l.com pour

* Financi

2010.01.14 Un couple sans nouvelles de la fillette qu'il doit adopter en Haïti

source : Cyberpresse, Le Soleil

Marc Allard

(Québec) Julie Légaré et Pascal Croteau attendaient depuis plus de deux ans pour aller chercher leur fille adoptive en Haïti. Ils devaient se rendre à Port-au-Prince fin janvier. Mais le tremblement de terre a tout gâché.

Mercredi, ils n'avaient toujours pas eu de nouvelles de Lisa, deux ans et demi. Ils ignoraient si l'orphelinat dans lequel se trouvait la fillette avait résisté au séisme et savaient encore moins dans combien de temps ils pourraient enfin l'amener à la maison, si elle était encore en vie.

Le couple de militaires, qui habite Deschambault-Grondines, dans Portneuf, était découragé. «Dans le temps de Noël, on se préparait à l'accueillir, raconte Pascal Croteau. Il fallait acheter les couches, les habits d'hiver, faire la chambre. Et là, tout repart de zéro.»

L'organisme Soleil des nations, qui s'occupait de l'adoption de la petite Lisa, venait tout juste d'envoyer sa responsable en Haïti pour finaliser le processus d'adoption et déterminer la date précise à laquelle Julie Légaré et Pascal Croteau pourraient s'envoler pour Haïti.

La responsable en question, Ginette Gauvreau, est arrivée mardi à Port-au-Prince. Depuis le tremblement de terre, elle n'a pas donné signe de vie, si l'on en croit le message automatisé laissé par une des employées de l'organisme.

Mercredi, le Secrétariat à l'adoption internationale (SAI) du gouvernement québécois indiquait être en relation étroite avec les organismes agréés qui s'occupent de l'adoption en Haïti et demandait aux parents inquiets de communiquer avec le SAI ou avec l'organisme concerné plutôt que d'essayer d'entrer en communication avec Haïti, «afin de ne pas entraver les voies de communication, qui doivent servir aux secours d'urgence».

Dominique Breton, une porte-parole du ministère de la Santé, duquel relève le SAI, a affirmé mercredi au Soleil que les procédures d'adoption en Haïti étaient interrompues jusqu'à nouvel ordre. Elle a également dit qu'il était fort probable qu'elles connaîtraient du retard lorsqu'elles reprendront.

«On comprend donc que, dans ces circonstances, il n'est pas envisageable de se rendre dans ce pays», pouvait-on lire dans un communiqué du SAI.

En attendant d'avoir des nouvelles, Julie Légaré et Pascal Croteau tentaient de garder espoir, mercredi, et promettaient de ne pas se laisser abattre par un délai supplémentaire.

«Si elle est encore en vie, on va aller la chercher, dit M. Croteau. Ça prendra trois ans. Elle aura cinq ans. Elle aura six ans. On va aller la chercher.»


Outils personnels