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2009.11.20 LE CROTOY (80) Journal intime d'une mère adoptive

source : courrier-picard.fr

La cinéaste Patricia Bardon a réalisé un film sur l'adoption de sa fille Marie, diffusé ce vendredi soir dans le cadre du festival du film d'Amiens. Du bonheur et de la difficulté d'adopter.

Marie est une ravissante petite fille blonde âgée de 10 ans. Une petite fille comme les autres, scolarisée au Crotoy, où elle compte ses amis, ses endroits préférés, ses souvenirs d'enfance. Une petite fille comme les autres, ou presque.

Marie est une enfant adoptée, arrivée en France à l'âge de trois ans en provenance de la petite ville de Krasnoïak, en Sibérie. Cette histoire, à la fois banale et terriblement singulière, a donné naissance à un film, Maria Ivanova, journal d'une adoption, de l'Oural à la baie de Somme, projeté ce vendredi soir dans le cadre du festival du film d'Amiens. Plus qu'un documentaire ou qu'un énième film sur l'adoption, cette œuvre a davantage valeur de témoignage. Et pour cause. L'auteure du film, Patricia Bardon, est aussi la maman adoptive de Marie. « J'ai pris cette caméra, mais je n'avais pas d'idée particulière derrière la tête, raconte la cinéaste, sinon l'envie d'immortaliser un événement extraordinaire de ma vie. » « L'adoption ne devrait pas être un miracle »

Ce road movie, de la Sibérie à la baie de Somme, où Patricia s'est installée il y a quinze ans, raconte les trois voyages entre Moscou et Krasnoïarsk. La première rencontre avec l'enfant, cette « petite fille tombée du ciel » que Patricia Bardon n'attendait plus. « Il y a quelque chose de surnaturel dans le fait de devenir maman en quelques secondes. Il y a aussi du merveilleux dans la rencontre avec son enfant à l'autre bout du monde, quand cette rencontre est une évidence absolue. »

Au-delà de l'émotion, le film témoigne aussi de la difficulté d'adopter : les doutes, la fatigue, les tracas administratifs. Avant Marie, Patricia a connu cinq années d'échecs et de déceptions durant lesquelles « rien ne marchait. » Elle choisit finalement la voie de l'adoption individuelle par l'intermédiaire d'un avocat. Une option plus coûteuse (20 000 dollars), mais semble-t-il plus efficace dans une région, la Picardie, « où les associations ne sont pas encore assez nombreuses. » Ce film est un message d'espoir. « C'est aussi pour moi l'occasion de dénoncer toutes ces difficultés. L'adoption ne devrait pas être un miracle. »

FABRICE JULIEN

  • Maria Ivanova, journal d'une adoption, de l'Oural à la baie de Somme, de Patricia Bardon. projection suivie d'un débat.

Ce vendredi soir à 18 heures à l'auditorium du conservatoire, salle Dutilleux à Amiens.


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