2009.01.22 La France s'adapte pour adopter à l'étranger

source : Le Petit Journal.com

Rama Yade poursuit sa réforme du système français de l’adoption à l’étranger. Une autorité centrale et un site Internet vont être crées pour remédier aux manquements de l’Agence française de l’adoption. Le gouvernement va débloquer 3 millions d’euros pour l’aide humanitaire des pays d’origine des enfants adoptés, et envoyer huit volontaires pour renouer les liens entre ces Etats et l’Hexagone.

Après avoir chuté de 20% entre 2006 et 2007, le chiffre du nombre d’adoptions à l’étranger est reparti à la hausse en 2008 (+ 3%). La secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme annonce une poursuite de la réforme de l’adoption en France.
Pallier les lacunes de l’Agence française de l’adoption
“Notre objectif n'est pas de faire du chiffre mais d'allier efficacité, éthique et rigueur”, annonce Rama Yade. Très critiqué par le rapport rendu en mars dernier par Jean-Marie Colombani, le système français d’adoption à l’étranger est en pleine refonte. Créée en 2005 et placée sous le contrôle de l’Etat, l’Agence française de l’adoption (AFA) avait reçu à sa naissance une mission générale d’information, de conseil et d’orientation des candidats à l’adoption internationale. Le rapport Colombani l’a totalement remise en cause pour “manque d’efficacité”. Pour pallier ces lacunes, une autorité centrale de 20 à 22 agents censée chapeautée l’AFA sera établie au ministère des Affaires étrangères. Un site internet (www.adoption.gouv.fr) sera également mis en ligne dans le courant du premier semestre de 2009 pour mieux renseigner les Français sur les démarches à suivre.

Une aide humanitaire et de savoir-faire aux pays étrangers
En 2009, la France va axer ses efforts sur l’aide aux pays d’origine des futurs adoptés. “Pour mieux adopter, nous devons aider les pays à avoir moins besoin d’adoption”, résume Rama Yade. 3 millions d’euros destinés à la coopération humanitaire seront ainsi débloqués en 2009. L’envoi à l’étranger fin janvier pour deux ans de huit nouveaux volontaires de l’adoption internationale (VAI) se place dans le même esprit de coopération. Si ces personnes auront pour objectif de faire le lien sur place (Vietnam, Inde, Mali, Ethiopie, Burkina Faso, Madagascar, Guatemala et un huitième pays à définir) entre les enfants et les familles françaises adoptantes, ils devront également y redorer l’image de la France ternie, selon les mots de Rama Yade, par les “problèmes de coordination” de l’AFA.
Clémence Fournier, 25 ans, a été la première VAI à partir en août dernier au Cambodge. Placée sous l’autorité de l’Ambassade de France à Phnom Penh, elle a permis le déblocage de 10 dossiers en attente depuis 2007 et a coopéré avec une ONG pour améliorer l’état-civil au Cambodge. Les demandes sont loin d’être comblées en France où 30.000 personnes attendent toujours de recueillir un orphelin étranger. En 2008, seuls 3.266 enfants ont été adoptés.
Yann Fernandez

Voir aussi
- le site de l’AFA
- l’article du Parisien sur les volontaires de l’adoption internationale
- les chiffres de l’adoption à l’étranger en 2008


Outils personnels