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2010.01.06 Une mère tente de tuer son fils handicapé et se suicide

source : leparisien.fr
Frédéric Naizot

Un drame s’est abattu lundi sur une résidence tranquille de Cergy (Val-d’Oise). Une mère de famille, médecin de formation, a mis fin à ses jours en ingérant des médicaments, après avoir tenté de tuer de la même manière son fils adoptif. Agé de 7 ans et handicapé, le petit garçon, conduit à Necker, hôpital parisien spécialisé dans les soins aux enfants, était considéré hier soir comme hors de danger.

C’est le père de famille, âgée d’une cinquantaine d’années, qui a alerté les secours en rentrant au domicile familial, une petite maison de ville dont la terrasse domine les étangs de Cergy. Il est environ midi. Il pousse la porte et perçoit les pleurs de son fils, un petit garçon adopté il y a trois ans en Lettonie. Il le découvre, au côté de sa femme inconsciente. Il tente de la ranimer et il y parvient un cours instant, avant qu’elle ne perde à nouveau connaissance. Alertés, les médecins du Samu ont à leur tour tout tenté. En vain. Agée de 46 ans, la maman est décédée. Son enfant a été entre-temps transporté en urgence vers l’hôpital Necker.

«Une personne en état de détresse absolue »

Selon les premiers éléments recueillis, la mère de famille aurait avalé des bêtabloquants en quantité importante, son fils étant gravement intoxiqué par ces mêmes médicaments. Autant de précisions que l’autopsie, ordonnée par le parquet de Pontoise dans le cadre d’une enquête pour rechercher les causes de la mort, déterminera avec certitude. Le père, hier, ne parvenait pas à expliquer le geste de son épouse. Un geste qui pourrait être dû à l’état de santé de son enfant, gravement épileptique, scolarisé dans une classe aménagée, qu’elle ne parvenait peut-être plus à assumer. « Une mère qui décide de mettre fin à ses jours en ayant, au préalable, fait ingérer à son enfant une dose importante de médicaments ne peut être qu’une personne en état de détresse absolue », confiait hier soir Marie-Thérèse de Givry, procureur de Pontoise. La magistrate précisait aussi que la mère de famille était sans doute dépressive. « C’était un couple absolument charmant, très discret, confiait hier une voisine, bouleversée. La maman m’expliquait qu’elle avait arrêté son travail pour s’occuper de lui. Elle devait beaucoup courir les hôpitaux. » Le couple avait également une fille, scolarisé en 6 e . « On les voyait tous les quatre le week-end. Ils se promenaient beaucoup. Le père prenait souvent le relais avec les enfants. » « C’est une femme très gentille et très cultivée », ajoute une autre voisine, qui l’a connue alors qu’elle exerçait encore la médecine. Le couple, cependant, n’avait apparemment pas noué de relations solides avec le voisinage. Pour certains, « ils vivaient très repliés et ne parlaient pas beaucoup avec les autres résidants ».


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