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actualité:blog:2009.08.18_ladepeche [2009/08/22 23:32] (Version actuelle)
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 +h1.2009.08.18 Un bébé abandonné chaque mois à Toulouse
  
 +source : [[http://​www.ladepeche.fr/​article/​2009/​08/​18/​656310-Un-bebe-abandonne-chaque-mois-a-Toulouse.html|Le Depeche]]\\  ​
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 +V.S.\\  ​
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 +**Société. Les naissances sous le secret sont bien protégées. En Haute-Garonne,​ entre 10 et 12 nourrissons par an deviennent ainsi adoptables.**\\  ​
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 +Quinze ans, une gamine. Une grossesse cachée, un accouchement dans la solitude et le désarroi. Un bébé que l'on abandonne devant un cabinet médical. C'​était le 1er août dernier, dans une petite commune du Lot. Avec une question : comment en arriver là ?
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 +La méconnaissance et la peur, la crainte du jugement et de la dénonciation conduisent parfois à des abandons dramatiques de nourrissons. Pourtant, la législation française est la plus pointue en Europe, voire au-delà, pour assurer une protection maximale à ces femmes qui décident de confier leur enfant dès la naissance, à l'​adoption. Des femmes de tous âges, de toutes conditions sociales, toujours dépositaires d'une histoire personnelle qui, pour des raisons économiques,​ religieuses,​ culturelles,​ familiales ou simplement affectives, s'​engagent dans une procédure de « maternité secrète.
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 +En Haute-Garonne,​ entre dix et douze bébés naissent tous les ans au CHU de Toulouse dans le cadre de ces accouchements sous « X ». Soit une naissance par mois, en moyenne. Un chiffre stable d'une année à l'​autre pour ces enfants qui, passé le délai légal de deux mois jour pour jour après la naissance, deviennent pupilles de l'​État. Ils entrent alors dans le cursus de l'​adoption par le biais de l'Aide sociale à l'​enfance du conseil général. Un rôle autrefois dévolu à la DDASS.
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 +Qui sont ces femmes qui accouchent en secret au XXIe siècle ? « Il n'y a pas de profil. On croit qu'il ne s'agit que de jeunes femmes, de mères en grande difficulté sociale… or, on reçoit aussi bien des couples mariés qui ont déjà des enfants, quant aux raisons religieuses là encore, c'est très rare », confie un cadre supérieur sage-femme à l'​Hôpital Mère enfant de Toulouse. Cette maternité accueille régulièrement des femmes qui souhaitent accoucher anonymement. Elles entrent dans une procédure gérée par les services sociaux du conseil général (et non la sécurité sociale), avec un accompagnement médical et social. Tout devient alors anonyme. L'​intérêt c'est que la mère peut à tout moment revenir en arrière, même après l'​accouchement,​ jusqu'​au délai de 2 mois. Ces femmes ont la possibilité de laisser derrière elles des traces : photos, courriers, justifications… La maternité tient aussi un trousseau qui va suivre l'​enfant. Dont des photos de sa naissance. Dès les premiers jours, il doit pouvoir se construire une histoire.
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 +h4.3 questions à...
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 +**Docteur Catherine Villard, directrice adjointe à la Direction Enfance et famille.\\  ​
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 +Que deviennent ces enfants, après leur naissance ?**
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 +Il faut savoir tout d'​abord que l'on ne dit plus « nés sous X » mais « sous le secret ». Le travail du conseil général ne commence pas au moment seulement où va naître l'​enfant. On est aussi là pour aider les mamans dès que l'on a connaissance de leur projet d'​abandon. On essaie de les aider, de les rassurer, de les accompagner. Ces enfants nous sont ensuite confiés dès la naissance au service adoption de l'Aide sociale à l'​enfance,​ qui dépend de la Direction Enfance et famille du conseil général. On s'en occupe en pouponnière et ils sont suivis par un pédiatre. C'est une prise en charge globale, tout est fait pour construire le dossier de l'​enfant. Il y a tout ce que la mère a souhaité laisser dans le dossier. On essaie que les enfants retrouvent une trace de vie. Les choses ont beaucoup évolué. Il n'y aura pas le néant.
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 +**Quand sont-ils adoptables ?**
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 +Il faut attendre que le juge déclare l'​abandon définitif (article 350 du Code civil). C'est aussi au cas par cas, selon la situation de l'​enfant,​ les problématiques de santé… on essaie vraiment que ce soit une adoption réussie.
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 +Combien de bébés sont ainsi adoptés ?
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 +On a énormément de candidats pour les pupilles. Sur l'​ensemble des enfants qui nous sont confiés, si l'on considère les rétractations (jusqu'​à trois) au minimum 50 % vont sur l'​adoption dans l'​année.
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 +Recueilli par V.S.\\  ​
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 +h4.« J'ai eu besoin de savoir qui j'​étais et d'où je venais »
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 +Julien Goudou, 32 ans, a été abandonné à sa naissance et a été adopté à l'âge de six mois. « Mes parents adoptifs ont fait le choix dès la petite enfance de m'​amener sur le terrain de l'​adoption,​ au travers de petites histoires enfantines qui parlaient du processus de l'​adoption. C'est comme si j'​avais toujours sur su que j'​étais un enfant adopté. À 12, 13 ans, mes parents m'en ont parlé encore plus librement. L'​adolescence a été une période très difficile, j'​étais hyperactif, pas facile à vivre. Le fait d'​avoir été abandonné à la naissance est une chose difficile à porter. Physiquement je ne ressemblais pas du tout à mes parents, j'ai même été jusqu'​à m'​inventer des origines qui me correspondaient plus que d'​autres. Il fallait que je me trouve mes racines. J'en souffrais. J'en ai parlé à mes parents, ils m'ont compris, j'ai fait la démarche lorsque j'ai eu 19-20 ans. Je me suis rapproché de la DDASS et j'ai finalement eu accès à mon dossier…
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 +J'ai eu de la chance car j'ai pu avoir des éléments de réponse. Cela a joué un rôle capital dans ma construction personnelle. J'ai appris comment était ma mère, la taille de mon père où ma mère habitait -elle était pressseuse dans l'​Allier-,​ son année de naissance, un prénom et surtout elle expliquait les raisons pour lesquelles elle m'​avait abandonné… elle était déjà maman d'une petite fille. Elle s'est séparée de mon père biologique et est montée à Paris pour accoucher sous « X », faisant croire à sa propre mère (ma grand-mère maternelle qui était elle-même fille pupille de l'​État) que j'​étais mort-né… Ce qui m'​intéresse aujourd'​hui,​ c'est que j'ai quelque part une demi-sœur. Je recherche un peu effectivement ma mère mais c'est surtout cette demi-sœur.
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 +Psychologiquement,​ cette découverte m'a permis de faire un bond énorme. ça a comblé tout ce qu'un enfant né sous X peut attendre… répondre à ces questions fondamentales : « Qui suis-je et d'où je viens… »
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 +Julien Goudou occupe aujourd'​hui un emploi de cadre sup dans une grande enseigne internationale,​ il vit maritalement et, est un papa comblé, avec un petit garçon et un autre bébé en cours de route.
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 +« Le fait d'​être père à mon tour me permet d'​avancer,​ et j'ai de gros éléments de réponse à apporter à mon fils, c'est la construction logique d'un enfant né sous son identité. J'​encouragerai ceux et celles nés comme moi « pupilles de l'​État » à chercher à savoir d'où ils viennent. J'ai pu prendre mon envol à partir de ce moment-là. ça a été une libération et désormais, je suis apaisé ».
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 +{{tag>​Actualité France 2009 31}}

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