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actualité:blog:2009.01.08_burkina_faso_adoption_d_enfant_-_une_autre_manière_de_devenir_parent [2009/03/23 11:16] (Version actuelle)
marcantoine créée
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 +h1. 2009.01.08 Burkina Faso: Adoption d'​enfant - Une autre manière de devenir parent
 +([[http://​fr.allafrica.com/​stories/​200901090407.html|L'​observateur]]) Preuve d'​amour offerte au conjoint, l'​enfant est aussi l'​avenir de ceux qui ont eu la chance d'en avoir. Cette chance, certains ne l'ont pas ; car il arrive souvent que les circonstances de la vie ou les lois de la nature décident de ne pas accorder le privilège d'​être parent. Aussi, la société, pour parer à cette frustration,​ a-t-elle prévu des pratiques pour assurer cette joie aux éventuelles personnes lésées. Si ce n'est pas la science qui est appelée à la rescousse, par la procréation assistée, c'est la loi qui, par son truchement, leur offre une autre alternative : l'​adoption d'​enfant,​ une aventure humaine où se mêlent amour et raison, une croisée de destins.
  
 +« Un enfant, si je veux, quand je le veux », tel était le slogan des féministes dans les années 70. Aujourd'​hui encore, on reconnaît aux femmes, dans la majeure partie du monde, le droit de disposer de leur corps et la liberté de choisir le moment qu'​elles jugent opportun pour donner la vie. Mais, cette revendication,​ si légitime soit-elle, n'a presque plus d'​adepte.
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 +A l'​heure où la future parturiente et la femme qui allaitent sont devenues glamour, l'​enfant est devenu la panacée. Cela est une évidence dans les sociétés africaines ; en témoigne ce paragraphe de A. Kourouma dans son Å"​uvre le soleil des indépendances : « Ce qui sied le plus à un ménage, le plus à une femme : l'​enfant,​ la maternité qui sont plus que les plus riches parures, plus que la plus éclatante beauté !
 +
 +A la femme sans maternité manque plus que la moitié de la féminité ». Tant et si bien que, devant l'​impasse de la stérilité et l'​incapacité de la science à donner ce que la nature a, semble-t-il,​ refusé, nombreux sont ceux qui ne baissent pas les bras. L'​adoption d'​enfant peut se révéler une solution.
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 +« C'est une façon d'​avoir un enfant malgré le refus de la nature », dit monsieur Traoré (1), un père adoptif, pour définir l'​adoption d'​enfant. Cette pratique est une forme particulière de filiation usitée depuis la nuit des temps. Déjà dans la Rome antique (2), l'​empereur César, pour se faire un héritier, adopta son neveu Auguste. Napoléon Bonaparte, par souci de s'​assurer une descendance malgré la stérilité de sa femme Joséphine, se préoccupa tôt de légiférer sur l'​adoption dans le code français de 1804 en s'​inspirant du droit romain.
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 +Acte social séculaire, elle est admise dans plusieurs sociétés du monde. Au Burkina Faso, cette pratique est constatée sur le plan traditionnel et légal. Dans la communauté moaaga par exemple, l'​adoption sous sa forme traditionnelle est pratiquée. C'est ce que relève Martine Kompaoré dans son mémoire de maîtrise d'​administrateur économique et social intitulé réflexion sur l'​adoption légale et traditionnelle en pays mossi.
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 +L'​auteur y fait cas de quelques pratiques adoptives comme le pougsiouré et le soghonè. Le premier cas concerne les jeunes filles que les sujets du roi lui offrent pour en faire ses femmes. Ces jeunes filles arrivent dans la cour royale et sont éduquées dans les cases des femmes du souverain jusqu'​à ce que le roi décide de leur sort : les prendre effectivement pour femmes ou les donner en mariage à qui il veut.
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 +Le soghonè, est un jeune homme « donné » au chef pour servir de page. Il est, lui aussi, confié à une marâtre choisie entre les femmes du chef. Ce garçon reste au service du roi. Le moment venu, le souverain peut lui trouver une épouse parmi les filles qui lui sont données par ses sujets. Dans ces deux cas, il s'agit d'un confiage, doublé de respect et d'​allégeance au roi.
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 +L'​enfant confié ne perd pas ses liens avec ses parents, car son patronyme n'est pas changé et il n'y a pas d'​équivoque sur sa place dans la filiation royale. L'​adoption légale par rapport à celle traditionnelle,​ a des implications plus drastiques en ce sens qu'​elle engage, outre les liens familiaux, la force publique.
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 +L'​adoption d'​enfant,​ une filiation alternative et légale
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 +L'​adoption d'​enfant sous sa forme légale peut se définir comme un acte juridique au moyen duquel deux personnes étrangères,​ l'une à l'​autre,​ créent entre elles un rapport de paternité et de filiation. La filiation adoptive ne correspond pas à une descendance biologique, mais résulte d'une décision de l'​autorité publique qui va rattacher une personne à d'​autres,​ lesquelles vont être regardées comme ses parents bien que ne l'​ayant pas engendrée. Cette filiation reposant toujours sur une manifestation de volonté, constitue une filiation élective. Selon le Code des personnes et de la famille (CPF), deux types d'​adoption sont reconnus au Burkina Faso : l'​adoption simple et celle plénière.
