2010.02.20 La longue attente de Florence Wattiaux

source : http://www.sudouest.com/charente-maritime/actualite/saintonge/article/872097/mil/5733974.html

Florence Wattiaux est secrétaire à Saintes et domiciliée à Varzay. En procédure d'adoption depuis maintenant quatre ans en Haïti, cette célibataire de 43 ans souhaiterait obtenir des explications du gouvernement français face au gel actuel de 116 dossiers, dont le sien.

« À ce jour, 371 enfants sont arrivés de Port-au-Prince par avion ; le dernier a atterri le 11 février ». Impatiente, la secrétaire s'était dit : « Ça va être notre tour ! » Depuis, plus de nouvelles.

Florence a rencontré l'enfant qu'elle a adopté au mois de septembre dernier, lors du voyage en Haïti au cours duquel elle signa un consentement d'adoption en bonne et due forme. Le petit Wanderby, 4 ans, devait arriver cette semaine chez elle. « Nos 116 dossiers sont en règle depuis dix jours, le consulat de France les a validés comme le gouvernement haïtien. »

Aujourd'hui, cette future maman adoptive ressent beaucoup d'incompréhension : « Ce que nous vivons depuis un mois et demi et vraiment difficile ; nous sommes impuissants ! Je ne peux pas aller soigner mon enfant ; nous dépendons du gouvernement. »

Un projet aberrant

Suite aux mises en garde de psychologues quant à l'impact du voyage sur les petits Haïtiens, le gouvernement français ne parle plus de rapatriement direct mais il envisagerait de créer une structure en Guadeloupe.

Suivi par Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille et de la Solidarité, ce projet consisterait à placer les enfants attendus en métropole dans un centre de transit où leurs parents adoptifs pourraient venir les voir.

Cette nouvelle mesure révolte Florence Wattiaux mais moins que la présence de psychologues censés accompagner les familles adoptantes. À bout de nerfs, elle s'insurge : « Chaque parent a déjà rencontré des psychologues dans sa démarche d'adoption ; pour qui nous prend t-on ? Ce projet me paraît aberrant. Après le séisme qui les a frappés, les Haïtiens n'ont pas de moyens. Les crèches, qui accueillent nos enfants, ne sont pas approvisionnées tous les jours. Pourquoi ne nous laisse-t-on pas récupérer ces enfants ?

Agir pour l'enfant, organisme autorisé pour l'adoption situé près de Tours, soutient Florence et d'autres parents. L'épouse de Guy Brault, président de cet organisme, se trouve, à l'heure actuelle, à Haïti ; elle visite les crèches et prépare au mieux les enfants à leur futur départ. Solidaires, les adoptants français se soutiennent. « Cette histoire crée des liens ; nous partageons les mêmes craintes », conclut Florence.
Auteur : Bintily Diallo


Outils personnels