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2010.02.17 Une Lavalloise adopte six enfants haïtiens

source : Cyberpresse

Catherine Handfield
La Presse

Marie-Géralda Lafleur patientait hier après-midi dans le hall de l'hôtel Wyndham, à l'aéroport de Montréal. Son sourire crispé trahissait légèrement sa nervosité.

Tout comme les autres parents autour d'elle, Mme Lafleur, Lavalloise de 41 ans, attendait l'arrivée de 19 enfants haïtiens, les derniers qui pourront être adoptés par des Québécois jusqu'à nouvel ordre.

À elle seule, elle venait chercher six des dix-neufs enfants, six frères et soeurs qu'elle a accepté de prendre sous son aile. Le plus jeune a 21 mois, et le plus vieux, 9 ans.

Marie-Géralda Lafleur est déjà la mère adoptive de huit enfants. La famille, qui en compte maintenant 14, habite dans une grande maison à Laval. «J'ai la chance de travailler, a-t-elle dit. Si mon argent peut aider les gens qui sont dans le besoin, je dois le faire.»

Mme Lafleur avait prévu accueillir les enfants bien avant le séisme du 12 janvier. Sa demande d'adoption avait été approuvée par le gouvernement haïtien au mois de novembre.

Elle n'a pas de lien de parenté avec les six enfants, qui sont issus d'une famille de douze. Les parents biologiques et les six aînés vivent aux Cayes, dans le sud d'Haïti.

«C'est une famille que j'aide financièrement depuis longtemps. La mère est malade et ne pouvait plus s'occuper des enfants. La plupart ne vivaient déjà plus avec elle», a expliqué Mme Lafleur, d'origine haïtienne elle aussi.

Marie-Géralda Lafleur, qui est célibataire, a pris un an de congé à son travail pour prendre soin des nouveaux venus. Elle assure avoir le soutien de ses proches et de l'église.

Adopter six enfants peut sembler surprenant. Hier, une représentante du Secrétariat à l'adoption internationale a toutefois assuré que les critères d'adoption demeurent très stricts et que chaque dossier est évalué par les autorités québécoises et haïtiennes.

Les 19 enfants arrivés hier n'ont pas été adoptés par l'entremise d'une agence. Il s'agissait essentiellement d'adoption intrafamiliale et d'adoption d'enfants dont la vie et la sécurité étaient en danger.

«L'attente était insoutenable pour ces familles et nous en étions conscients», a dit hier la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, qui était venue accueillir les enfants.


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