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2010.01.19 Haïti: controverse entre familles adoptantes et défenseurs des droits des enfants

source : Google News, AFP

PARIS — Une controverse a pris naissance mardi entre des parents adoptants français d'enfants haïtiens demandant l'accélération des procédures d'accueil et des défenseurs des droits des enfants mettant en garde contre des risques d'adoption illégales dictées par l'émotion.

L'association Adoption sans frontières (ASF) a demandé “le rapatriement de l'ensemble des enfants apparentés” (à des familles françaises), quelle que soit l'avancée de leur dossier d'adoption. Un collectif disant représenter une quarantaine d'adoptants a dénoncé “l'intransigeance bureaucratique” de la France.

La pétition d'un autre collectif de parents adoptants, qui réclament le rapatriement en urgence d'enfants, avait recueilli lundi plus de 12.000 signatures. Ce collectif emmené par un habitant de Foix (Ariège) juge “insuffisantes” les mesures des autorités françaises pour accélérer le transfert des enfants haïtiens en voie d'adoption.

L'Elysée avait fait état lundi soir de “dispositions pour faciliter le transfert en France des enfants haïtiens en cours d'adoption”, le Quai d'Orsay précisant de son côté que “les enfants haïtiens pour lesquels un jugement a été rendu pourront faire l'objet de transferts vers la France”.

Selon le collectif ayant lancé la pétition, 123 jugements ont été répertoriés.

Mais Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères a mis en garde mardi: “sous le bon prétexte de sauver des enfants (…) il ne faut pas qu'on soit accusé d'enlèvement”, a-t-il déclaré.

La section française de l'association Défense des enfants international (DEI) a elle aussi réagi en appelant à “la plus grande vigilance vis-à-vis du risque d'adoptions illégales et autres trafics d'enfants”.

“Des appels ou des propositions d?adoption d?enfants qualifiés d?+orphelins+ sont lancés sous le coup de l?émotion, pour arracher ces enfants à l?horreur de la catastrophe”, a expliqué DEI-France, présidée par le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants à Bobigny.

“Or il est à craindre - comme lors du Tsunami de décembre 2004 - que des enfants trouvés seuls dans la rue soient recueillis et sortis de leur pays +en vue d?adoption à l?étranger+, alors que le plus souvent ils sont seulement momentanément séparés de leurs parents ou de la famille élargie”, rappelle DEI. “Toute précipitation pourrait être dommageable en raison de la situation d'extrême confusion due à l'ampleur de la catastrophe”, a également mis en garde mardi la porte-parole de l'Unicef, avant de rappeler que “tous les orphelins ne sont pas adoptables et tous ne sont pas nécessairement abandonnés”.


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