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2010.01.20 Les familles adoptives se pressent au chevet des «orphelins»

source : letemps.ch
Caroline Stevan

Plusieurs Etats ont décidé d’accélérer les procédures d’adoption sous la pression des futurs parents. Mais cette attitude revient à délester les autorités haïtiennes de leur responsabilité et ce n’est pas forcément dans l’intérêt des enfants

D’un côté, des images insoutenables. Gamins errants, petites mains sortant des décombres, bébés au regard vide. De l’autre, des familles désireuses de porter secours, parfois des parents en mal de descendance. Près de 2 millions d’enfants ont été touchés par le séisme qui a ravagé Haïti il y a une semaine. Parmi eux, plusieurs centaines étaient en cours d’adoption de par le monde. Déjà, la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient accélérer les procédures, sous la pression des futurs parents.

Mardi soir, Berne a franchi le pas pour les quelques cas dont l’adoption avait été approuvée avant le tremblement de terre: ceux-là seront amenés en Suisse au plus vite. «Pour les autres, nous sommes en train d’évaluer les procédures existantes afin de décider de l’opportunité des démarches à suivre dans chaque dossier. Au total, la Suisse compte une dizaine de demandes en cours. En outre, il n’est actuellement pas question d’adopter des petits qui seraient devenus orphelins à cause du séisme», indique David Urwyler, chef de l’autorité centrale fédérale. Publicité

Lundi, un avion affrété par La Haye a rallié Port-au-Prince avec l’objectif de ramener 109 bambins sur le sol néerlandais. Neuf n’ont pas encore de famille d’accueil. «Je comprends l’angoisse des parents qui se trouvent dans l’attente de leurs petits, mais cette attitude revient à délester les autorités haïtiennes de leur responsabilité. Ce n’est pas dans l’intérêt des enfants; un tel traumatisme nécessite un travail de réparation sur place, avec d’autres personnes ayant vécu la même chose», dénonce Marlène Hofstetter, responsable du secteur adoption de Terre des hommes, présidente de la Conférence suisse des organismes intermédiaires en adoption et chargée de plusieurs mandats en Haïti pour l’Unicef.

«Démarche complexe»

«Dans ce genre de circonstances, déraciner un enfant est un traumatisme de plus, renchérit Véronique Taveau, porte-parole de l’Unicef. Mieux vaut essayer de le maintenir le plus possible dans sa culture, sa communauté, sa langue.» Après les premiers soins, l’Unicef s’active ainsi à identifier les petits Haïtiens et à retrouver des membres de leur famille, proches ou éloignés. Selon la pédopsychiatre Saskia Von Overbeck Ottino, l’adoption est par ailleurs une démarche complexe – pour les parents et les enfants – qui ne devrait pas être décidée dans l’urgence: «C’est une procédure définitive. Dans la situation actuelle, un accueil temporaire serait peut-être plus adapté.»


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