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2009.11.25 Kouchner : “Avant d’adopter plus, il faut adopter mieux”

source : France Soir

La France s’est dotée hier d’une « convention d’objectifs et de gestion » destinée à rendre plus transparente l’adoption internationale. Cela devrait faciliter les démarches de nombreuses familles qui attendent souvent longtemps avant l’aboutissement de leur demande.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, la secrétaire d’Etat à la Famille et à la Solidarité, Nadine Morano, et le président de l’Agence française de l’adoption, Yves Nicolin, ont signé, hier au Quai d’Orsay une « convention d’objectifs et de gestion de l’Agence française de l’adoption » qui vise à rendre moins complexe ce que Bernard Kouchner a qualifié de « véritable parcours du combattant ». « Cela devrait permettre aux candidats français à l’adoption de disposer des meilleures chances de voir aboutir leur projet », a-t-il souligné. Si, pour lui, l’adoption est tout sauf une affaire de chiffres, « ils témoignent de la souffrance qu’endurent les familles ». En effet, en France, sur les 30.000 candidats à l’adoption titulaires d’un agrément, seuls 4.000 ont vu leur souhait se réaliser en 2008. Soit moins d’un sur sept. Mais « avant d’adopter plus, il s’agit d’abord d’adopter mieux », a rappelé le ministre.

La France s’adapte difficilement
« Si la France reste le troisième pays en nombre d’adoptions internationales derrière les Etats-Unis et l’Italie, le contexte de l’adoption internationale connaît une mutation profonde, à laquelle nous devons nous adapter », a-t-il dit. « Nous devons la vérité aux parents candidats à l’adoption », a ajouté Nadine Morano, en relevant que les possibilités d’adoption internationale se réduisent parce que les pays d’origine renforcent leur législation pour favoriser l’adoption nationale. « Dans un certain nombre de pays d’origine, on constate une élévation du niveau de vie. Les exigences sont de plus en plus strictes et la sélection des dossiers sévère. Autant d’évolutions qui privilégient l’intérêt supérieur de l’enfant et dont nous ne pouvons que nous réjouir », a ajouté le ministre. Mais tous ces changements ne facilitent pas les démarches des candidats à l’adoption. De plus, les enfants proposés à l’adoption ne sont plus les mêmes, il s’agit souvent d’enfants plus grands (cinq ans et plus), de fratries (jusqu’à quatre enfants) ou, parfois, d’enfants présentant des pathologies. Des pays comme l’Italie se sont adaptés à ces paramètres nouveaux, mais en France, seulement 25 % des enfants adoptés en 2009 ont plus de cinq ans. Et pour cause, la plupart des Français cherchent toujours à adopter des bébés ou des enfants de moins de trois ans. Et les agréments délivrés pour des enfants jeunes sont plus longs à obtenir, ce qui entraîne un allongement des délais d’attente ou de retards dans le traitement des dossiers.


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