2009.08.27 Madagascar: Les mesures d'adoption plus strictes

(L'Express de Madagascar) Les procédures d'adoption deviennent très strictes depuis la ratification de la convention de La Haye. Toute demande doit passer par les autorités.

Finie l'adoption clandestine. Madagascar a ratifié la convention de La Haye en 2004 et tous les dossiers d'adoption doivent être traités par voie diplomatique. Ainsi, un couple français est sorti abasourdi d'un centre d'accueil de la capitale hier, en apprenant qu'ils doivent s'adresser dorénavant à l'autorité centrale chargée des dossiers d'adoption.

« Nous avons été informés que nous n'avons plus le droit de choisir l'enfant à adopter et la responsabilité du centre se limite à proposer l'enfant adoptable », explique la femme qui ignore jusqu'à hier les nouvelles mesures d'adoption internationale de Madagascar.

Afflux des demandes

« Toutes les procédures sont officialisées depuis la création de l'organisme agréé pour adoption à l'étranger jusqu'aux premiers contacts de l'enfant avec ses éventuels parents adoptifs », explique Adolphe Pilaza, directeur de la protection de la famille et de l'enfance au ministère de la Population. Il souligne qu'en tant que pays signataire, Madagascar doit appliquer les textes. « Il y est stipulé que les parents adoptifs vivant à l'étranger doivent payer 800 euros contre Ar 200 000 pour les parents résidant dans la Grande île », ajoute le directeur. Ces nouvelles mesures prennent en compte l'intérêt de l'enfant. « La question n'est plus de choisir des parents pour un enfant mais l'inverse afin de prioriser ses droits », laisse entendre Faranirina Raherimalala Andriamampianina, chef du service de l'adoption. « La nouvelle procédure d'adoption a pu tamiser le marché noir des enfants vers l'étranger, une pratique qui a terni l'image de la protection de l'enfance à Madagascar », précise la responsable d'un centre d'accueil, spécialisée dans l'adoption. Mais bien que la démarche puisse durer jusqu'à deux ans, elle ne décourage pas les parents adoptifs. 210 dossiers d'adoption, dont 32 par des parents malgaches, sont actuellement étudiés par le service et 13 sont en phase de finalisation. Selon les responsables, Madagascar demeure un pays très prisé par les parents adoptifs étrangers.

Fanja Saholiarisoa


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