2010.01.21 Figeac. Haïti : après le séisme, les familles attendent leurs enfants

source : ladepeche.fr

Haïti. Ils étaient à la dernière étape du dossier d'adoption.

L'angoisse est leur quotidien, depuis le séisme du 12 janvier à Haïti. Mais, ces familles d'adoptants figeacois gardent espoir de retrouver leurs enfants. Elles reviennent avec émotion sur cette attente.

« J'ai allumé la radio vers 6 heures, mercredi 13, c'est là que j'ai appris que la terre avait tremblé à Haïti. À ce moment, elle a aussi tremblé sous mes pieds. J'étais là-bas en septembre, je connaissais bien les bâtiments de la crèche et il me semblait impossible que mes enfants soient encore en vie », témoigne cette maman qui préfère garder l'anonymat.

Ses enfants portent son nom de famille, depuis l'attribution et l'acceptation d'adoption par le tribunal. Ils ne leur manquaient qu'un passeport et un visa français pour rejoindre le territoire national. « C'était la dernière ligne droite », dit-elle.

UNE MISÈRE EXTRÊME

Aujourd'hui, elle se raccroche aux documents officiels et aux mails, car il ne reste plus que ça pour prouver la procédure d'adoption en cours. « Haïti n'est comparable à aucun autre pays. La misère est extrême là-bas, mes enfants ont mangé des galettes de boue quand ils n'avaient rien pour se nourrir… »

Des nouvelles lui parviennent, elle sait que les petits vont bien, qu'ils ont été évacués dans un lieu sûr par l'armée américaine. « C'est très dur. Ils ont vécu un premier abandon, leur crèche était leur seul repère et maintenant ils n'ont nulle part où aller », se désespère-t-elle, souhaitant que le gouvernement prenne la pleine mesure du drame et fasse en sorte que les dossiers finalisés soient rapidement traités, pour faire venir les enfants en France.

Comme elle, la famille Issart est dans l'attente, même si au sentiment de désespoir a fait place l'envie d'y croire. « Quand le mardi 12 janvier, vers 23 heures, je suis allée sur internet pour avoir des nouvelles d'Haïti, j'ai découvert la catastrophe. ça a été l'horreur absolue, 60 heures d'angoisse. Vendredi, 15 h 20, on obtenait enfin des nouvelles de Naomi et de la crèche « L'espoir des petits anges d'Haïti », où les quarante enfants étaient sains et saufs », raconte Dominique Issart, mais hélas sans savoir où ils se trouvent précisément aujourd'hui.

Comme toutes les familles d'adoptants, elle s'inquiète : « Ces enfants étaient en carence, pourront-ils supporter ces conditions, et combien de temps encore ? ».

PLUS DE DEUX ANS DE PROCÉDURE

Pour sa famille, la procédure d'adoption avait commencé en septembre 2007. Ce 25 janvier, ils devaient retourner à Haïti, une 5e fois, pour boucler leur dossier et ramener la petite orpheline…

« Maintenant, nous sommes pendus au téléphone, avec le service de l'adoption internationale, le Quai d'Orsay, nos contacts à Haïti. Au sein de l'association de notre crèche, chaque parent a pris une responsabilité et alimente le forum », précise-t-elle. Sur leur site, une pétition compte déjà 34 977 signataires demandant une procédure d'évacuation des enfants en cours d'adoption. « Il faut faire vite. Nous comprenons la nécessité de vérifier les documents de respecter la légalité, mais depuis deux ans, nos dossiers ont été épluchés, validés », précise-t-elle. Tous se raccrochent désormais à cette fameuse liste d'enfants adoptés qui pourraient être évacués prochainement vers la France.

Pétition sur http://rapatriement-haiti.over-blog.com

Monique et Alain Dubois, des grands-parents inquiets

Eux aussi sont Figeacois, même s'ils ne sont que les grands-parents, ils vivent cette épreuve comme un cauchemar. Leur fils, Xavier Dubois et son épouse Sandrine, installés à Clermont-Ferrand, ont appris dimanche, le décès de Cléo, suite à ses blessures. « Nous n'avons pas le temps de pleurer notre fille, son frère jumeau Eliot est toujours là-bas, il faut le sauver », expliquait Sandrine.

Au sein du collectif de la crèche « Cœur de Marie », les parents adoptants se battent pour qu'enfin les secours parviennent jusqu'aux enfants, isolés depuis une semaine.

« Ils dorment dans un terrain vague, pour éviter que les répliques ne fassent s'écrouler sur eux les dernières ruines », précise la famille Dubois. Le jugement d'adoption des deux enfants venait d'être validé et ils devaient récupérer Cléo et Eliot, au printemps 2010.

« La procédure est en cours depuis deux ans. Trouvons un moyen légal pour évacuer ces petits au plus vite. Chaque minute compte ! »

Association « Cléo, petite étoile d'Haïti », domaine de Bellefontaine, 38, allées de l'Estang, 59 250 Halluin, pour soutenir la crèche Cœur de Marie, à Pétionville, Haïti.


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