2010.01.21 Haïti : des orphelins prêts à partir en nombre

source : ouest-france.fr

Des milliers de familles s'impatientent d'accueillir les petits Haïtiens qu'elles veulent adopter.Sur place, les orphelinats n'espèrent rien d'autre : le séisme va, très vite, les remplir à nouveau.

De notre envoyé spécialà Port-au-Prince.

« Une petite colère. » Quand il le faut, Dixie Bickel sait faire preuve de diplomatie. Mais on sent qu'elle en a gros sur le coeur. « Le tremblement de terre va faire des centaines et des centaines d'orphelins. Le Luxembourg, les Pays-Bas, le Canada, les États-Unis… Tous les pays qui viennent adopter des enfants dans nos centres ont décidé d'assouplir les règles afin d'accélérer les procédures. Tous sauf la France. Pourquoi ? Je ne sais pas. »

Cette Américaine d'une quarantaine d'années, originaire de la région de Chicago, dirige un centre d'adoption à Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince. Le « God's litllest angels » (les plus petits anges de Dieu) héberge 147 enfants, dont la plupart ont été abandonnés par leurs parents, incapables de les élever.

Les démarches sont longues

Il est affilié à une église évangéliste qui possède un autre centre en Haïti. Celui de Pétionville se compose d'un petit immeuble de trois niveaux avec une cour cimentée. L'endroit est bien tenu. Et même si les enfants dorment à une douzaine par chambre, ils bénéficient d'un confort que leur envieraient beaucoup d'enfants de la pauvre Haïti.

Ce matin où nous la rencontrons, Dixie Bickel dit adieu à un groupe de 37 petits dont les plus vieux ont à peine 2 ans. Accompagnés de médecins et de nourrices, ils partent pour le Luxembourg et les Pays-Bas où ils vont rejoindre leurs futures familles. Un autre groupe de 80 enfants doit s'envoler incessamment pour les États-Unis.

Seize de ses petits pensionnaires sont attendus en France. Leurs parents adoptants sont déjà venus faire leur connaissance. Mais les démarches sont longues. Beaucoup trop, selon Dixie : « Nous supplions le gouvernement français de faire une exception. Si des enfants arrivent et que je n'ai plus de place, est-ce qu'il faudra que je les fasse dormir par terre ? »

Marc MAHUZIER.


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