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2010.01.29 Haïti : solution en vue pour les familles d'adoption

source : Ouest France
Après le séisme qui a tué près de 170 000 personnes, les enfants haïtiens adoptés arriventau compte-gouttes en France. Des problèmes administratifs restent posés dans la majorité des cas.\\ 

Bouilles à croquer, peluche à la main, enrobés de couvertures de survie dorées, ils débarquent à l'aéroport de Roissy et leurs parents adoptifs les prennent dans leurs bras. 141 enfants d'Haïti ont atterri en France depuis vendredi dernier.

Ceux-là sont des chanceux. Leur jugement d'adoption haïtien, indispensable pour quitter le territoire, avait été prononcé avant le séisme du 12 janvier et il a pu être présenté aux autorités par leur famille française. 309 autres enfants, pas encore rapatriés, sont dans ce cas. Leur retour en France est imminent, avec ou sans visa, par dérogation aux procédures.

Pour « quelques » autres, selon la députée PS du Finistère Patricia Adam, coprésidente du groupe Étude famille et adoption à l'Assemblée, la situation est plus compliquée. Ils avaient obtenu un jugement. Mais ne retrouvent pas les papiers, détruits ou perdus. Pour eux, le Service de l'adoption internationale, en lien avec une « cellule adoption » de sept personnes envoyée à Haïti, « réunit les éléments permettant de s'assurer de l'existence de jugements prononcés avant le séisme », a affirmé, hier, le ministère des Affaires étrangères.

Pas de retours précipités

Reste la situation, plus cruelle, d'environ 500 familles. Elles en étaient au stade de l'apparentement : c'est l'étape, avant le jugement, où un petit est attribué à une famille. Dès lors, sa photo ne quitte généralement plus les futurs parents pour lesquels il a un prénom, un visage. Souvent, ils l'ont rencontré. À Haïti, entre un et trois ans s'écoulent entre l'apparentement et l'arrivée de l'enfant dans sa famille.

Pour ces derniers cas, le ministère des Affaires étrangères reste pour l'instant inflexible : pas question de retours précipités sans un jugement. Surtout, a précisé le ministère, lorsque l'apparentement s'est fait de manière individuelle et non via des associations agréées, les OAA (organismes autorisés pour l'adoption). « Sous le bon prétexte de sauver des enfants, il ne faut pas qu'on soit accusés d'enlèvement », estime Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères.

Le sujet est sensible depuis que des membres de l'association l'Arche de Zoé ont été arrêtés au Tchad: ils s'apprêtaient à embarquer illégalement 103 enfants.

Mais une solution est à l'étude : de source diplomatique, un protocole pour les familles qui n'ont pas le jugement en main pourrait être bientôt rendu public. De quoi répondre aux revendications des parents inquiets et de la députée Patricia Adam, cosignatrice d'une lettre au Premier ministre : « Face à l'urgence humanitaire », elle demande le rapatriement des enfants « dont l'apparentement est reconnu, en lien avec les organismes autorisés pour l'adoption ».

Claire THÉVENOUX.


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