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 +L'​adoption simple a la particularité de sauvegarder la filiation biologique de l'​adopté qui coexiste avec la filiation adoptive. L'​enfant adopté de façon simple a toujours des relations avec ses parents biologiques qui ont consenti à son adoption. Il a droit à l'​héritage dans sa filiation biologique. En conséquence,​ entre l'​adopté simple et ses parents d'​origine,​ un empêchement à mariage subsiste de même qu'​avec la descendance des adoptants. Néanmoins, l'​autorité parentale sur l'​adopté est totalement transférée aux parents adoptifs.
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 +Le législateur a prévu la possibilité de révoquer une adoption simple. Comme le dit l'​article 500 du code des personnes et de la famille (CPF), « S'il est justifié des motifs graves, l'​adoption peut être révoquée à la demande de l'​adoptant ou de l'​adopté. [...]. » Par motifs graves, il faut entendre la mauvaise conduite ou l'​indignité de l'​adoptant,​ des manquements graves aux devoirs d'​autorité parentale par exemple.
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 +Par contre, l'​adoption plénière calquée sur le modèle que constitue la filiation biologique se caractérise essentiellement par la rupture des liens du sang et par la création d'un lien de filiation irrévocable. Le nouvel acte de naissance de l'​adopté,​ établi après le jugement prononçant l'​adoption plénière, fait disparaître les liens de filiation biologique et partant de là, tous les bénéfices y afférents. L'​adopté est intégré complètement dans le lignage de l'​adoptant.
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 +La rupture du lien du sang a, cependant, une exception dans le cas où l'​adopté serait l'​enfant du conjoint. Le lien du sang, dans ce cas, subsiste avec le parent biologique qui partage son autorité avec son partenaire qui a consenti à l'​adoption de l'​enfant. (Art. 487, al. 2 du CPF). Il est nécessaire de noter que tous les enfants ne sont pas adoptables. S'ils le sont, certains ne peuvent pas faire l'​objet d'une adoption simple.
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 +C'est le cas des enfants de père et de mère inconnus, communément qualifiés d'« enfant trouvé » et considéré comme fils ou fille de la puissance publique, les enfants dont le père et la mère sont décédés (orphelin complet), ceux déclarés abandonnés par la loi, ceux dont les parents ou le conseil de famille a valablement consenti à l'​adoption sont proposables à l'​adoption selon l'un ou l'​autre des deux types d'​adoption. En raison des conséquences de l'​adoption plénière, le consentement à l'​adoption fourni par les parents n'est pas immédiatement définitif.
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 +Un délai de répentir de trois mois est prévu. A l'​issue de cette période, il est impossible pour les parents de se dédire. De même, un enfant trouvé n'est pas automatiquement proposé à l'​adoption sans qu'une autorité judiciaire ne confirme l'​échéance du délai légal requis pour les recherches d'​éventuels parents.
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 +Outre la convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'​adoption internationale,​ la convention de l'ONU relative aux droits de l'​enfant,​ les textes de référence de l'​adoption d'​enfant au Burkina Faso sont le KITI (décret) n° An-VII-0319 du 18 mai 1990 relatif au placement et au suivi des enfants et le Code des personnes et de la familles (CPF) adopté le 16 novembre 1989. Ce dernier document de référence sur l'​adoption stipule que toute personne âgée de 30 ans peut formuler un projet d'​adoption pour un enfant dont il est au moins 15 ans plus âgé (Art. 473 du CPF).
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 +Si l'​adoptant est marié légalement et non séparé de son conjoint, le consentement de celui-ci est nécessaire ; à moins qu'il ne soit dans l'​impossibilité de manifester sa volonté. Sur cette base, le célibataire peut bien adopter un enfant s'il le désire. Un couple peut postuler à l'​adoption après 5 ans de mariage et si l'un des partenaires a plus de 30 ans d'​âge. L'​existence d'​enfants biologiques n'​entrave pas le projet d'​adoption.
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 +Toutefois, l'​adoption ne doit pas être préjudiciable aux membres de la famille. C'est pourquoi l'avis des enfants majeurs d'un couple souhaitant adopter sera demandé par les instances compétentes pendant l'​enquête sociale (voir encadré 1). Le CPF permet l'​adoption d'un enfant quel que soit son âge. Les adoptés de plus de 15 ans devraient toutefois consentir personnellement à leurs adoptions. Accueillir un enfant conçu par d'​autres et en faire son héritier de plein droit, c'est cela l'​adoption.
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 +Plénière ou simple, les statistiques des services chargés de l'​adoption nationale témoignent du développement de la pratique. Entre l'​année 2000 et 2007, une centaine d'​enfants ont été adoptés sur le plan national. Dans un pays ancré dans les coutumes, où le lien du sang prime sur tout autre apparentement,​ l'​essor de l'​adoption d'​enfant,​ cette filiation artificielle,​ peut paraître surprenant. Les motivations profondes des postulants à l'​adoption sont de plusieurs ordres.
