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2010.02.09 « Notre petit Baptiste vient d'arriver d'Haïti » - Avranches

source : ouest-france.fr
Baptiste est né le 12 novembre 2008 à Haïti. Et il est arrivé à Avranches le 2 février 2010, 22 jours après le séisme. Sandrine, sa maman, raconte.

Baptiste n'est avec nous que depuis quelques jours. Et c'est comme s'il avait toujours été là. On l'a récupéré mardi 2 février. L'avion a atterri à Orly à 11 h. On était là mais on a dû attendre. Une longue attente.Car tous les enfants d'Haïti ont d'abord été pris en charge par des médecins et des infirmières du Samu. Certains ont été hospitalisés.

Les familles étaient dans une autre salle. Une dame de Fort-de-France, qui avait fait le voyage avec Baptiste, est venue nous dire qu'il était en pleine forme, très tonique, qu'il souriait et gazouillait beaucoup. On a aussi rencontré un homme de la Croix-Rouge. À nos yeux, un vrai Père Noël : des cheveux blancs, une moustache et très gentil. Il a confirmé les propos de la première dame. Des infirmières du Samu nous ont, elles aussi, rassurés. Baptiste, ont-elles dit, est coquin, très câlin et il sourit tout le temps.

À 15 h, enfin, on a eu Baptiste dans nos bras. Mais le petit bonhomme dormait. On est repartis pour Avranches immédiatement. Dans la voiture, Baptiste et moi, on était à l'arrière. Il a ouvert les yeux et très vite, il a accepté puis demandé que je le touche. À Avranches, nos familles et nos voisins avaient mis des ballons à l'extérieur et à l'intérieur de la maison. Une grande pancarte souhaitait la bienvenue à Baptiste. Il y avait aussi une poussette et un nounours. Baptiste a dormi jusqu'à 11 h 30 le dimanche. Moi, dans la nuit, je suis allée le voir et le revoir.

Depuis, il vit avec nous, il mange bien, fait ses nuits de douze heures. On lui a acheté ses premières chaussures jeudi. On sort un peu en ville, histoire de l'habituer à la poussette et au manteau d'hiver, qu'il n'aime pas du tout. En même temps, on achève les travaux à la maison. L'arrivée de Baptiste a été précipitée. Les chambres à l'étage seront prêtes cette semaine. On y dormira tous les trois.

Le tremblement de terre à Haïti a eu lieu mardi 12 janvier. On ne l'a appris que le mercredi. Baptiste était dans un orphelinat à Petionville, dans la banlieue de Port-au-Prince. Pendant une semaine, on est restés sans nouvelles. On cherchait des infos sur Internet. Puis on a su que l'orphelinat n'avait pas été touché et que la responsable du foyer se démenait pour que les enfants, dont le dossier d'adoption était complet, quittent Haïti au plus vite. De Baptiste, nous n'avions vu qu'une seule photo. C'était lui à 2 mois quand il est arrivé à l'orphelinat. Aujourd'hui, il a 14 mois. Il est avec nous, plus tôt que prévu. On ne l'attendait que dans un an.

Le parcours pour l'adoption a été long, parfois pénible et douloureux. Aujourd'hui, nous n'avons qu'un seul regret : ne pas avoir adopté plus tôt. Tout le monde nous y encourageait. À toutes les personnes qui nous ont accompagnés, à tous ceux qui nous ont apporté un soutien très fort par les paroles, les gestes, les prières, les dons pour Haïti, à la Croix-Rouge et aux personnes qui se sont mobilisées pour le rapatriement de tous les enfants. À nos familles, amis, collègues, employeurs, voisins, clients ou patients : un grand merci du fond du coeur. Aujourd'hui, ce n'est que du bonheur.

Recueilli par Mauricette GUITTARD.


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