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2010.02.13 Sur place, « c'est du système D »

source : lavoixdunord.fr

Elle a téléphoné à vingt et une directrices de crèches haïtiennes le week-end dernier et enregistré les entretiens … Emmanuelle Guerry, porte-parole du collectif SOS Haïti enfants adoptés, dresse un constat inquiétant : « Les enfants sont en danger. » …

- Quelle est la situation dans les crèches haïtiennes ?

« À part pour quatre ou cinq d'entre elles, la situation est inquiétante. Les enfants dorment dehors, certains près de lieux où l'eau est insalubre. Et quand des crèches sont ravitaillées en nourriture, les gens qui habitent à côté sont demandeurs aussi. Ça génère des frictions. »

- Que fait l'État français ?

« Le ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué fin janvier qui disait que les crèches étaient visitées à raison de dix par jour. On devrait déjà avoir eu plusieurs visites dans chaque crèche. Je constate que ce n'est pas fait. On nous ment. L'État indique également “des livraisons de rations alimentaires correspondant à deux semaines de stock…” »

- Les directrices reçoivent-elles cette aide alimentaire ?

« Non, à quelques exceptions près. Pour la plupart, elles font elles-mêmes les courses. S'il y a visite de l'ambassade de France, c'est très peu suivi de dons d'eau et de nourriture. Ces gens arrivent à survivre grâce à des aides d'amis ou à des dons de familles françaises qui commencent à arriver.

C'est du système D. C'est scandaleux. »

- Les plus petits ont-ils du lait ?

« Quasiment à chaque fois que j'ai posé la question, on m'a répondu qu'on n'en trouvait pas. Une directrice témoigne qu'elle envoie quelqu'un traverser la frontière pour acheter du lait à Saint-Domingue. »

- Certains enfants attendus en France arrivent, d'autres pas. Pourquoi ?

« Ceux qui sont évacués en priorité sont des enfants qui ont leur jugement d'adoption. Mais l'urgence sanitaire ne permet pas de reprendre la procédure comme avant le séisme. »

- Quelle solution alors ?

« Nous demandons à l'État français de trouver un accord cadre avec l'État haïtien qui permette d'évacuer tous les enfants apparentés. Et de finir par exemple la procédure d'adoption en France. Ça concerne 914 famillespour1 000 à 1 200 enfants. Ceux qui avaient un visa ou un jugement sont rentrés. On doit en être à 326 enfants. Il en reste au moins 700 sur place. »


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