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 +Elles vont du pur sentiment humaniste à la nécessité d'​avoir un enfant. Adopter, pour certaines personnes, est un geste purement humain afin de sauver un enfant du dénuement et du besoin. Si, à certains moments, l'​adoption a été guidée par l'​humanisme,​ comme ce fut le cas des enfants somaliens, vietnamiens,​ cambodgiens... à cause de la guerre, il faut se rendre à l'​évidence qu'il ne s'agit plus seulement de sauvetage d'​enfants quand on parle d'​adoption.
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 +Pour Carole Yaméogo, éducatrice sociale en poste à l'​orphelinat Home Kisito, chargée du placement et du suivi des enfants, « il ne faut pas adopter parce les orphelinats sont pleins ; le désir d'un enfant doit être le fondement d'un projet d'​adoption ».
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 +La raison la plus évoquée par les couples dans les projets d'​adoption reste, sans conteste, l'​impossibilité de procréer. « C'est après 7 ans de mariage sans enfant pour une stérilité inexpliquée chez moi, et après mûres réflexions que mon mari et moi avons choisi d'​adopter », témoigne madame Basono, une maman adoptive d'un garçon aujourd'​hui âgé de 18 ans. Cet autre parent adoptif a le même argument : « Après la perte successive de mes deux enfants et après 10 ans sans grossesse, ma femme et moi avons décidé d'​adopter un enfant ».
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 +Dans la démarche vers l'​adoption,​ le couple fait d'​énormes concessions. Pour la femme, la grossesse est imaginée comme un moment de béatitude et d'​affirmation de sa féminité, ne pas pouvoir y accéder est une grande peine. Quant à l'​homme,​ le deuil de l'​enfant biologique, c'​est-à-dire l'​acceptation de la situation de stérilité de son couple, est difficile à faire. L'​idée que le lien du sang est essentiel à la bonne transmission de l'​esprit de famille est si prégnante dans son esprit. Aussi est-il réticent dans cette quête de la progéniture « artificielle ».
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 +Quand ils y parviennent,​ certains adoptants pensent en toute bonne fois qu'​enfants biologiques ou enfants adoptifs, cela ne fait aucune différence. Cette façon d'​apprécier l'​action a l'​avantage de faire passer la pilule. Mais bien souvent, il n'en est pas ainsi. Si les parents ont décidé d'​adopter,​ l'​enfant,​ lui, n'a pas eu le choix de ses parents adoptifs. A priori, les enfants adoptés ne comportent pas en soi des particularités concernant leurs caractères. Mais il faut le reconnaître,​ l'​enfant adopté, même nourrisson, est affecté par l'​adoption.
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 +De façon générale, notent les spécialistes,​ tout enfant dans le circuit de l'​adoption a été abandonné, soit sciemment ou involontairement. Ce premier détachement est une particularité qui sera au cÅ"ur de son existence. Tôt ou tard, l'​adopté (l'​adopté plénière surtout) devra faire le deuil de sa famille, de sa culture, bref, de son origine.
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 +Une pratique plein d'​enjeux psychologiques et émotionnels
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 +Au-delà de cette réalité, les enjeux psychologiques et sentimentaux qui sous-tendent les relations adoptés - adoptants sont les mêmes que ceux qui existent dans les autres familles. Au même titre qu'un enfant biologique, l'​adopté,​ une fois adolescent, se forgera une identité. Cette période est à redouter pour tout parent adoptif ou biologique. Si les spécialistes de l'​enfance ne peuvent pas attribuer une pathologie psychologique aux adoptés, ils reconnaissent néanmoins, quelques troubles psychoaffectifs qui leur sont propres.
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 +Selon deux travailleuses sociales québécoises et mères adoptives, Michèle Bernier et Johanne Lemieux, l'​enfant adopté a bien des caractéristiques. Elles en ont décrit douze qui peuvent être remarqués tant chez les adoptés que chez les enfants biologiques avec toutefois une généralisation chez les adoptés.
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 +Entre autres, il y a l'​instinct du survivant, les sommeils difficiles, la peur exagérée du rejet et de l'​abandon,​ la fragilité dans leurs besoins primaires,​... Tant l'​adopté peut être réticent à renouer un lien affectif de peur d'une nouvelle séparation (caractère téflon), autant l'​inverse est possible ; il peut être très ouvert de peur de se voir rejeter de nouveau (caractère velcro).
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 +Les parents adoptifs ont alors la tâche de gérer les blessures affectives de leurs enfants, liées à l'​abandon. Cela n'est pas tâche aisée mais l'​instant le plus redouté quand on adopte demeure le jour de vérité. Le questionnement identitaire est légitime chez un enfant adopté. C'est un processus de construction de l'​identitaire auquel tout être se prête à un moment donné de sa vie que l'on soit adopté ou pas.
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 +Cette réflexion sur les origines se trouve exacerbée dans le contexte d'une adoption interraciale du fait de la nette différence qui se dégage tôt même pour le petit enfant. « Qui m'a mis au monde et pourquoi ai-je été abandonné par cette personne ? ». Tout aussi importante que dangereuse, la réponse à cette question peut définir les relations futures dans la filiation adoptive.
