2010.02.01 Haïti : les adoptants crient leur désarroi

source : ouest-france.fr
Hier, ils ont distribué des tracts. « Incompris » de l'État français, ils demandent l'évacuation des enfants en cours d'adoption.

Sur son tee-shirt blanc, une photo, celle d'un enfant noir toujours Haïtien, et quelques mots : « Je suis le papa de Simon depuis plus de deux ans. » Papa, alors qu'il nous dit ne pas avoir le jugement pour l'adoption ? « Oui, répond, sans hésiter, Raphaël, 37 ans. Et c'est bien pour ça que nous réclamons l'évacuation de Simon et des autres enfants. »

Cet homme et sa femme Stéphanie ajoutent : « Oui, deux ans qu'on a obtenu l'apparentement, que la directrice de cette crèche d'Haïti nous a attribué Simon. Deux ans qu'on lui envoie des cartes, des petits cadeaux, des films. Il a nos photos, il sait où il va arriver. Il y a déjà une histoire entre nous. »

Des larmes sur leur visage et ils reprennent : « Simon, comme les autres enfants de la crèche, est malade. Couche dehors, dans la cour de l'établissement. La directrice a dû payer quelqu'un avec un fusil pour veiller sur la crèche car, vous savez, tous ces lieux qui reçoivent des aides alimentaires sont volés. Et, malgré tout, le ministère des Affaires étrangères reste sourd à tout ça : « On agit ainsi dans l'intérêt supérieur de l'enfant », nous répond-on. En fait, je crois qu'on paie l'histoire de l'Arche de Zoé (cette association qui, en 2007, avait recueilli des enfants tchadiens pour les envoyer sans autorisation en France). Or, dans notre cas, tout est légal. »

En ce dimanche matin, ils sont venus avec d'autres couples pour distribuer, ici sur le marché de Talensac à Nantes, des tracts intitulés « SOS Haïti enfants adoptés ». « On nous traite d'égoïstes. Mais non, vraiment pas. On veut aussi aider à la reconstruction de la crèche pour les autres enfants. On a d'ailleurs créé l'association « Cléo, petite étoile d'Haïti ». Cléo, le prénom de cette petite fille décédée dans la crèche de Simon. »

Jean-François MARTIN.


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