2010.02.13 Retour sur deux histoires singulières

source : lavoixdunord.fr
Quand la terre d'Haïti a tremblé, Nathalie Behal était sur place, avec ses deux enfants adoptifs, Ronald, quatre ans, et Merline, deux ans. …

Blottis dans une voiture « qui sautait dans tous les sens », ils ont vu s'effondrer les bâtiments de Port-au-Prince, avant d'entamer une longue marche, au milieu des corps et des décombres, pour s'abriter dans une maison sur les hauteurs.

Six jours et beaucoup d'angoisse plus tard, ils ont retrouvé Philippe Decorps, le conjoint de Nathalie, à l'aéroport d'Orly. Cet enseignant avait lui aussi passé une semaine d'enfer, entre coups de fils ou mails plus ou moins rassurants et images télé déchirantes.

Aujourd'hui, la famille se remet doucement de l'épreuve, dans sa maison de Faumont, près de Douai. Les parents organisent régulièrement des collectes pour Haïti. Quant aux enfants, « ils vont très bien », selon leur père. Ils ont visité leur future école juste avant les vacances.

Tous deux ont hâte d'y faire leur rentrée. Depuis qu'ils vivent en France, leurs parents leur ont donné un nouveau prénom : ils s'appellent maintenant Tom et Louna.

Claire et Denis Verkindt, habitants d'Halluin, près de Tourcoing, n'ont eux pas la chance de vivre avec leur enfant. Sarah, la fillette de deux ans qu'ils devaient adopter, est morte sous les décombres de la crèche Notre-Dame de la Nativité, détruite par le séisme. Ils avaient passé trois jours sur place avec elle en décembre.

Pour faire le deuil de celle qu'ils appellent « notre fille », le couple s'investit depuis dans des actions humanitaires en faveur de cette crèche. « On se remet grâce à ça », indique Claire Verkindt. Quant à relancer un processus d'adoption, elle y pense. Ce sera à nouveau avec Haïti. « Maintenant qu'on connaît, notre coeur est là-bas, Mais ça ne sera pas pour demain », précise-t-elle.

Un autre couple d'adoptants de la région, qui a vécu le même drame, a choisi de garder l'anonymat.


Outils personnels