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 +Les adoptants en sont conscients. A la question de savoir si elle pensait dire un jour à son fils adoptif ses origines, madame Nana nous répond : « Nous avons rencontré un psychologue et un prêtre et tous les deux nous conseillent d'​attendre ses 21 ans. Nous prions pour cela afin que ça ne lui pose pas de problème. Pour le moment, il ne s'en soucie pas ».
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 +Pour l'​enfant adopté, en effet, rien ne sera plus bouleversant que le jour où il devra se confronter à son histoire devant un présent dont il pourrait se croire usurpateur. C'est surtout un moment où l'​histoire que l'​enfant s'est faite de ses parents volera en éclats. Et que dire de la pensée qu'il pourrait avoir de ses géniteurs ? Tout dépendra du discours que tiendront alors les parents adoptifs. (Voir encadré 3).
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 +Devant l'​incertitude,​ sur la réaction de leur enfant, des adoptants vivent en sursis en guettant effroyablement le temps qui court. L'​inquiétude,​ qu'ont ces hommes et femmes qui ont reçu de la loi l'​enfant d'​autrui comme le leur, est cependant fondée.
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 +D'​abord,​ il y a le fait que certains parents vivent leur existence d'​adoption comme celle d'un usurpateur qui, d'un instant à l'​autre,​ peut être découvert et dépossédé de son bien. Ensuite, il y a la volonté de garder secrètes certaines motivations de l'​adoption.
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 +L'​infertilité par exemple. Dire donc à l'​enfant qu'il a été adopté entraînera par la même occasion la levée de voile sur les motifs. Enfin, ceux-ci peuvent craindre que l'​enfant ne se désolidarise d'eux parce qu'il se mettra à idéaliser ses parents biologiques.
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 +Cela est possible s'il ne lui est pas donné d'​entendre ou de voir quelques bribes de sa vraie histoire. Voici, là, une conséquence directe de l'​accouchement sous x, pratique consistant pour la mère à ne pas décliner son identité une fois délivrée de sa grossesse.
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 +L'​enfant venu au monde dans ces conditions est privé d'un pan de son histoire. Dans cette pratique, on respecte le droit de la mère à préserver sa vie privée en foulant royalement au pied le droit élémentaire d'un citoyen (même petit) à savoir qui il est. Renseigner l'​enfant sur ses origines est un devoir pour chaque parent adoptif.
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 +L'​adoption est un projet de vie individualisé pour un enfant dans le besoin
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 +C'est une nécessité pour l'​enfant de connaître ses origines afin de « parachever la construction de son identité sociale ». Le bon moment, s'il y en a un, est le plus tôt possible. Pour ceux qui ont adopté des nourrissons,​ raconter à l'​enfant sa vraie histoire dès son jeune âge, permet de se sentir à l'aise avec lui quand le sujet est abordé. De l'​aisance et de l'​empathie des parents à discuter de ses origines avec un adopté, dépend, en grande partie, la bonne intégration de l'​enfant dans la filiation. Ce qui est de loin l'​intérêt de l'​adoption.
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 +Pratique sociale séculaire, l'​adoption dans sa forme légale a été pensée pour un but précis : la protection de l'​enfant. Comme le dit l'​organisation non gouvernementale Service Social International (SSI) (3), « l'​adoption n'est pas un arrangement entre des personnes. C'est une mesure sociale et légale de protection de l'​enfant.
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 +Elle ne doit être envisagée et autorisée que dans ce seul but. L'Etat est chargée d'y veiller ». L'​adoption doit être offerte « à tous les enfants dont la situation personnelle et familiale le justifie, sans préjudice de situation sociale : race, ethnie, culture, problèmes de santé physique ou mentale ».
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 +C'est aussi l'​idée véhiculée par le préambule et l'​article 1 de la convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'​adoption internationale,​ texte ratifié par notre pays, le 11 janvier 1996. L'​adoption apparaît comme un moyen de respecter le droit de l'​enfant à avoir une famille dans laquelle il s'​épanouira. Il ne s'agit donc pas ici de satisfaire le désir d'​enfants,​ des adultes.
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 +Sous sa forme légale connue de nos jours au Burkina Faso, cette pratique est apparue en 1923 en France pour résorber le problème des enfants orphelins de la bataille de Verdun. Face à certains drames dont sont tributaires les enfants, la puissance publique, dans le souci de donner une famille à ces petits qui en sont privés, a l'​obligation de faire pour chacun d'eux un projet de vie par le biais de l'​adoption.
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 +Ils sont, en effet, nombreux ces « pupilles de l'Etat » qui attendent dans les orphelinats du pays. Même si le Burkina Faso n'est pas en guerre ou ne subit pas de catastrophe humanitaire,​ certaines pratiques récurrentes augmentent le nombre d'​enfants sans famille. C'est le cas par exemple des grossesses non désirées, de bannissements des filles pour grossesses incestueuses ou adultérines.
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 +Ces déshérités en grand nombre sont accueillis dans des structures appropriées,​ souvent privées comme les pouponnières et les orphelinats. En attendant une étude exhaustive sur ces établissements d'​accueil,​ la Direction du Placement et des Adoptions (DPA), structure du ministère de l'​Action sociale, estime leur nombre à 75 sur toute l'​étendue du territoire.
