2010.02.13 Ales. Adoption : Pierre a découvert hier sa maison de Bessèges

source : Midi Libre

« Ca doit lui faire drôle », souffle Nathan, bien placé pour comprendre. Le garçonnet de sept ans, voit pour la toute première fois “petit Pierre”, son cousin d'origine haïtienne, à peine moins âgé que lui, qui à cinq ans et demi a débarqué depuis moins d'une heure, hier après-midi, avec ses parents Catherine et Jean-Pierre Portalès, dans leur maison de Bessèges.
Ceux-ci (employés à la maison de retraite) ont entamé une procédure en juin 2006, pour adopter en Haïti, « seul pays à considérer qu'à 47 ans, on n'est pas trop vieux pour recueillir un jeune enfant », affirme Catherine. Elle et son mari, en décembre 2007, apprennent sur photo qu'un petit Haïtien leur a été attribué. En décembre dernier, le couple fait le voyage à Port-au-Prince pour faire sa connaissance à l'orphelinat “Misionnary of charity”, et signer les derniers papiers.

Après le séisme, ils ont tout juste réussi à savoir que leur fils était sain et sauf. Se raccrochant depuis à des nouvelles délivrées au compte-goutte, ils attendaient fébrilement que la situation se débloque, jusqu'à mardi soir où un coup de fil d'un membre de l'association référente, basée à Lille, “Enfants du monde”, leur indique que Pierre atterrira jeudi matin à Paris. « La cellule du Quai d'Orsay, elle, nous a prévenus alors que nous étions déjà dans le TGV pour Paris ». Seule anicroche à la procédure d'accueil irréprochable vécue cette semaine par une seconde famille cévenole, (lire-ci contre et ci-dessous) : seuls les enfants pour lesquels un jugement a été rendu par les autorités haïtiennes sont actuellement évacués en urgence vers la France. « Sans ça mon fils ne rentrait pas en France », souligne Catherine reconnaissant la légitimité des précautions cherchant l'équilibre entre des familles adoptantes qui réclament le rapatriement des enfants au nom de l'urgence sanitaire, et de l'autre des associations qui craignent des adoptions abusives. Petit Pierre en bonne santé, muni d'un sauf conduit de six mois, « il ne sera Français et officiellement notre enfant qu'à l'issue de quatre mois, le délai légal », est loin de tout ça. Aujourd'hui avec ceux qu'il appelle papa et maman, il vivra dans son nouveau foyer un premier matin gonflé de tous les espoirs.

René DIEZ


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