2010.01.17 Les enfants d’Haïti : entre l’angoisse des adoptants et le risque du trafic

source : France Info

Haïti est le premier pays d’adoption en France. Des familles françaises ont créé un collectif pour demander le rapatriement d’urgence des enfants haïtiens sur le point d’être adoptés. Mais Terre des Hommes s’inquiètent de la possible relance du trafic d’enfants.

Plus de 8000 signatures ont été déposées au bas de la pétition “pour le rapatriement des enfants en cours d’adoption en Haïti” en moins de 36h. Grégoire Villedey, un habitant de Foix, est à l’initiative du collectif qui a mis le texte en ligne. Il a lui même entamé en 2003 une procédure d’adoption de deux enfants haïtiens avec sa femme.

La pétition demande “un rapatriement le plus rapide possible de tous ces enfants dans un foyer qui les attend”. Le texte rappelle les “heures d’angoisse” que vivent les familles sans nouvelles des enfants. Le site propose des lettres pré-rédigées à envoyer à la presse, à des proches ou à des élus pour les convaincre de relayer leur demande. Une page Facebook a aussi été créée pour augmenter la visibilité du collectif.

Emilie Baujard a contacté des familles françaises qui souhaitent adopter des enfants haïtiens. (1'08")

Mais les parents n’ont “aucunement l’idée de détourner la loi haïtienne”, assure le texte. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé samedi que la priorité reste “l’urgence des secours” . Il n’envisage pas de rapatrier les mineurs en procédure d’adoption pour le moment. Le Quai d’Orsay précise qu’“un examen attentif de l’ensemble des demandes” aura lieu une fois la situation apaisée.

Attention au trafic d’enfants

Une décision approuvée par la fondation suisse Terre des hommes, aide à l’enfance . Présente sur l’île depuis des années, elle dit le danger des explosions des demandes d’adoption. Sur France Info, son porte parole, Pierre Zwahlen, a attiré l’attention sur le risque de relance du trafic d’enfants. Il précise que “les enfants se développent mieux sur le terreau où ils se trouvent” et appelle les “couples occidentaux” à ne pas les arracher à leur famille.

Aux Pays-Bas, le gouvernement a quant à lui accepté d’accélérer les procédures d’adoption et s’apprête à affréter un avion pour chercher les enfants.

Quentin Dickinson revient sur la décision du gouvernement néerlandais de rapatrier les enfants haïtiens adoptés. (0'47")

Les familles américaines craignent que les dossiers, qu’elles ont souvent mis des années à construire, ne soient définitivement perdus. Près de 900 dossiers seraient en cours en Haïti. La diplomatie américaine a indiqué vendredi qu’elle cherchait des solutions pour accélérer les procédures. Les adoption pourraient être validées pour motifs humanitaires.

Une longue procédure d’adoption

La procédure prend du temps en Haïti : une fois que le gouvernement a donné son feu vert à l’adoption, il faut souvent encore attendre des mois un assentiment définitif. A ce moment seulement les enfants peuvent quitter l’île.

Le Conseil pour les services internationaux à l’enfance a mis en place une base de données pour permettre aux familles de prendre des nouvelles des enfants qu’elles espèrent adopter. Julie Koch, avec agences


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