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2010.02.18 Adoptions : Faut-il ou non accélérer les procédures ?

source : francesoir.fr
Actuellement, un vif débat oppose en France associations de parents souhaitant une accélération des processus d’adoption des orphelins haïtiens, et spécialistes de l’enfance prônant une très grande prudence pour éviter traumatismes et échecs. Passé le premier choc des images du séisme, des familles françaises qui avaient déjà entamé des démarches en Haïti ont multiplié les appels pour que les procédures d’adoption soient accélérées, au nom de l’« urgence humanitaire ». L’association Adoption sans frontières demande le rapatriement dans les plus brefs délais de tous les enfants « apparentés » à des familles françaises, « quelle que soit l’avancée de leur dossier d’adoption ».

L’Unicef et la section française de l’association Défense des enfants International ont réagi en mettant en garde contre « toute précipitation », tout comme le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, soucieux d’échapper aux accusations « d’enlèvement », « sous le bon prétexte de sauver des enfants ». Pour Pierre Lévy-Soussan, psychiatre et psychanalyste spécialiste de l’adoption, qui a assisté le 11 février à l’arrivée d’un groupe d’orphelins à Orly, « on aurait dû au contraire ralentir à l’extrême les procédures d’adoption au lieu de les accélérer ». « Il ne faut pas mélanger l’adoptif et l’humanitaire, qui sont deux choses non superposables », dit-il. Les adoptions d’urgence « compromettent le processus adoptif, mais aussi l’avenir psychologique des enfants, et, au pire, peuvent conduire à une maltraitance physique et psychique de l’enfant », estime-t-il. De son côté, l’association SOS Enfants adoptés, en pointe du combat pour l’accélération des arrivées, cite d’autres spécialistes comme Brigitte Allain-Dupré, psychanalyste pour enfants, pour qui « le potentiel d’attachement dont dispose le bébé n’est pas illimité ».


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