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actualité:blog:2009.11.14_jdd [2009/11/15 16:40] (Version actuelle)
kim créée
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 +h1.2009.11.14 L'​homoparentalité est-elle dangereuse pour l'​enfant?​
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 +source : [[http://​www.lejdd.fr/​Societe/​Education/​Actualite/​L-homoparentalite-est-elle-dangereuse-pour-l-enfant-150356/​|lejdd.fr]]\\  ​
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 +**Quand l'​amour bouscule la jurisprudence et peut-être bientôt la loi. Mardi, le tribunal administratif de Besançon a ordonné au [[tags:​39|Conseil général du Jura]] de délivrer un agrément d'​adoption à Emmanuel B., une enseignante homosexuelle qui vit avec sa compagne. En 1998, au moment d'​entamer la procédure, cette dernière n'​avait pas caché son orientation sexuelle, ce qui aurait pu simplifier ses démarches puisqu'​une célibataire peut adopter. La décision, qui intervient après dix ans de bataille juridique, relance le débat sur l'​adoption - interdite par la loi en France - pour les couples homosexuels.**
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 +Pour le sociologue François de Singly, professeur à l'​université Paris IV et auteur de Comment aider l'​enfant à devenir lui-même?, ce jugement interroge plus généralement la question de la filiation et de la parenté.
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 +**Comment réagissez-vous à la décision du tribunal administratif de Besançon?​**
 +C’est une décision logique. La France a d’ailleurs déjà été condamnée par l’Europe dans cette affaire qui illustre un paradoxe récurrent chez nous: le principe d’égalité,​ qui nous est si cher, ne semble pas devoir s’appliquer à la famille. Regardez les difficultés que l’on a eues à faire accepter que les enfants dits illégitimes – les bâtards, comme on les appelait – puissent hériter au même titre que les enfants nés dans le mariage. Au moment où cette question faisait débat, certains disaient, comme on l’entend encore à propos des homosexuels,​ que c’était la fin de la famille. Le jugement du tribunal administratif de Besançon rétablit tout simplement l’égalité entre homosexuels et hétérosexuels,​ une valeur portée par l’Europe et intrinsèquement incontournable.
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 +Il met également en évidence une contradiction très mystérieuse concernant l’adoption. La loi autorise les couples mariés et les célibataires à adopter un enfant. Comme les couples homosexuels,​ les concubins hétérosexuels sont exclus de ce processus. Les gens qui montent à la tribune pour s’opposer à l’adoption par des homosexuels,​ au nom de l’intérêt de l’enfant censé avoir deux parents de sexes différents,​ pourquoi ont-ils voté dans le passé une loi qui autorise une femme seule ou un homme seul à adopter? Pourquoi n’ont-ils pas changé cette loi? A partir du moment où on autorise une femme seule à adopter, il est très difficile de l’interdire à un couple de femmes. Et je ne parle pas de l’accouchement sous X. Il y a bien des enfants sans père ni mère alors et l’on prétend qu’un enfant avec deux mères serait un cauchemar total! Où est la logique?
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 +**La famille homoparentale questionne la famille classique…**
 +Elle met surtout en évidence les contradictions qui entourent le principe de la filiation en France et les changements en cours dans les systèmes de parenté européenne depuis les années 1960. La question de l’homosexualité ou de l’hétérosexualité,​ c’est déjà presque une histoire du passé. De mon point de vue, l’hétérosexualité n’est pas le fondement du rapport à l’enfant.
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 +Certains estiment pourtant que l’homoparentalité met en péril l’équilibre de l’enfant…
 +Je ne le crois pas. Mais c’est une question que je me suis longtemps posée en tant que spécialiste de la famille, certainement du fait de mon éducation très conventionnelle. Les centaines d’études menées au Canada et aux Etats-Unis démontrent le contraire. Seulement, en France, avec beaucoup d’hypocrisie,​ on discute sans preuves puisqu’on n’a jamais financé aucune enquête sur le sujet. Les recherches très poussées effectuées outre-Atlantique tendent à montrer que c’est la stabilité des relations dans le temps qui fait l’équilibre de l’enfant, pas l’hétérosexualité. Dans mon laboratoire,​ nous nous sommes intéressés à l’argument psychanalytique brandi par les partisans de l’hétérosexualité et l’Eglise. On dit que le père est là pour séparer le petit garçon de sa mère, pour casser la fusion. Mais la compagne d’une femme peut très bien jouer le rôle du tiers qui sépare.
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 +**L’intérêt de l’enfant ne doit-il pas primer sur le désir d’enfant exprimé par les couples homosexuels?​**
 +On doit se demander pourquoi l’hétérosexualité engendrerait automatiquement des compétences parentales. Une partie des pères hétérosexuels aujourd’hui ne sont pas pères : ils ne s’occupent pas de leurs enfants, ils ne leur donnent pas d’attention. Certains disent: "Il faut que les parents soient hétérosexuels."​ Je réponds: "Il faut que le couple parental soit stable et que les parents soient attentifs."​
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 +**Comment favoriser cette stabilité?​**
 +Il est urgent de refonder la parentalité,​ de repenser la filiation. Au lieu de se faire peur avec l’homosexualité,​ il faut tenter de conjuguer la stabilité nécessaire à l’épanouissement de l’enfant avec l’instabilité amoureuse. Cela concerne autant les hétérosexuels que les homosexuels. Pourquoi ne pas inventer un nouveau contrat? On peut imaginer que les deux parents (un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes) signent un acte pour déclarer leur parentalité. A partir du moment où un couple aura reconnu un enfant, biologique ou non, il s’engage à l’éduquer sur la longue durée. L’Etat serait le garant de la qualité de cette éducation. Cette idée peut faire largement consensus. Alors qu’on s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, il faut créer un CDI de la parenté.
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 +{{tag>​Actualité France 2009 homoparentalité 39}}
  

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