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2010.01.24 Adoption en Haïti: quand l'attente devient insupportable

source : cyberpresse.ca/le-soleil
Josée Guimond

(Québec) Inquiet et à bout de nerfs, un couple de Deschambault-Grondines, en attente pour l'adoption d'une enfant haïtienne, a décidé de prendre les choses en main. Hier soir, Pascal Croteau et Julie Légaré se trouvaient en République dominicaine, à 40 km de la frontière avec Haïti. Leur mission : aller chercher eux-mêmes, dès ce matin, leur fille Lisa, deux ans et demi, dans un orphelinat de Port-au-Prince.

Pourtant, tout semblait bien se dérouler pour le couple Croteau-Légaré. Vendredi, Le Soleil lui avait parlé, à la suite d'une rencontre, à Montréal, de plusieurs parents adoptants, de la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, et des intervenants du Secrétariat québécois à l'adoption internationale. Mais tout a basculé en fin de soirée.

«Nous avons appris que le gouvernement canadien déciderait seul quels enfants précis seraient amenés au Canada. Ils excluaient, du processus de choix, des organismes qui font affaire depuis des années sur le terrain. C'est inconcevable. On a alors décidé de partir», explique Pascal Croteau. À 2h hier, ils achetaient leurs billets pour la République dominicaine et partaient. Le Soleil les a joints là, hier, par téléphone, croyant les appeler… à Montréal. L'idée était de vérifier si leur petite Lisa serait parmi les premiers orphelins haïtiens devant arriver à Ottawa, ce matin. Elle n'en sera pas.

Pascal Croteau et Julie Légaré étaient plutôt en direction de la frontière haïtienne, accompagnés de la Trifluvienne Ginette Gauvreau, de l'organisme Soleil des Nations, qui parraine depuis des années des adoptions en Haïti.

Gouvernements surpris

Mme Gauvreau est elle-même une survivante du séisme du 12 janvier. Elle était en attente de retourner à Port-au-Prince, pour participer, avec son organisme, aux procédures officielles en cours. À Port-au-Prince, le couple et Ginette Gauvreau retrouveront Gérard Landry, de l'organisme Accueillons un enfant. Sur place, ils espèrent s'occuper des dossiers d'une cinquantaine d'enfants et s'assurer qu'il n'y a aucun cafouillis, que ce soit concernant l'identification exacte des enfants ou leur destination.

Hier, c'est Le Soleil qui a informé les gouvernements québécois et canadien de la démarche du couple. Tant au cabinet de la ministre Lise Thériault qu'au ministère canadien de la Citoyenneté et de l'Immigration, on était fort surpris et on ne savait que dire.

Finalement, hier soir, Pascal Croteau a mentionné qu'après avoir accueilli leur voyage avec un certain malaise, le Secrétariat québécois à l'adoption internationale tenterait de les aider. Du côté canadien, la porte-parole à l'Immigration, Kelli Fraser, ne confirmait rien des dires du couple Croteau-Légaré, mais rappelait aux parents d'être patients, que le gouvernement faisait l'impossible, étant donné le chaos actuel, en Haïti. De plus, Mme Fraser déconseillait fortement à d'autres parents en attente de faire la même chose.

Vers 6h30, aujourd'hui, un premier avion d'Air Canada doit atterrir, à Ottawa, avec à son bord de petits enfants haïtiens, destinés à des parents adoptants canadiens. Selon Kelli Fraser, on saura leur nombre exact quand se fermera la porte de l'avion, au décollage.

Ottawa avait fourni, vendredi, une liste de 154 enfants au gouvernement haïtien, dont le processus d'adoption était en cours. Le Canada a également demandé que soit accéléré le traitement de 86 autres dossiers d'adoption, dont le processus est avancé et qui ont été autorisés par le gouvernement haïtien. Immigration Canada prévoit donc le départ d'autres enfants pour le Canada, au cours des prochains jours.

Ce matin, Pascal Croteau et Julie Légaré espèrent, pour leur part, serrer dans leurs bras la petite Lisa.

Avec La Presse Canadienne


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