2010.01.22 Elle veut adopter Jhanina sauvée des ruines d'Haïti

source : lanouvellerepublique.fr

A Poitiers, Christine veut faire accélérer l'adoption de Jhanina, une fillette haïtienne. Elle l'a crue morte, elle a été sauvée des décombres de son orphelinat.

De notre rédaction de Poitiers

Elle ne quitte pas internet et les infos des yeux. Depuis qu'un tremblement de terre ravageur a secoué Port-au-Prince, Christine Charpentier veut savoir. Où est Jhanina ? Comment va-t-elle ? Cette maman poitevine d'un petit garçon de six ans adopté à Haïti a engagé une procédure pour adopter une petite fille sur place. Une procédure qui vient juste de débuter. Christine voudrait donner un coup d'accélérateur à tout ça, serrer Jhanina tout de suite dans ses bras.

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Car la fillette de trois ans figure parmi ces rares miraculés du séisme. Quand la terre tremble la semaine dernière, l'orphelinat-crèche Notre-Dame-de-la-Nativité s'écroule. Des dizaines d'enfants sont pris au piège. « Plus de la moitié des enfants sont morts. Tout de suite, j'ai tenté d'avoir des contacts, l'association Timalice qui nous aide n'avait pas de nouvelles confirmées », explique Christine. « Et, sur les forums, les parents qui adoptent échangent des informations. Vendredi dernier, j'ai ainsi appris que Jhanina était décédée. Mais, samedi, des parents qui avaient récupéré le numéro du téléphone satellite d'un journaliste de M6 ont su qu'elle avait été sauvée des décombres et filmée. Je n'arrivais pas à y croire. Je n'ai eu la confirmation par l'association que lundi soir. »
Et, mercredi, elle découvre dans l'édition du 19-20 de France 3 des images de Jhanina, guillerette dans une belle robe blanche. La directrice de l'orphelinat raconte le sauvetage, cette petite voix qui disait : « Qui a cassé la maison de Mamy Jean ? » à travers les amas de gravats. Depuis, Christine revit, et se bat. « J'ai commencé à établir une relation avec Jhanina, par des cadeaux, des coups de fils. C'est comme cela qu'on tisse le lien. Mon fils de six ans, adopté là-bas, se souvient de cela. J'aimerais qu'on les fasse venir très vite chez nous. Les autorités sur place sont d'accord. Ces enfants sont de futurs français. Je ne comprends pas cette frilosité des autorités. On peut les aider très facilement ces enfants, en les faisant venir ici. Des pays ont accéléré ces procédures, pas la france. Nous ne sommes pas des parents de seconde classe. La procédure pour adopter Jhanina a été lancée bien avant le séisme, elle existe, elle est légale. On ne profite pas de la situation. Cette situation concerne de nombreux parents. Si les Haïtiens sont d'accord, pourquoi pas nous ? »

Emmanuel Coupaye


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