l.com pour

* Financi

2009.11.26 Chantal Jouanno n'est pas "hostile" à l'adoption par des couples homosexuels

source : Le Point

Les réactions avaient été unanimes au sein de la majorité lorsque, le 10 novembre dernier, le tribunal administratif de Besançon avait annoncé qu'il autorisait un couple d'homosexuelles à adopter un enfant , une première en France. Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand était ainsi immédiatement monté au créneau, réaffirmant sa “ position constante ” sur le sujet. “On parle beaucoup aujourd'hui d'un concept qui s'appelle le droit à l'enfant mais, pour moi, ce qui est prioritaire c'est le droit de l'enfant”, avait-il lancé. Plus direct encore, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait exprimé une position a priori commune de l'ensemble de l'exécutif : “Je veux d'abord vous rappeler que le gouvernement a eu l'occasion de dire à plusieurs reprises - le président de la République lui-même s'est exprimé sur le sujet - que nous n'étions pas favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels”, avait ainsi déclaré Luc Chatel.

Un accord a priori parfait. Sauf que jeudi, la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, a pris le contrepied de cette ligne. “Il faut arrêter l'hypocrisie sur l'adoption. Un célibataire peut adopter un enfant. Au risque de vous choquer, je ne serais pas totalement hostile à l'adoption par des couples homosexuels. Ce qui compte, c'est l'équilibre du couple”, a-t-elle déclaré dans l'émission Face aux chrétiens, organisée conjointement par Radio Notre-Dame, RCF et La Croix. “L'hypocrisie” autour de ce débat a également été pointée par Nadine Morano. La secrétaire d'État à la Famille a exprimé son souhait d'ouvrir un “débat” sur l'adoption des couples homosexuels, précisément pour “sortir de l'hypocrisie”. Mais Nadine Morano a toutefois tenu à préciser qu'elle ne voulait pas changer la loi interdisant l'adoption aux couples homosexuels.

Peu après la décision du tribunal administratif de Besançon, la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) avait violemment réagi. “L'éducation d'un enfant et en particulier le processus progressif de la découverte et de l'affirmation de son identité sexuelle, exigent plus que de simples référents de deux sexes, mais bien la présence d'un homme et d'une femme qui entretiennent une relation stable d'amour.” Pour la CNAFC, “cette décision de justice démontr[ait] la nécessité que le législateur clarifie ce qu'est l'intérêt de l'enfant”. La CNAFC demandait alors au législateur de prononcer sans équivoque le droit de l'enfant à avoir un père et une mère. Au lendemain de la décision de justice, un sondage BVA pour Canal + faisait apparaître que 57 % des Français étaient favorables à l'adoption par des couples homosexuels.

Sondage réalisé par internet du 10 au 12 novembre auprès d'un échantillon de 1.009 personnes de 15 ans et plus (méthode des quotas).


Outils personnels