2010.01.16 La terrible angoisse d’une mère

source : Le Parisien

Grenoble (Isère)

Serge Pueyo

Carole GENIN, 41 ans, a vécu de folles heures d’angoisse. Cette Grenobloise qui se bat depuis des années pour adopter a longtemps redouté de voir son fils, Ilnès, un petit Haïtien de 21 mois, figurer sur la liste des victimes du tremblement de terre. « Je ne savais pas si sa crèche avait résisté, si les enfants avaient pu sortir à temps.
Chaque fois que j’appelais Haïti, tous les téléphones sonnaient dans le vide. L’attente était terrible. » Hier, dans l’après-midi, la bonne nouvelle est enfin arrivée de Port-au-Prince. Ilnès est vivant. Une formidable délivrance pour Carole, qui, lorsqu’elle parle de son fils, est très vite submergée par les sanglots : « Il est beau, gentil, souriant. C’est mon petit. » Pour Carole, le long parcours de l’adoption a débuté en 2007. Célibataire, cette Grenobloise a d’abord dû obtenir l’agrément du conseil général. Puis, en avril 2009, elle contacte la crèche du Nid des enfants de Marie, qui accueille des petits orphelins à Port-au-Prince.

« J’ai hâte de serrer Ilnès dans mes bras »

« Quinze jours après, la directrice m’a annoncé qu’elle retenait mon dossier. J’ai versé 4 500 dollars sur les 9 000 réclamés pour l’adoption. Puis, on m’a attribué un enfant, Ilnès, qui avait été abandonné par ses parents. En décembre, je suis allée à Haïti pour signer le jugement d’adoption. C’est là que j’ai pu voir mon fils pour la première fois. Je suis rentrée en France sans lui, car, pour qu’il puisse sortir d’Haïti, il faut attendre que les autorités locales lui délivrent un passeport et un visa. Cela prend du temps. Je devais aller le chercher en juin ou en juillet », explique Carole. Au moment du tremblement de terre, la directrice de la crèche d’Ilnès était au Canada. « Elle avait au téléphone une de ses employées qui lui disait que le mur d’enceinte venait de s’écrouler. Puis, la communication a été interrompue. On a pensé au pire », confie Carole. Hier, l’angoisse a laissé la place au soulagement : « La directrice de la crèche m’a dit que tous les enfants s’en étaient sortis. Je revis. J’ai hâte de serrer Ilnès dans mes bras », explique Carole.


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