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2010.03.25 Déclaration de Bernard VALERO, Porte-parole du MAEE (25.03.2010)

source : diplomatie.gouv.fr

Nous sommes conscients de l’impatience des familles adoptantes en attente de l’arrivée d’un enfant en provenance d’Haïti. L’adoption internationale est en soi un processus long auquel s’ajoute, dans le cas présent d’Haïti, l’angoisse résultant du terrible séisme du 12 janvier et de ses conséquences.
Dans les tout premiers jours qui ont suivi le séisme, la France a affecté 2 millions d’euros au Programme alimentaire mondial pour venir en aide aux populations sinistrées et en particulier à tous les enfants haïtiens.
Nous nous sommes également attachés à hâter, dans le respect des règles de droit, l’arrivée en France des enfants disposant d’un jugement d’adoption. Après l’arrivée des 372 premiers enfants dans les semaines ayant suivi le séisme, les autres enfants sont actuellement transférés, par groupes d’une vingtaine par semaine, vers la Guadeloupe ou directement vers la France métropolitaine si tel est le souhait des familles. Ce processus sera achevé dans les toutes prochaines semaines.
S’agissant des enfants pour lesquels un jugement d’adoption n’a pas encore été rendu, nous sommes profondément convaincus que notre action doit être fondée sur le principe de sécurité juridique, dans l’intérêt même des enfants et de leurs parents. Ce principe, ainsi que les règles de droit international applicables en matière d’adoption, nous empêchent d’envisager l’arrivée en France d’enfants pour lesquels un jugement d’adoption n’aurait pas été prononcé par la justice haïtienne. Ce serait prendre le risque intolérable d’exposer l’enfant à une situation d’insécurité juridique préjudiciable à son intégration durable dans son nouvel environnement. En outre, les autorités haïtiennes, pour leur part, ont exprimé clairement leur refus de voir des enfants dépourvus de jugement d’adoption quitter leur territoire. Il s’agit là d’une décision souveraine d’un Etat étranger que nous devons respecter.
Pour autant, cela ne signifie pas que les procédures d’adoption en cours soient suspendues sine die. Les autorités haïtiennes nous ont en effet fait savoir qu’elles souhaitaient remettre en état de marche leur appareil judiciaire dans les plus brefs délais. Elles ont déjà repris le traitement des dossiers en cours. Dans ce contexte, nous sommes pleinement mobilisés et en contact constant avec les magistrats haïtiens. La France a mis en place des crédits de coopération exceptionnels destinés à aider à la remise en service du tribunal de première instance de Port-au-Prince qui traite environ 90% des dossiers de demandes d’adoption internationale en Haïti. Nous avons par ailleurs fait savoir aux autorités haïtiennes compétentes que nous souhaitions que les procédures d’adoption en cours puissent progresser, dans l’intérêt supérieur des enfants.
S’agissant de la situation sur place, la récente mission d’experts qui s’est rendue en Haïti, à l’initiative de Bernard Kouchner, a constaté que les crèches disposaient de stocks d’eau et de nourriture. Le ministre a d’ailleurs reçu ce matin cette mission d’experts qui lui a présenté ses principales conclusions.
Compte tenu de l’état du système sanitaire haïtien, qui est celui d’un pays en développement dont le taux de mortalité infantile est dramatiquement élevé, l’aide à l’enfance et la lutte contre la mortalité infantile sont au centre des actions que nous avons entreprises bien avant le séisme dans les domaines sanitaire et médical.
Notre objectif est en particulier de permettre l’accès de la population haïtienne aux soins, en contribuant à rebâtir des infrastructures sanitaires et une offre sanitaire de qualité pour tous les Haïtiens et en veillant à favoriser l’accès aux soins des populations les plus fragiles, notamment les enfants. De manière très concrète, la France propose la reconstruction de l’Hôpital universitaire de Port-au-Prince, dans le cadre d’un réseau à construite de quatre hôpitaux dans la capitale et de trois autres en province. Par ailleurs, la France participe à l’extension du centre GHESKIO (Groupe Haïtien d’Etudes du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes) par la création d’un service de chirurgie spécialisé d’appareillage-réadaptation de 60 lits.
Un aspect important de notre action porte par ailleurs sur la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans les centres de santé de trois départements (Sud-Est, Nippes et Centre), avec un volet de formation d’infirmières-anesthésistes et la création d’une banque de lait maternel conduite avec la coopération brésilienne, que Bernard Kouchner avait d’ailleurs inaugurée en septembre dernier avec son homologue brésilien Celso Amorim.
A plus long terme, nous apportons notre soutien à la formation professionnelle des personnels médicaux et paramédicaux et à la création d’un enseignement supérieur à distance. Enfin, nous menons une étude de faisabilité en vue de la mise en place à moyen terme d’un système de couverture maladie minimum pour les populations les plus défavorisées.
Par DCP Porte-parolat, le 25/03/2010 à 09:52:45


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