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2009.12.02 Adopter un bébé en célibataire, une aventure

(Le Pays) Adopter un enfant quand on est célibataire, ce n’est pas forcément facile, mais c’est possible. Séverine, une Valdoyenne, est ainsi devenue cet été maman d’un petit Célestin venu du Vietnam.

Elle s’était fait une promesse : si, à 30 ans, elle n’avait toujours pas d’enfant, elle en adopterait un. Sitôt soufflées les 30 bougies, Séverine commençait les démarches pour adopter « en solo ». « Je ne voulais pas faire un bébé toute seule », souffle cette nouvelle maman, qui vit à Valdoie.

Première étape : décrocher l’agrément, le sésame pour l’adoption donné par le conseil général du Territoire de Belfort au terme d’une enquête sur les revenus, les motivations et l’équilibre psychologique des postulants. Il lui faut huit mois pour l’obtenir, lui permettant d’adopter un bébé âgé de 0 à 3 ans. « L’agrément, c’est comme le bac : c’est indispensable, mais ça ne suffit pas », sourit Séverine. Et les critères d’acceptation varient d’un pays à l’autre. Certains acceptent les célibataires, d’autres pas ; certains leur imposent d’avoir au moins 30 ans, d’autres 35 ans, voire 40.

Selon la grille de sélection, peu de pays correspondent au profil de l’aspirante maman : le Mali, le Vietnam, la Russie, le Kazakhstan notamment, « mais j’ai éliminé celui-là, car il fallait rester deux mois sur place ».

La troisième étape, c’est la recherche d’un Organisme agréé pour l’adoption (OAA), qui porte les dossiers des adoptions à l’international. En trouver un qui accepte son dossier lorsqu’on a un profil hors normes (adoptants jeunes, âgés, solo…) relève quasiment de l’impossible. Les recalés ont alors le choix entre se débrouiller tout seuls pour trouver un enfant adoptable ou passer par la nouvelle Agence française de l’adoption, qui peine à se mettre en route.

Patienter six mois

Un seul OAA, Destinées, qui organise des adoptions au Vietnam accepte les candidatures de femmes célibataires. Début 2008, Séverine envoie son dossier sans trop y croire, commençant à chercher en parallèle une adoption au Mali. Destinées l’accepte : « Sur une soixantaine de dossiers, ils ne prennent qu’une dizaine de célibataires par an environ , ce qui est énorme, souligne Séverine. Actuellement, il y a dix-huit mois d’attente pour être accepté ».

En quelques mois, le dossier est monté : il comporte un avis d’imposition, des photos du logement, un certificat de bonne santé physique et mentale… Envoyé au Vietnam, il est confié au responsable local de Destinées, qui le transmet à des orphelinats partenaires. Il ne reste plus qu’à patienter. Séverine n’a pas de préférence pour le sexe de l’enfant, mais rêve d’un petit à pouponner.

Le premier instant de la rencontre

Le 2 janvier 2009, la nouvelle tant attendue est arrivée : un petit garçon, alors âgé de 9 mois, est attribué à Séverine. Mais pas question de venir le chercher tout de suite : les responsables de l’orphelinat doivent d’abord s’assurer que le bébé, trouvé un matin devant la porte, ne sera réclamé par personne. Cette enquête passe notamment par des avis dans les médias. Il faut patienter encore, en comptant les mois…

Séverine doit attendre le 30 juin pour s’envoler enfin vers le Vietnam, accompagnée de sa maman. C’est sur le tarmac de l’aéroport qu’elle découvre pour la première fois le visage de son fils, en contemplant une photo prise alors qu’il n’avait que 9 mois. Trois jours plus tard, elle prend la route vers Thai-Binh, à quatre heures de route d’Hanoï, où se trouve l’orphelinat. « Cet orphelinat venait de rouvrir à l’adoption après une longue fermeture, j’étais la première française à venir chercher un enfant. J’ai été accueillie par des officiels et des journalistes ! »

Le 6 juillet, assistée par un interprète et les responsables de l’association, elle entre dans la cour de l’orphelinat : « jJai entendu : « Regardes, c’est maman » , se souvient Séverine avec émotion. Et j’ai vu arriver mon fils avec une énorme sucette rose dans la bouche et des sandales de fille. Le responsable de l’association me l’a mis dans les bras… » Suivent les discours : « Ils m’ont remercié de m’occuper de cet enfant « comme si c’était le mien »… C’est la chose la plus affreuse qu’on m’ait dite ! Cet enfant, c’est le mien ! » Suivra la cérémonie de remise officielle au ministère de la Justice. Avant de partir, Séverine a pu visiter l’orphelinat : « Les enfants dormaient dans des hamacs qu’on pouvait fermer en haut comme un cocon. Il n’y avait pour tout jouet qu’un ballon et une télé, mais j’ai pu voir qu’ils étaient heureux ».

Séverine a décidé de donner à son fils un prénom français, Célestin, un choix qu’elle assume : « Son adoption est sa deuxième naissance. Et puis, le prénom qu’il portait auparavant n’avait pas de valeur sentimentale : il lui a été donné par l’orphelinat, pas par sa mère biologique ». Célestin gardera toutefois en deuxième prénom son nom vietnamien : Thanh-Quang.

Combien a coûté cette adoption, les trois semaines de séjour — minimum obligatoire — au Vietnam compris ? « En tout, environ15 000 €, avoue Séverine. L’adoption a un prix, qui varie entre 7000 et 30 000 €. Ce n’est malheureusement pas à la portée de tout le monde. » Un coût élevé mais ce bonheur, inestimable, n’a pas de prix.


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