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2010.02.23 Un mois après le séisme en Haïti, les parents adoptants toujours dans l’inquiétude

Source: http://www.gazette-ariegeoise.fr/2484_Un-mois-apres-le-seime-en-Haiti-les-parents-adoptants-toujours-dans-l-inquietude.html

Dans la foulée du séisme qui frappait Haïti, le couple Villedey, résidant à Foix et d’autres parents adoptants, alertaient l’opinion et les autorités françaises sur le sort des enfants en cours d’adoption par des familles françaises. Or ce n’est pas parce que l’émotion est passée que l’urgence n’est plus de mise. Les orphelinats se sont effondrés, les enfants vivent dans des conditions précaires, et la France n’en n’a rapatrié que quelques centaines…

Voilà trois ans, trois longues années que Marguerite et Grégoire ont adopté deux jeunes haïtiens. Avec le séisme du 12 janvier dernier l’inquiétude du couple qui réside à Foix n’a fait que s’accroître, d’où la mise en place d’un collectif et tous les espoirs qui vont avec…. Lorsque Grégoire monte au créneau, ce n’est pas simplement en pensant à ses deux enfants, loin, là-bas en Haïti. “Il n’est pas question de nous mettre en valeur, insiste-t-il. Nous sommes, mon épouse et moi-même au centre d’un dispositif national qui regroupe 900 familles qui ont fait un long parcours d’adoption, qui ont été apparentés à des enfants haïtiens reconnus adoptables.” Pour Grégoire et Marguerite Villedey, la colère est aujourd’hui double. D’une part, voilà trois ans qu’ils ont adopté deux enfants haïtiens, et qu’ils attendent depuis autant de temps leur arrivée. C’est, en Haïti, le délai généralement appliqué : “Dans la plupart des pays, explique Marguerite, ce délai est de 2 à 6 mois. Aussi, des associations de parents se mobilisent afin que soit négociée une fin de procédure accélérée entre les autorités haïtiennes et françaises…”

Plus de moyens

Pour toutes ces familles, le séisme du 12 janvier va jeter un second voile d’inquiétude pour ne pas dire plus : “Bien sûr, nous avons tout imaginé, on craignait qu’ils soient blessés ou pire encore poursuit Grégoire. C’est de les imaginer sans abri, à attendre, exposés aux risques sanitaires, aux traumatismes, que nous nous sommes organisés en collectif. Ce collectif demande au gouvernement de mettre plus de moyens pour rapatrier tous les enfants.” A l’heure où Grégoire nous accordait cet entretien, 370 enfants sur 1.200 étaient arrivés en France. Pour tenter de sensibiliser les autorités, le collectif a même organisé à Paris une chaîne humaine entre le Ministère des Affaires Etrangères et celui de la Famille. Tout un symbole. Aujourd’hui, tout ce que Marguerite et Grégoire savent, c’est que leurs deux enfants sont sains et saufs, mais “qu’ils sont dans une situation extrêmement précaire. Ils ont vu s’effondrer leur orphelinat. Ils étaient déjà dans un état sanitaire préoccupant, mais ils sont maintenant sans eau, sans nourriture, sans possibilité d’hygiène, sans moyen de contacter les secours ou les médecins, regroupés en surnombre dans les orphelinats encore debout explique Marguerite. On attend… ça ne bouge pas du côté du Ministère. Haïti a demandé à ce qu’on procède à l’évacuation des enfants en cours d’adoption. Tous les pays l’ont fait sauf la France. Nous n’avons pas d’infos fiables de la part du ministère. Nous sommes vraiment embêtés. On nous raconte tout et n’importe quoi. Souvent il ne s’agit que d’un effet d’annonce.” Si l’aîné des deux enfants, 6 ans, est en bonne santé, en revanche son frère âgé de 4 ans serait “affaibli”. Grégoire n’en dira pas plus. “Nous ne tenons pas à ce que les enfants soient exposés dans les médias pour être plus tard considérés comme des enfants du séisme d’Haïti…” explique-t-il.

“Nous ne sommes pas des écervelés…”

Grégoire considère de manière plus générale que le grand public méconnaît la réalité de l’adoption et que souvent ce genre de situation renvoie chacun d’entre nous à sa propre histoire. “Il y a une nécessité d’expliquer, poursuit-il. Nous ne sommes pas des écervelés. Beaucoup de gens ne comprennent pas ; l’adoption correspond pourtant à un désir profond d’enfants au même titre qu’un enfant biologique. Nous y pensions depuis 1995. La preuve, c’est qu’avec mon épouse, nous nous inquiétons aujourd’hui pour nos enfants, là-bas, en Haïti.”

Cet article a été publié dans la version papier du 19 février sous la signature de Didier Laguerre


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