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2010.03.15 Haïti, les adoptés sont en situation de détresse psychologique

Source : http://www.francesoir.fr/societe/2010/03/15/haiti-enfants-detresse.html

Médecin à la consultation d’orientation et de conseils en adoption de Versailles (Yvelines), le Dr Pierre Foucaud précise pour France-Soir les particularités haïtiennes.

FRANCE-SOIR. Les enfants haïtiens adoptés par des familles françaises sont-ils réellement en situation de grande détresse psychologique ?
PIERRE FOUCAUD. Oui. Les situations sont en effet vraiment préoccupantes. Comme souvent lorsque des enfants arrivent de leur pays d’origine, ils sont en état de sidération. Il leur faut toujours un peu de temps pour comprendre qu’ils sont face à des personnes bienveillantes. Mais ceux venant d’Haïti sont particulièrement choqués par ce qu’ils ont vécu et, pour nous, c’est globalement plus difficile qu’à l’accoutumée.

Comment ce choc se traduit-il ?
Il n’est pas forcément visible les tout premiers jours. Mais très vite surviennent des terreurs nocturnes et des troubles du comportement qui les placent en situation de stress post-traumatique. C’est particulièrement vrai dans le cas des enfants qui ont vécu le séisme et/ou des anxiétés collectives au moment des premières répliques. Ces mouvements de panique ont été vécus comme des situations encore plus traumatisantes que le séisme lui-même.

Pourtant, certains enfants, notamment ceux que France-Soir a suivis, semblent aller bien…
Il y en a qui vont bien, oui. Ce sont ceux qui ont échappé au chaos global et qui vivaient dans des zones peu ou pas impactées. Mais les autres – la concordance des témoignages recueillis par les Coca de France le prouve –, relèvent du tableau que je viens de vous décrire. Sans parler du fait que tous les enfants sont atteints de parasitoses cutanées diverses – gale, teigne, etc. – et digestives.

Que pensez-vous de la mise en place d’un « sas de décompression » en Guadeloupe ?
J’entends que ce dispositif fasse débat, mais il émane de personnes qui ne connaissent pas les problèmes soulevés par l’adoption, et notamment, aujourd’hui, d’enfants haïtiens après le séisme. Il s’agit d’un lieu d’accueil parents-enfants afin de favoriser des interactions positives. En Haïti, le chaos est tel qu’une petite escale dans un climat linguistique favorable, où le créole est parlé, peut permettre aux parents d’interpréter les comportements mystérieux de certains de ces enfants.


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