2010.01.30 Fin de l'angoisse pour Élisabeth : sa fille, Laïca, est arrivée d'Haïti

source : lavoixdunord.fr
Elle dort à poings fermés, visiblement épuisée par le périple depuis Haïti. Élisabeth Dehondt, sa mère adoptive, la couve du regard, soulagée, radieuse. Mercredi soir, Laïca a atterri à Roissy. La fin de l'angoisse pour la Coudequerkoise, qui a pu serrer la fillette dans ses bras.

PAR MARIE DELATTRE

dunkerque@lavoixdunord.fr

Elle a passé des heures, suspendue au téléphone. Une semaine d'angoisse, de doutes, de découragement. « Quand j'ai vu que les premiers enfants étaient rapatriés et qu'elle n'était dans aucun avion, je me suis dit qu'elle n'arriverait jamais », reconnaît Élisabeth Dehondt, Coudekerquoise de 33 ans.

Le cauchemar est bel et bien terminé. Mercredi soir, Laïca, la petite Haïtienne qu'elle a adoptée (lire notre édition du 20 janvier), a atterri sur le tarmac de Roissy. « J'ai pu la voir à 3 h, raconte-t-elle. Elle était épuisée, n'avait quasiment pas fermé l'oeil pendant le vol. Je l'ai prise dans mes bras et en quelques instants, elle s'est endormie. » Blottie contre sa mère.

C'est le service de l'adoption internationale qui a prévenu Élisabeth de l'arrivée de Laïca, le mercredi. « Ils m'ont dit que les enfants partaient pour la Guadeloupe. Puis m'ont rappelée pour m'indiquer que l'appareil se poserait à 22 h à Roissy. » La jeune maman sort du travail, fonce à l'aéroport. Quarante enfants descendent de l'avion. « Nous étions quatre familles à avoir adopté à la crèche de Carrefour.

» Elle ne rêve pas, Laïca est enfin là. « Nous sommes rentrés à la maison, elle a dormi tout le trajet.

» Jusqu'à midi, le lendemain. La fillette et Élisabeth se redécouvrent. Apparemment, le duo fonctionne à merveille. « Elle est cool, mais on sent qu'elle a son petit caractère quand même ! », plaisante la jeune femme.

Jeudi, la famille est venue faire connaissance avec celle que tous ont tant attendue. « Elle s'est vite habituée, pourtant, il y avait du monde. » Bon, c'est vrai, le chien a dû s'exiler quelque temps : « Elle en a peur ».

Élisabeth tient à ce que la transition entre Haïti et Coudekerque-Branche s'effectue « en douceur » pour Laïca. « Elle comprend le français, mais nous avons regardé un livre, elle cite tous les noms d'animaux en créole ! » En avril, la petite fille entrera à la crèche. D'ici là, il faudra qu'elle « se remplume ». « Elle a des problèmes de malnutrition. J'avais acheté des vêtements taille 3 ans, mais ma soeur a dû m'apporter du 18 mois. » Des petits tracas à gérer. Mais depuis mercredi soir, un large sourire illumine le visage d'Élisabeth. Sa fille est arrivée. •


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