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2010.02.01 Mission accomplie pour Ginette Gauvreau

source : cyberpresse.ca/le-nouvelliste
Mathieu Lamothe
(Trois-Rivières) C'est habitée du sentiment du devoir accompli d'avoir réussi à rapatrier tous les enfants haïtiens dont elle s'occupait que Ginette Gauvreau est revenue au pays en fin de journée samedi.

Rencontrée par Le Nouvelliste hier, la responsable des adoptions pour l'organisme Soleil des nations a confié qu'il n'était pas question qu'elle laisse des enfants derrière elle en Haïti.

ll faut se rappeler que la Trifluvienne a vécu le terrible séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier et qu'elle avait été rapatriée au pays près d'une semaine plus tard.

Malgré tout, elle tenait à retourner dans le pays détruit afin de terminer son travail. Les enfants sont d'ailleurs arrivés au Canada par avion mercredi et samedi.

«Le dernier dossier s'est réglé à 16 h 45 la veille du dernier départ. Il n'était pas question que je reparte sans tous les enfants», a-t-elle mentionné sans hésitation.

Mais la semaine qu'elle a passée en Haïti afin de régler tous les détails afin que les enfants puissent rejoindre leur nouvelle famille n'a pas été de tout repos.

Épaulée par trois autres Québécois qui ont fait le voyage avec elle, elle a travaillé en étroite collaboration avec les gens de l'ambassade canadienne. Elle tient d'ailleurs à souligner la collaboration exemplaire dont ont fait preuve les membres du personnel.

En plus de s'occuper des aspects techniques, elle devait aller chercher les enfants dans les crèches et s'en occuper elle-même jusqu'à leur départ.

Si elle a eu l'aide de ses compagnons de voyage pour les premiers enfants qui ont été rapatriés, elle était toute seule pour ceux qui faisaient partie du deuxième groupe.

«Je changeais des couches, je leur donnais à manger et je les berçais lorsqu'ils pleuraient. J'ai cependant demandé à quelqu'un de l'ambassade de venir m'aider parce que ça n'avait pas d'allure. Il y en avait deux qui étaient malades. J'ai également eu de l'aide d'une employée de la crèche. Disons que je n'ai pas dormi beaucoup», a-t-elle raconté.

Mais même si elle est présentement extrêmement fatiguée et qu'elle a vécu dans des conditions épouvantables pendant plusieurs jours, la dame soutient que la relation qu'elle développe avec les enfants dont elle s'occupe pendant le processus d'adoption ainsi que la reconnaissance des nouveaux parents justifiaient de ne pas attendre que la mission canadienne se mette en branle et de se rendre en Haïti par ses propres moyens.

«En adoption internationale, on ne gagne pas des salaires de millionnaires. Mais il n'y a pas un salaire qui vaut ce que l'on reçoit comme reconnaissance des parents et en amour de la part des enfants. Il y en a une qui me criait Maman Ginette! Maman Ginette! lorsqu'elle montait dans l'avion mercredi. Elle m'a viré complètement à l'envers», a-t-elle ajouté.

Oeuvrant dans le monde de l'adoption internationale depuis plus de 30 ans, Mme Gauvreau avait décidé de prendre sa retraite après avoir complété ces derniers dossiers, et ce, bien avant que le tremblement de terre ne frappe Haïti. Les derniers événements ne l'ont pas fait changer d'idée.

Néanmoins, elle avoue qu'elle ne tirera pas un trait sur Haïti. Elle envisage notamment de s'impliquer dans des projets afin de remettre ce pays sur pied.

«C'est ma vie. J'ai passé la moitié de ma vie en Haïti. C'est cependant mieux pour l'instant que j'y aille moins souvent afin de prendre un peu de recul de tout ça. J'avais le coeur à l'envers lorsque je me promenais dans les rues et que je voyais toutes les choses détruites. Nous avions notamment construit un orphelinat Soleil des nations et il est fini. Il n'existe plus. J'y laisse présentement des gens que j'aime beaucoup et avec qui j'ai passé beaucoup de beaux moments. Je vais y retourner, mais pas tout de suite», a-t-elle laissé tomber.


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