2010.04.17 Denis Bocq, président d'Enfance et familles d'adoption Apprendre à gérer le temps

source : l'union

«C'est clair, il y aura un avant séisme et un après », lance en préambule Denis Bocq, le président laonnois d'Enfance et familles d'adoption. Car, lorsque ce père de trois enfants adoptés revient sur la situation haïtienne, les nouvelles sont claires : actuellement, il n'y a plus de nouvelles adoptions, et ceci pour la simple raison que « le mode d'adoption va sans doute être changé en ce qui concerne le pays », avance avec assez de certitude dans la voix le jeune président demeurant à Lizy. « Actuellement, ce sont les crèches sur place, puis généralement des avocats du cru qui lancent la procédure. C'est le cas des familles que vous suivez. Alors que dans d'autres pays, c'est parfois l'État lui-même qui prend en charge. Comme en Colombie actuellement ou en Éthiopie, qui est le second pays de provenance des enfants adopté en France, en 2009, derrière Haïti. Cette période que nous connaissons actuellement, des familles partant sur place, en individuelle, sera sans doute révolu une fois le pays revenu à un état normal. »
Un véritable commerce s'installe
Actuellement, la situation haïtienne inquiète au plus haut point, notamment au niveau des crèches. Certaines tiennent la route, d'autres sont beaucoup plus discutables, notamment celle qui concerne les Laonnois. Que ce soit Denis ou Philippe Malpezzi, parti sur place il y a quelques semaines pour tenter de connaître la situation, le constat était terrible. Un système où l'adoption des enfants est devenue un véritable commerce. Avec des excès inimaginables, comme le relatait un article du « Monde », daté de lundi dernier.
« Certains enfants, notamment les plus jeunes, sont déclarés mort, alors qu'il n'en est rien. En réalité, ils sont proposés à une autre famille, soit une nouvelle source de revenus pour la personne haïtienne sur place », glisse l'ancien conseiller général. Actuellement, Philippe Malpezzi use au maximum de ses relations qu'il a mises en place lors de ses séjours là-bas, notamment avec le colonel de gendarmerie, pour garder un œil sur les enfants de la crèche qui concernent les Laonnois. « Ce n'est pas évident », concède-t-il lui-même.
Pour les familles laonnoises, l'attente est pesante. « C'est le plus dur dans le parcours de l'adoption, explique Denis, car tant que les familles sont actives, le temps passe normalement. Après, c'est tout le contraire. Il faut apprendre à gérer ce temps. D'où des associations comme la nôtre, où nous mettons en place des groupes de paroles et autres actions. »
Le 29 avril prochain (20 h 15), une réunion se tiendra à l'UDAF, 16, avenue Georges-Clemenceau, pour tous les postulants à l'adoption.
Stéphane MASSÉ


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