OFFRE DE PRET CHEZ NATHALIE VASSELIERE

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actualité:blog:2009.05.28_libération [2009/05/29 21:12] (Version actuelle)
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 +h1. 2009.05.28 Une adoption contestée par l’ADN
  
 +source : [[http://​www.liberation.fr/​societe/​0101569865-une-adoption-contestee-par-l-adn|Libération]]\\  ​
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 +//Famille. Un homme réclame une enfant abandonnée à la naissance et élevée par d’autres.//​\\  ​
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 +Par CHARLOTTE ROTMAN\\  ​
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 +C’est une histoire en forme de cauchemar. Une petite fille abandonnée,​ un père génétique en passe d’être sacrifié, des parents adoptants «morts de trouille». Tout se mêle ici : les liens du sang et ceux qui n’ont rien d’héréditaire,​ la biologie et l’adoption,​ la généalogie et la filiation. Aujourd’hui,​ la justice devra décider si elle confirme l’adoption plénière d’une enfant de presque 3 ans par ses parents qui l’élèvent depuis qu’elle est bébé. Une enfant, Jeanne, que son géniteur réclame lui aussi.
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 +En août 2006, une femme de 22 ans, appelons-la Nathalie, va accoucher dans une clinique du Mans (Sarthe). Son compagnon, Julien Charnolé, 26 ans, accourt. Il est reçu par une psychologue qui lui révèle : 1) la grossesse, 2) que l’enfant n’est pas de lui, 3) que de toute façon, la mère ne veut pas garder l’enfant. «Je me sentais impuissant, se souvient Julien. On a parlé,​[Nathalie] m’ a dit que sa décision était prise. Et elle m’a aussi révélé qu’elle avait été victime d’un viol.»
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 +Julien n’avait pas réalisé que sa compagne était enceinte. Il avait posé des questions car «elle avait pris du ventre», mais «elle niait en bloc, parlait d’une maladie.» Julien, pendant la grossesse, comme à l’hôpital a «bu ses paroles, comme toujours». Nathalie met au monde une petite fille, elle choisit de ne pas accoucher sous X, et laisse son identité et une lettre. Quelques jours plus tard, elle abandonne officiellement le bébé. Elle signe un document où elle déclare se «trouver dans l’obligation de renoncer à garder [s]on enfant» et «le confier à la Famille adoptive française en vue de son adoption par une famille choisie par cet organisme».
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 +**«Tripes»**. Quatre mois plus tard, fin 2006, Jeanne est confiée à un couple. Quelques jours avant, sur ordre de la police qui enquête sur le viol, la Famille adoptive française a dû soumettre la petite à des prélèvements ADN. Les résultats ne tombent qu’en janvier 2008 : Julien Charnolé, l’ex-petit ami est le père génétique. «Dès que j’ai appris que j’avais une fille, je l’ai reconnue et j’ai voulu la récupérer. L’association a tout fait pour m’ignorer,​ pour me faire disparaître»,​ assure Julien qui a multiplié les démarches pour retrouver Jeanne. «Je ne veux pas me retrouver rayé de la carte. Je meurs d’envie de connaître ma fille. Je suis persuadé qu’elle me ressemble, c’est dans mes tripes, c’est un morceau de moi.»
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 +Ses parents le soutiennent. Sa mère se présente comme «la grand-mère de Jeanne». Elle ne se résigne pas à ce que l’enfant «souffle ses bougies d’anniversaire avec d’autres, qui la nourrissent mais ne sont pas sa famille». Nathalie, qui ne veut pas récupérer l’enfant, salue «le courage et la solidarité» de la famille Charnolé. C’est ce qu’elle écrit sur le forum de la Cadco, le site des nés sous X et abandonnés qui militent pour que «toute personne ait le droit de connaître son histoire».
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 +«Le code civil prévoit qu’un enfant a besoin d’avoir des parents, ses vrais parents sont ceux qui l’élèvent»,​ rétorque Guillaume Le Maignan, avocat de l’association Famille adoptive française. Le père s’est réveillé trop tard, c’est triste, mais la petite fille, elle, ne peut pas attendre. Elle vit avec un grand frère, elle est un enfant de la famille, pas un futur enfant de la famille.» Il relaye l’angoisse du couple tout en affirmant :«Ses parents sont plus ses parents que des adultes qu’elle n’a jamais vus et qui sacralisent le lien du sang. Ce sont ses parents de fait.»
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 +Julien Charnolé, lui, se morfond : «Elle a grandi dans un univers, c’est un problème. Je veux la récupérer,​ mais je veux la préserver.» Il écrit à sa fille, des cartes postales, dès qu’il part en voyage. «Je veux m’occuper de ma fille et l’élever. Mais faire ça de manière intelligente»,​ dit il. Le couple, lui «ne veut pas cacher quoi que ce soit» à la petite, assure Me Le Maignan.
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 +**Tardif.** En janvier, le tribunal de Paris a annulé la reconnaissance officielle en paternité de Julien, effectuée trop tardivement auprès de la mairie du Mans, s’appuyant sur l’article 352 du code civil («le placement en vue d’adoption met obstacle à toute restitution de l’enfant à sa famille d’origine. Il fait échec à […] toute reconnaissance»). A l’audience à Montargis (Loiret), pour le jugement d’adoption qui doit être rendu aujourd’hui,​ Julien et les parents adoptifs de Jeanne se sont vus pour la première fois. Ils ne se sont pas parlé. «La dame m’a juste dit : "Au revoir"​»,​ raconte Julien. Elle m’a beaucoup regardé. Il ajoute : «Elle devait trouver un air de famille.»
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 +{{tag>​Actualité France 2009 45 75 72}}

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