2010.02.03 Adoption en Haïti / « La pire crèche du secteur »

source : L'Union
LAON (Aisne). Philippe Malpezzi a retrouvé les enfants des cinq familles du Laonnois dans une crèche en piteux état. Heureusement, l'ambassade est au courant.

IL en est revenu marqué. De son séjour express à Haïti, Philippe Malpezzi a ramené plusieurs nouvelles. La première, est que les enfants en voie d'adoption des 5 familles du Laonnois sont en vie. La deuxième, que la crèche dans laquelle ils vivent, est « sans doute la pire du secteur. Pendant tout le séjour, je n'ai jamais vu la directrice. Nous n'avons pu l'avoir que par téléphone. Il y a très peu de nourriture, une hygiène sommaire. Par contre, il y a trois personnes, deux jeunes femmes et un homme qui s'en occupe. Ou du moins qui les surveillent parce qu'ils n'ont pas vraiment de compétences pour la garde des enfants ». Dans la réserve de nourriture, que deux grands sacs de riz…
Le séjour de Philippe Malpezzi a toutefois été instructif, « car j'ai eu un choc, même si j'ai déjà beaucoup voyagé dans de nombreux coins de la planète, devant la situation de l'île ». Mais pour le sort et l'avenir des enfants, les nouvelles semblent aller dans le bon sens. Explications : « J'ai eu la chance de faire plusieurs rencontres qui doivent aller dans le bon sens pour l'avancée des dossiers d'adoption, relate-t-il, notamment les équipes du consul de France. L'ambassade a été réquisitionnée pour s'occuper principalement des dossiers d'adoption. Lorsque j'ai rencontré le consul et ses équipes, auteur d'un travail efficace et plein d'humanité, il y avait aussi le ministre haïtien de la jeunesse qui discutait avec le consul. Il venait de signer des documents qui permettent le départ des enfants comme ceux qui concernent les

familles du Laonnois. Enfin, d'au moins un, le cas où la famille qui adopte a déjà des enfants. » Pour ces derniers, la signature du président haïtien - ou son représentant - est nécessaire. Pour les enfants laonnois, il ne reste qu'un obstacle : la signature du juge sur la procédure d'adoption. « Avec l'avocate des familles, nous avons retrouvé les dossiers, mais d'après ces dires, le juge qui devait signer ferait parti des victimes. Nous sommes donc en attente d'un nouveau juge. Mais une fois que la signature sera apposée, le départ se fera presque dans la foulée. »

Un tel degré d'inorganisation
Toutefois, le séjour sur place de Philippe, magnifiquement aidé par une de ses amies, (Vanessa, qui travaille à l'ONU), a permis de mettre le sort de la crèche en avant : « J'ai passé deux jours avec les organisations qui aident, que ce soit les pompiers et les autres humanitaires. Et il y a notamment des médecins et pompiers qui sont allés voir les enfants de la crèche. Il y a donc un suivi qui va se faire. Car le quartier où la trentaine d'enfants a déménagé, carrefour, est assez loin du centre-ville de Port-au-Prince. » De son séjour, outre l'espoir d'avoir rassuré ses amis laonnois, Philippe gardera un souvenir puissant : « Je n'ai jamais vu cela, un tel degré d'inorganisation, d'absence de règle. Émotionnellement, c'est très fort. C'est pour cela que j'avais déconseillé aux parents d'y aller. »
Stéphane MASSÉ


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