2010.01.31 Mobilisation pour Charlens Alexandre

source : La Montagne
Élisabeth Négron est dans l'incertitude quant à ses chances d'accueillir un jour le petit Haïtien Charlens Alexandre. Les habitants du Brivadois lui témoignent leur soutien via une pétition.

Isabelle Ayel

Depuis le séisme survenu le 12 janvier, nombreux sont ceux qui se mobilisent pour réclamer le transfert en France des enfants haïtiens en cours d'adoption. Le Brivadois fait lui aussi preuve d'un bel élan de solidarité, par le biais d'une pétition, déposée dans les boutiques de la cité Saint-Julien il y a une dizaine de jours, et destinée au ministère des Affaires étrangères.

Plus de cent personnes ont déjà témoigné leur soutien à Élisabeth Négron, originaire de Paulhac et actuellement domiciliée à Nevers, dont la procédure d'adoption en était encore à ses balbutiements au moment du tremblement de terre.

« J'ai engagé une procédure d'adoption en novembre 2007, explique la jeune femme. Fin octobre 2009, la crèche New Life Link me présentait Charlens Alexandre, un petit garçon âgé aujourd'hui de 21 mois ». Le 24 décembre, un mail informe Élisabeth que son dossier est sur le point d'être transmis à l'IBESR (Institut du bien-être social et de recherches). Elle sait que rien n'est fait et qu'elle va encore devoir s'armer de patience, la procédure en Haïti pouvant être très longue. C'est alors que le tremblement de terre frappe le pays et que le contact est rompu. « Le directeur de la crèche, le docteur Jacob Bernard, a pu nous rassurer, via les ambassades, précise Élisabeth. Tous les enfants étaient en vie et avaient trouvé refuge dans l'église située en face de l'établissement. Puis, le Dr Jacob les a conduits chez lui ». Si Élisabeth Négron a pu avoir des nouvelles de celui qu'elle considère déjà comme son fils, l'inquiétude demeure entière, parce qu'elle ignore si elle pourra un jour serrer l'enfant dans ses bras. « Il y a de fortes chances pour que mon dossier soit sous les décombres, explique-t-elle. Et on n'a aucune nouvelle des avocats qui travaillent avec la crèche. On ne sait même pas s'ils sont vivants ».

Plus préoccupante encore, l'incertitude concernant les conditions de vie de Charlens Alexandre. « Chaque jour, je me demande s'il a de l'eau potable et de la nourriture, confie Élisabeth. Est-il traumatisé ? A-t-il quelqu'un près de lui pour le rassurer ? Même le risque d'épidémie me fait peur ». Des interrogations et des inquiétudes qu'apaise en partie le fait de se sentir soutenue, non seulement par ses proches mais aussi par les habitants du Brivadois. « C'est ma mère qui a lancé cette pétition, explique Élisabeth. Face à de telles situations, les gens se sentent impuissants. C'était sa façon de faire quelque chose pour moi ». Et de conclure : « je suis extrêmement reconnaissante envers toutes ces personnes, dont beaucoup ne me connaissent même pas, et qui se sont mobilisées pour me venir en aide. Je les remercie du fond du coeur ».

Pour l'évacuation des enfants en cours d'adoption en Haïti : http://rapatriement-haiti.over-blog.com/


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