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 +Parmi ces structures qui recueillent des enfants, on peut citer l'​orphelinat SANOR, la pouponnière Joscheba, l'​orphelinat Home Kisito et l'​hôtel maternel, une structure publique à Ouagadougou. La dernière citée est une structure du ministère de l'​Action sociale et de la Solidarité nationale créée pour apporter protection, soins et assistance aux enfants en danger morale (4) et aux filles-mères rejetées par leurs familles.
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 +L'​hôtel maternel, inauguré le 20 mars 2008, a été entièrement financé par l'​Agence Régionale pour les adoptions Internationales (ARAI) soutenue par la région de Piémont en Italie. « L'​orphelinat,​ quelles que soient ses commodités,​ n'est pas un lieu pour l'​épanouissement de l'​enfant », c'est l'avis de madame Traoré Pauline, directrice de l'​Hôtel maternel. Si fait que la structure qu'​elle dirige n'est qu'un foyer transitoire pour les enfants.
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 +Comme le stipule le Service social international (SSI), « La famille est le milieu optimal pour le développement de l'​enfant : offrir une famille de substitution à l'​enfant doit être, sauf cas particulier justifié, préféré à son placement ou à son maintien à long terme dans une institution [...] ». Mais cette volonté de trouver une famille pour ces petits ne saurait justifier un quelconque empressement dans la procédure d'​adoption.
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 +L'​adoption est un projet de vie individualisé pour un enfant. De ce fait, il ne peut être décidé qu'​après une étude préalable aussi bien sur l'​adoptabilité de l'​enfant que sur la capacité des prétendants à l'​adoption de satisfaire aux besoins affectifs et matériels de l'​enfant.
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 +L'​adoption doit être une rencontre entre l'​enfant dans son besoin de famille et les parents dans leur désir d'​enfant. Dans la procédure d'​adoption,​ l'​intervention judiciaire est toujours nécessaire,​ l'​enjeu touchant à la fois des questions d'​Etats et l'​intérêt de l'​enfant. Selon qu'​elle est nationale ou internationale,​ la procédure d'​adoption est quelque peu différente.
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 +Pour les nationaux, la personne désirant adopter dépose deux demandes, l'une au service de l'​action sociale et l'​autre au président du Tribunal de grande instance (TGI) de sa localité. Le cas échéant, le Tribunal de grande instance de Ouagadougou est compétent pour connaître de toute affaire d'​adoption au Burkina Faso (art.503 du CPF). Le postulant exprime dans sa requête son désir d'​adopter,​ avec les critères de l'​enfant qu'il souhaite avoir.
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 +Du côté de l'​Action sociale, le service chargé des adoptions mène une enquête visant à statuer sur la possibilité et la capacité d'​adopter de la personne. Si l'​enquête est concluante, le service fait alors au requérant une proposition d'​enfant selon ses critères. Si celui-ci répond favorablement à la proposition,​ le service transmet le dossier au Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour la procédure judiciaire.
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 +Lorsque l'​adoption est prononcée par le Tribunal, un délai d'​appel de 30 jours est observé avant que la décision ne soit exécutoire s'il n'a pas fait l'​objet d'​appel. L'​ordonnance de jugement est remise aux parents adoptifs qui pourront établir un jugement supplétif d'acte de naissance de l'​enfant à leur nom s'il s'agit d'une adoption plénière. Pour toutes ces démarches juridico-sociales,​ certains parents choisissent d'​engager un avocat.
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 +Les Burkinabè adoptent peu
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 +Le Burkina Faso a la cote auprès des postulants internationaux à l'​adoption. En témoigne le nombre des organismes agréés d'​adoptions (OAA) qui Å"​uvrent dans le pays. Ce sont des organisations qui servent de relais entre les adoptants et les structures des pays de départ des enfants. Au Burkina, les Å"​uvres d'​adoption agréées sont, entre autres, l'​Association de Reine de Miséricorde (France), le Movimento Shalom (Italie), l'​Adoption center (Danemark), l'​Institut Català de l'​acolliment de l'​adoption (Espagne).
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 +Le Burkina Faso est l'un des rares pays africains à avoir signé la convention de la Haye sur la protection de l'​enfant. Dès la ratification de la convention de la Haye, les autorités en charge de l'​enfance ont vite fait de mettre en place une structure centrale vers laquelle allaient désormais converger toutes les démarches d'​adoption internationales.
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 +C'est au ministère de l'​Action sociale et de la Solidarité nationale qu'est dévolue la tâche de traiter les questions d'​adoption jusqu'​à la délivrance de l'​autorisation de sortie du territoire, pour les adoptants. Cela pour mieux surveiller la pratique. Depuis lors, les demandes d'​adoption internationales ne cessent d'​affluer.
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 +A titre d'​exemple,​ selon les statistiques 2008 du secrétariat général de l'​autorité centrale pour l'​adoption internationale,​ les adoptés français au nombre de 3162 étaient issus de 74 pays pour l'​année 2007 et 66 visas de sortie d'​enfants au profit d'​adoptants français ont été délivrés par le Burkina à la même période contre 89 l'​année précédente. De 2000 à 2007, l'​Italie a adopté 63 enfants d'​origine burkinabè (5) avec 25 adoptions (7 filles et 18 garçons) pour l'​année 2007.
