jour, par enfant.

Lorsque Iveta presse les responsables de son dossier d'agir, on lui répond de s'adresser aux banques alimentaires. «Je ne peux plus les entendre», lance-t-elle.

Le responsable des familles d'accueil au Centre jeunesse et de la famille Batshaw se dit étonné de cette situation, qu'il qualifie de dramatique.

«Vous m'alertez; je constate qu'il y a un problème de concertation et qu'un service tarde à être rendu», a confié Gérald Savoie, sans pouvoir toutefois préciser des actions qui seront entreprises.

Nous avons volontairement omis de publier le nom des enfants en cause, parce que la Loi sur la protection de la jeunesse nous empêche d'identifier un enfant mineur ou ses parents.


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