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2010.01.15 Toujours sans nouvelles de Ginette Gauvreau

source : Cyberpresse : Le Nouvelliste

Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Où est Ginette Gauvreau? Trois jours après le violent tremblement de terre qui a frappé Haïti, une Trifluvienne arrivée dans ce pays quelques heures à peine avant le séisme manque toujours à l'appel. Responsable des adoptions pour Soleil des nations, Ginette Gauvreau ne s'est toujours pas rapportée à l'ambassade canadienne en Haïti.

«Nous sommes sans nouvelles d'elle», confirme Estelle Goudreau, conseillère au Secrétariat à l'adoption internationale qui relève du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Seule lueur d'espoir: un courriel qui a été envoyé par personnes interposées et dont la présidente de l'organisme Soleil des nations, Francine Pérusse, a eu des échos. Mme Gauvreau aurait été aperçue, mercredi, à proximité de l'ambassade canadienne sans s'y présenter pour autant.

«De tous les gens qu'on connaît qui travaillent de près ou de loin en matière d'adoption internationale et qui se trouvent en Haïti, on a eu des nouvelles d'eux. La seule personne dont on n'a aucune information claire, c'est Mme Gauvreau», déclare Josée-Anne Goupil, adjointe à la direction générale au Secrétariat à l'adoption internationale.

Comme elle le fait régulièrement depuis trente ans, Ginette Gauvreau se rendait en Haïti pour un séjour de trois semaines environ. «Elle y assure le suivi des procédures d'adoption avec les collaborateurs haïtiens», décrit Estelle Goudreau avant de mentionner que l'avion de la Trifluvienne devait atterrir à Port-au-Prince en tout début d'après-midi, mardi dernier.

Depuis un an environ, Mme Gauvreau a multiplié ses allers-retours en Haïti. «Elle y va à tous les mois. Il y a des dossiers qui traînent dans les vieilles crèches depuis deux ou trois ans. Pour que ça avance plus rapidement, il faut qu'elle soit sur place», explique Aline Boivin, personne-ressource bénévole à Soleil des nations. D'ailleurs, elle souligne que, juste à temps pour Noël, Mme Gauvreau est revenue avec dix bambins haïtiens adoptés par des couples d'un peu partout au Québec.

Après des années de séjours répétés dans un pays où elle a elle-même adopté deux enfants, il y a une trentaine d'années, la Trifluvienne avait décidé au cours des derniers mois de louer un appartement dans un quartier de Pétionville, en banlieue de Port-au-Prince, plutôt que de se loger, comme elle le faisait depuis toujours, à l'hôtel.

Dans les premières minutes qui ont suivi l'annonce, au Québec, d'un important séisme en Haïti, un parent a tenté de la rejoindre à son appartement.

«Une femme a répondu. Elle a dit une minute, comme si Ginette était dans une autre pièce et puis, plus rien, la ligne s'est coupée», raconte Mme Boivin qui n'a pas la certitude que Mme Gauvreau était à proximité puisque la dame qui a répondu - «Peut-être une femme de ménage?» se demande-t-elle - ne semblait pas très bien comprendre le français. Mme Boivin n'a donc pas la preuve que sa collègue de Trois-Rivières était réellement sur place et qu'elle est, surtout, hors de danger.

«On ne le sait pas», admet à son tour Estelle Goudreau avant de préciser que Mme Gauvreau collabore avec trois crèches. Comme coordonnatrice de Soleil des nations, Ginette Gauvreau s'assure que les procédures vont bien. «Elle vérifie aussi l'état de santé et le bien-être des enfants orphelins», décrit la conseillère à Québec.

«C'est sûr que la connaissant, Ginette va s'assurer que les petits vont bien avant de se rapporter. Mais là, elle le sait qu'on s'inquiète», suppose Mme Boivin qui espère que ce sont les problèmes de communications qui expliquent cette insoutenable attente.

Mme Boivin regrette que les membres de l'équipe de Soleil des nations n'aient jamais eu le réflexe de demander à Mme Gauvreau de leur transmettre les coordonnées des différentes personnes qu'elle a l'habitude de côtoyer en Haïti. «C'est la première fois qu'on se retrouve devant une telle situation», fait remarquer la bénévole en parlant du tremblement de terre qui plonge tout un peuple dans un véritable chaos. «C'est elle qui, malheureusement, a tous les contacts là-bas», laisse tomber Mme Boivin qui a appris que des membres de la famille de Mme Gauvreau ont communiqué avec l'ambassade canadienne en Haïti pour tenter d'avoir des nouvelles de leur mère. En vain.

Par ailleurs, en passant par différents moyens dont des organismes basés aux États-Unis, le Secrétariat à l'adoption internationale a eu l'assurance que deux des trois crèches avec qui collabore Ginette Gauvreau ont été minimalement affectées. «Mais pour ce qui de la troisième crèche, on est sans nouvelles encore», souligne Mme Goudreau en précisant que l'orphelinat dont le mystère plane toujours est situé à Port-au-Prince.

Ces trois crèches accueillent un peu plus de 150 enfants dont une quarantaine sont proposés à des parents québécois. Pour le moment, toutes les procédures d'adoption sont interrompues. «On ne sait pas encore si les ministères avec qui nous travaillons sont encore sur pied ni dans quel état ils sont», rappelle Mme Goudreau qui n'a aucune idée, non plus, de la condition des documents.

«Actuellement, il n'y a rien qui marche. On est dans l'urgence», insiste-t-elle.


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