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 +En revanche, de 2003 à 2007, le service en charge de l'​adoption nationale à la Direction provinciale de l'​Action sociale a reçu 113 demandes et satisfait 80 d'​entre elles. Soit un ratio de 28,25 demandes par an. Le taux d'​adoption national reste donc faible en comparaison avec celui international. Les nationaux ont cependant plus de facilité pour le faire.
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 +Dans le traitement des demandes d'​adoptions,​ les nationaux sont prioritaires. Et ce n'est pas du favoritisme exagéré, mais plutôt une directive de la convention de la Haye : « L'​adoption internationale est subsidiaire à l'​adoption nationale ». L'​enfant,​ par conséquent,​ doit être placé prioritairement en adoption dans son pays d'​origine ou dans un environnement culturel, linguistique,​ religieux proche de son milieu d'​origine.
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 +Outre l'​avantage dans les attributions d'​enfants,​ les nationaux ont la possibilité de saisir les directions provinciales de l'​Action sociale pour le traitement de leurs demandes. Nonobstant toutes ces dispositions,​ l'​écart se creuse toujours entre les adoptions nationales et celles internationales.
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 +Les Burkinabè n'ont pas encore intégré l'​adoption d'​enfants dans leurs pratiques. Et pour cause ! La nécessité d'​adopter n'est souvent pas manifeste pour un couple infertile. Du fait du confiage, en effet, il ne manquera pas d'​enfant dans la cours. Ce phénomène est un véritable concurrent de l'​adoption légale. Autre raison de la timidité de l'​adoption nationale, la peur du « qu'en dira-t-on ».
 +
 +Le regard de la société paralyse plus d'une personne en quête d'​enfants. « Avant l'​adoption,​ mon mari et moi avions peur que l'​entourage ne méprise notre enfant ou qu'on l'​indexe ou alors qu'on lui dise ses origines avant nous », confesse madame Nana. Celle-ci a fait fi de ces considérations,​ car elle dit avoir plus à gagner en adoptant : « Si tu t'​occupes de l'​enfant d'un parent proche, tôt ou tard il te quittera pour s'​occuper de ses parents.
 +
 +Alors que c'est pendant les vieux jours qu'on a besoin d'​assistance. Un enfant adopté est ton héritier ou ton héritière et tu n'as pas de compte à rendre à quelqu'​un », conclut-elle. L'​adoption nationale est une nécessité ; les acteurs ne s'en cachent pas, ils souhaitent plus d'​adoptants nationaux qu'​internationaux. Une alternative à envisager pour rompre la timidité des nationaux devant l'​adoption serait sa promotion.
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 +Mais cette pratique peut se révéler néfaste. Une publicité invitant les nationaux à adopter entraînerait des faux projets d'​adoption qui ne peuvent aboutir qu'à un désastre tant pour l'​enfant que pour les parents. Pendant que les nationaux hésitent ou font la fine bouche devant « le produit le plus prisé au monde », les pays d'​accueil s'​organisent pour mieux adopter.
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 +Le France vient de lancer un projet de développement de l'​adoption internationale. Rama Yade, secrétaire d'Etat français chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'​Homme auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes,​ artisane de l'​initiative,​ l'​explique ainsi : « C'est une espèce de Peace Corps à la française que je propose de créer pour soutenir notre plan de relance de l'​adoption internationale.
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 +De jeunes Français vont être formés et envoyés à l'​étranger pour faciliter l'​adoption par les familles françaises ». Ce projet s'​explique par la baisse de plus de 20% de l'​adoption internationale en France entre 2006 et 2007. L'​Italie,​ dans la même période, enregistrait une augmentation de 9%.
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 +Tous les enfants pauvres ne sont pas sans parents
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 +L'on peut se réjouir du fait que des enfants sans familles en gagnent de plus en plus par l'​adoption internationale. De nos jours, on compte plus de 600 enfants burkinabè adoptés de par le monde. Mais la portée de ce phénomène fait quelque peu réfléchir. On mesure les conséquences de ce fait quand on sait que la grande majorité de ces adoptions sont de nature plénière, donc sans aucun retour des enfants dans la culture du pays. Autre donnée qui peut alarmer devant l'​adoption internationale,​ c'est la quasi-absence de suivi des enfants qui sortent du territoire.
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 +En effet, les services nationaux en charge de l'​adoption ne comptent que sur la bonne foi des adoptants pour espérer avoir des nouvelles des enfants après l'​adoption. Certains parents envoient des nouvelles au début, puis arrêtent de communiquer avec les services. Le Burkina Faso n'a pas toujours de représentations dans les divers pays où vont certains enfants. Toutes choses qui compliquent le suivi des adoptions.
 +
 +A en croire les données statistiques sur le plan international,​ la frénésie de l'​adoption n'est pas près de se calmer. Globalement dans le monde, il y a beaucoup plus de parents candidats à l'​adoption que d'​enfants à adopter. Les statistiques parlent d'un enfant adoptable pour une dizaine de demandes.
