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2009.04.14 Adoption en solo : je suis allée chercher ma petite fille au Kazakhstan

source : restonsenforme.com
 

Le désir d’enfant se faisant pressant, Aline a choisi l’adoption. Comme 72% des parents adoptants français, elle a adopté à l’étranger, au Kazakhstan. Parcours d’une mère à la découverte de sa fille.

De la demande d’agrément à l’arrivée en France de sa petite Aroujan, Aline nous raconte son parcours dans les arcanes de l’adoption internationale. Des soutiens inattendus, des moments de doute, la difficulté de l’attente et enfin le bonheur de créer sa propre famille.

Les trois premiers mois, j’ai eu trois rendez-vous avec l’assistante sociale et deux avec une psychiatre. Je m’étais fait une montagne de cette étape. Cela a été pour moi le moment de bien prendre conscience que je faisais cette démarche toute seule et que j’allais devoir assumer mon enfant totalement. J’ai obtenu mon agrément le 25 janvier 2007. Un moment de joie, mais aussi un moment de flottement. L’agrément, c’est le bac de l’adoptant, tout reste à faire ! J’ai envisagé de nombreux pays avant de me tourner vers le Kazakhstan. Le Népal venait de fermer, l’Ethiopie durcissait ses critères pour les célibataires, les pays d’Europe de l’Est avaient des délais très longs et certains se fermaient également aux célibataires. Ma connaissance de la langue russe et de sa culture ont orienté mon choix.

En février 2007, j’ai commencé à chercher un coordinateur et à constituer mon dossier. Il est composé de 25 documents : agrément, informations médicales, financières… Chaque document doit être traduit, apostillé, ficelé. J’ai beaucoup tâtonné. Le 18 avril 2007, le consul a accepté mon dossier. Après la joie, j’ai ressenti ce que j’ai appelé le « dossier blues ». Il n’y avait plus qu’à espérer que le dossier aille au bon endroit et soit accepté. En septembre 2007, mon facilitateur m’a avertie que mon dossier avait été affecté à la ville d’Ouralsk. Et en octobre, j’ai reçu la fameuse LOI, Letter of invitation, qui est le signal du départ pour aller chercher l’enfant.

Première rencontre avec ma fille…

J’ai eu la chance de partir en même temps qu’une amie, le 23 octobre 2007. Mais à partir d’Almaty, nous nous sommes séparées. Son dossier était affecté dans une autre ville. Une fête nationale m’a fait patienter quelques jours avant que je puisse aller à la Baby House choisir un enfant. Je fantasmais beaucoup sur cette rencontre avec mon enfant, pensant que se serait un moment magnifique. En fait, cela a sans doute été le plus difficile. Le Kazakhstan oblige légalement à la présentation de plusieurs enfants, il m’a donc d’abord été présenté un enfant atteint d’une tumeur au cerveau. J’ai refusé cet enfant.

Quelques minutes après, encore sous le stress de ce refus, j’ai rencontré ma fille, un adorable bébé de 8 mois. J’ai fait ce choix en 3 minutes et elle est repartie dans sa chambrée. Autant dire qu’après ça, j’étais littéralement sonnée. J’ai eu ensuite l’obligation, fort agréable, d’aller voir ma fille pendant 14 jours à la Baby House, une période que les Américains appellent la « bonding periode ». Il s’agit de visites sous le regard des employées de l’orphelinat, avec, en prime, un petit interrogatoire de la directrice de l’orphelinat en russe. Cet orphelinat n’autorisait que des rendez-vous d’une heure par jour souvent écourtés par les retards de mon chauffeur ou par le repas de ma fille qui était pris dans son espace de vie où je n’ai jamais pu entrer. Une personne faisait le lien entre moi et ce lieu pour amener et ramener ma fille de son lieu de vie à la salle de musique où je la voyais.

Ma fille, à partir de ce jour-là, était avec moi pour toujours…

J’ai fêté mes 40 ans là-bas. Et c’est ce jour que le juge, lors d’un pré-jugement, m’a annoncé la date du jugement, deux jours plus tard. Le jugement a duré une petite demi-heure. Le lendemain, 16 novembre 2007, je suis allée chercher ma fille à la Baby House. Ma fille, à partir de ce jour-là, était avec moi pour toujours. Un grand moment d’émotion. Nous avons cependant dû rester au Kazakhstan pendant encore quelques semaines pour qu’elle obtienne un passeport kazakh, un visa d’entrée en France et d’autres documents très importants pour l’obtention de l’adoption plénière en France. A notre retour, ma sœur, ses enfants et deux amies en cours d’adoption au Kazakhstan m’attendaient.

Une fois arrivées à Paris, chez nous, il restait encore de nombreuses démarches à faire, pour l’inscrire sur ma carte de sécurité sociale, recevoir la prime d’adoption de la CAF, l’inscrire à la crèche et surtout obtenir l’adoption plénière. En novembre 2008, j’ai enfin eu la confirmation que ma fille était ma fille pour toujours. Et c’est un bonheur quotidien d’avoir une aussi adorable petite fille. D’ailleurs j’ai lancé en octobre 2008 un deuxième agrément, peut-être pour un deuxième enfant du Kazakhstan.

Propos recueillis par Méréva Balin


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