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2009.04.01 Projet de loi sur l'adoption: les associations restent prudentes

(AP, Nouvel Obs)Les associations accueillaient mercredi avec circonspection le projet de loi de Nadine Morano visant à faciliter l'adoption des enfants délaissés par leurs parents biologiques.

“Comment va-t-on juger le délaissement des parents?”, se demandait Maryvonne Caillaux, d'ATD Quart Monde, en appelant à la “prudence”.

Les parents sont “souvent dans une très très grande culpabilité”, ce qui rend “plus difficile” leur relation avec leurs enfants, a-t-elle observe dans un entretien à l'Associated Press.

Parfois, l'enfant confié aux services sociaux “n'a pas la liberté de dire à ses parents ce qu'il vit vraiment” et “les parents n'ont pas la liberté d'avoir des gestes naturels de tendresse”, ce qui fait “obstacle” au maintien de leurs relations. Par ailleurs, les enfants d'une même fratrie peuvent être placés “dans des lieux différents” et “cela devient un casse-tête pour les parents” de leur rendre visite, souligne-t-elle.

Quand il y a séparation entre un enfant et ses parents, “ne prenons pas trop vite acte”, exhorte-t-elle. “Faisons tout pour maintenir le lien” afin qu'une réunion demeure “possible”.

Du côté d'Enfance et Familles d'adoption -fédération de 92 associations départementales regroupant près de 11.000 familles-, la présidente juge également qu'il faut “réfléchir à des projets de vie pour des enfants, une fois qu'on a vérifié qu'il n'y a pas de construction possible pour eux” dans “leur famille de naissance”.

Pour autant, “on ne peut pas invoquer des questions de détresse d'adulte pour tolérer que des enfants grandissent sans repères parentaux dans la durée”, remarque Janice Peyré. “Combien de temps un enfant peut rester à attendre qu'on l'aime?”.

Comme l'a souligné la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, les enfants pour lesquels un abandon a été prononcé “sont restés placés six ans en moyenne”. Ce délai est “beaucoup trop long”, estime Janice Peyré. Des enfants “nous disent, devenus adolescents et adultes: pourquoi a-t-il fallu que j'attende sept ou huit ans pour être adopté?”, rapporte-t-elle.

“Qu'est-ce que cela veut dire le lien biologique, si l'enfant reçoit un coup de téléphone par an ou une carte pour son anniversaire?”, renchérit le président de la Fédération française des organismes autorisés pour l'adoption (FFOAA), Guy Mine. AP


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