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 +L'​adoption internationale représente la grande majorité des adoptions dans les pays développés. A titre d'​exemple,​ en France, sur environ 5 000 enfants adoptés chaque année, environ 4 000 proviennent de l'​étranger. En Suisse, la proportion est du même ordre, même s'il y a des variations significatives d'une année à l'​autre.
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 +Face à la demande très forte par rapport à l'​offre d'​enfant à adopter, certaines pratiques ont cours dans le monde, soutenues involontairement par le désir noble. Le scandale de l'​Arche de Zoé reste prégnant dans les mémoires. Cette belle expérience de solidarité humaine et de promotion sociale, comme l'ont justifié les acteurs, n'a été qu'une action d'​illuminés avides de gain (6), comme il en existe de nos jours.
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 +En plus de ce type de dérapage, une discrimination criarde existe dans le traitement des dossiers d'​adoption internationale. Pour preuve, pendant que des couples en possession de leur agrément d'​adoption attendent depuis des années pour un seul enfant, des stars adoptent par deux fois. Madonna, Johnny Hallyday et Angelina Joly sont des exemples, au point qu'on en arrive à croire que les personnalités ont des passe-droits en matière d'​attribution d'​enfants adoptables. Devant l'​adoption,​ tous les prétendants ne sont pas égaux.
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 +Certains ont trouvé en l'​adoption un filon qu'il exploite à fond au grand mépris de la morale humaine. L'​Organisation non gouvernementale « Terre des hommes » considère que l'​adoption internationale est une « industrie » qui engendre un chiffre d'​affaires de quelque 8 milliards de francs suisses par an.
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 +D'un esprit au départ humanitaire,​ l'​adoption internationale est aujourd'​hui gagnée par des dérives mercantiles qui prennent souvent la forme d'un véritable trafic. Il est souvent question de vente de bébés et d'​enfants. Dans un pays où la précarité n'est pas un vain mot, il est à craindre que des esprits malintentionnés ratissent les villages pour proposer des adoptions d'​enfants aux familles.
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 +Trop souvent, les institutions en charge de l'​adoption,​ dans certains pays, ne sont pas innocentes non plus. Leurs procédures d'​adoption se révèlent souvent un véritable dédale financier pour les postulants. Certes, l'​adoption d'​enfant a un coût ; surtout en ce qui concerne les frais de dossier et les honoraires des avocats pour ceux qui s'en attachent les services. Mais elle ne doit pas être une source de profit quelconque pour un intervenant dans le processus.
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 +Ces genres de scandale se rencontrent surtout dans les pays de départ, qui sont généralement ceux en voie de développement. Au-delà de tous ces manquements souvent rencontrés dans le processus de l'​adoption,​ force est de constater que cette pratique a de grands jours devant elle. Tant que des parents seront désespérés devant la stérilité et que des enfants attendront dans les pouponnières,​ l'​adoption d'​enfant continuera de poursuivre son petit bonhomme de chemin.
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 +Une action salutaire pour la morale et la protection des enfants serait une observance de plus de rigueur dans la pratique de l'​adoption. Le Burkina Faso, en ratifiant la convention de la Haye, a fait un grand pas pour la protection de l'​enfant en général et en particulier ceux concernés par l'​adoption. Mais bien de choses restent à parfaire pour ne pas transformer cette pratique sociale en une véritable « exode infantile » organisée.
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 +La surveillance drastique des structures d'​accueil d'​enfants et des organismes d'​adoption doit être renforcée pour parer à d'​éventuels raccourcis procéduraux. L'​adoption est une aventure humaine, la rencontre d'​enfants et d'​adultes pour fonder une famille, ce n'est que cela, c'est beaucoup et c'est noble. C'est simplement une autre manière de devenir fils ou fille, une autre façon de devenir parent.
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 +Christian Zongo.
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 +Notes :
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 +1 Nous utilisons des noms fictifs pour respecter le souhait de nos interlocuteurs et interlocutrices qui ont décidé de garder l'​anonymat.
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 +2 L'​adoption était chose commune dans la Rome antique. Constantin Ier, interdisant l'​infanticide direct ou indirect par abandon en 318, permit en 331 à ceux qui élevaient des enfants abandonnés de les adopter légalement. Des inscriptions funéraires prouvent l'​adoption d'​enfants « exposés » par des familles chrétiennes.
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 +3 ONG à but non lucratif créée en 1924 disposant d'un réseau mondial de services sociaux.
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 +4 Ce sont les enfants adultérins et ceux abandonnés sous des prétextes coutumiers
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 +5 Rapport de la commission Italienne chargé de l'​adoption internationale sur la période allant du 16/11/2000 au 31/12/2007.
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 +6 Chaque famille française qui attendait d'​adopter un enfant de cette opération avait déboursé environ 2400 euros.
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 +L'​enquête sociale
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 +Il est indispensable de savoir si les personnes auxquelles sera confié un enfant en adoption sont aptes à assumer cette responsabilité dans l'​intérêt supérieur de l'​enfant. L'​enquête sociale, diligentée par les services de l'​Action sociale, vise à statuer sur la capacité adoptive des parents adoptifs potentiels (PAP). L'​enquête sociale, de caractère confidentiel,​ doit recueillir dans la mesure du possible des informations sur :
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 +• la composition de la famille et l'​environnement dans lequel l'​enfant adopté devra s'​intégrer (famille élargie, société environnante) ; • la situation civile, légale et judiciaire des PAP ; • le niveau d'​études,​ la situation professionnelle,​ la situation économique,​ le lieu de résidence, l'​identité sociale, ethnoculturelles et linguistique des PAP.
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 +Il est à noter que le niveau d'​études,​ l'​aisance économique ou le statut social élevé des PAP ne sont pas, en eux-mêmes, une garantie suffisante pour l'​intérêt de l'​enfant. Il est indispensable d'​évaluer la capacité psycho-affective de la famille adoptive à élever l'​enfant qui pourrait lui être confié ainsi que son éthique concernant les droits de cet enfant. L'​enquête sociale devra, par conséquent,​ renseigner sur :
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 +• la santé physique, mentale et émotionnelle,​ l'​apparence générale et la personnalité de chacun des PAP ; • l'​histoire et la relation du couple ; ses domaines d'​intérêt et son intégration dans la société environnante ; • la probabilité du couple à avoir des enfants biologiques dans le futur ; • son expérience avec les enfants, sa capacité éducative, son aptitude à faire face aux difficultés que pourrait entraîner une éventuelle différence de l'​enfant avec l'​environnement familial et social.
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 +Le cas échéant, la personnalité des enfants des PAP et leur relation avec leurs parents et leur environnement ainsi que les attitudes vis-à-vis de l'​adoption envisagée. L'​enquête s'​intéressera aussi aux raisons qui expliquent le choix du profil de l'​enfant souhaité par les PAP et leur plan de vie pour le futur avec l'​enfant à adopter.
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 +C'est après cette phase d'​enquête qu'une équipe compétente de l'​Action sociale se prononcera sur la capacité adoptive des PAP, en déposant un rapport complet. Lequel rapport permettra de procéder à l'​apparentement. C'est la proposition d'​établir une relation adoptive entre un enfant et des PAP donnés. Le rejet d'un dossier d'​adoption s'​explique souvent par des enquêtes sociales non concluantes ou par l'​indisponibilité d'un enfant répondant aux critères choisis par les PAP.
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 +Témoignage d'une mère adoptive
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 +Lorsque notre enfant adoptif avait 7 ans, il a commencé à nous dire qu'il avait besoin d'un frère ou d'une soeur. Il nous demandait pourquoi nous le laissions seul alors que tel ou tel enfant a un frère. Moi, je ne savais pas sur-le-champ ce que je devais lui dire, mais son père a aussitôt répondu en lui disant qu'il fallait qu'il prie pour demander à Dieu de lui donner un frère ou une soeur. Il a acquiescé et nous a demandé l'​image de Joseph, de Marie et du Christ.
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 +Son père lui en a procuré et a encadré l'​image pour l'​accrocher dans sa chambre. Et je vous assure que, matins et soirs, il priait. Qu'​est-ce qu'il disait, vraiment, je ne le sais pas. C'​était entre lui et Dieu. Un jour, il a dit à son père qu'il a rêvé et a vu maman qui tenait un bébé, un garçonnet, dans ses bras. Trois mois après, alors que je ne me souciais de rien, un malaise me prit et à l'​hôpital on m'​apprit que j'​étais enceinte de deux mois. Nous ne pouvons pas oublier cela.
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 +Quelques adoptés et adoptants célèbres
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 +Le jeune garçon malawite, David Benda, a défrayé la chronique en fin 2007 pour une histoire d'​adoption. Il est rentré dans l'​histoire pour avoir attiré sur lui le regard compatissant de la star mondiale de la pop music, Madona. Toujours sur la liste des adoptés célèbres, la fille de cÅ"ur du couple Chirac, Anh dao Traxel, d'​origine vietnamienne.
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 +Alain Pompidou, né le 5 juillet 1942 à Paris, a été le fils adoptif de Georges Pompidou, ancien président de la République française. Scientifique et homme politique français, ancien professeur d'​histologie,​ d'​embryologie et de cytogénétique,​ Alain Pompidou fut le quatrième président de l'​Office européen des brevets (OEB) du 1er juillet 2004 au 30 juin 2007.
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 +Nicole Richie, née sous le nom de Nicole Camille Escovedo, est la fille adoptive du chanteur Lionel Richie et la filleule de Michael Jackson. Sa mère biologique était une employée de la scène travaillant pour Lionel. A l'âge de deux ans, elle fut adoptée par Lionel Richie et sa femme de l'​époque,​ Brenda Harvey-Richie.
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 +Steven Paul Jobs, né le 24 février 1955 à San Francisco, est, avec Steve Wozniak, le cofondateur d'​Apple. Ils sont tous deux considérés comme les pionniers de la micro-informatique.
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 +Fils d'une mère américaine,​ Joanne Carole Schieble, et d'un père syrien, Abdulfattah John Jandali, professeur de sciences politiques, il fut adopté peu après sa naissance par Paul Jobs et Clara Jobs vivant à Mountain View en Californie. Ses parents biologiques se marièrent un an plus tard et eurent un autre enfant, l'​auteur Mona Simpson.
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 +{{tag>​Actualité 2009 "​Burkina Faso"​}}

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