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2010.04.18 Les petits Haïtiens bientôt chez leurs parents

source : MidiLibre.com

RAPPEL : Le 12 janvier, un violent séisme a détruit Port-au-Prince et tué des milliers d'Haïtiens
Si le bonheur est un tant soit peu transmissible, alors, c'est sûr, il y aura bientôt deux petits Haïtiens heureux. Deux, frère et soeur, qui sortiront de ce pays martyrisé pour être choyés par des parents aimants. Car Pascaline et Omar voient enfin approcher le moment où ils pourront serrer dans leurs bras Loubens, 5 ans et demi et Camezuse, 4 ans. Dans six mois au plus, « peut-être moins, parce que le gouvernement haïtien souhaite accélérer la procédure » , espère Pascaline.
A défaut, en attendant, elle serre dans ses mains les premières photos des enfants. Des photos arrivées dans les premiers jours d'avril et que la jeune femme regarde avec émotion : « Ils sont les plus beaux du monde ». Celle sur laquelle s'attarde son regard est la plus récente, prise le mois dernier. D'autres, reçues en même temps mais plus anciennes sont affichées sur le frigo. Le couple de jeunes Narbonnais entrevoit le bout du tunnel. Un tunnel particulièrement éprouvant depuis un peu plus de trois mois. Car le séisme dans l'île des Caraïbes est passé par là. Avec « une semaine de nuits blanches puis une semaine de galère, puis, petit à petit, les premiers espoirs » . Car, de l'absence totale d'information après la terrible catastrophe jusqu'aux premières nouvelles rassurantes, il s'en est passé des attentes, des recherches, des prises de contact.
Ce n'est que début février, après la soirée de solidarité destinée à recueillir des dons pour aider la population démunie de tout - 2 000 € ont été envoyés - que la certitude de leur bonne santé est enfin parvenue. « L'orphelinat, ou plutôt la crèche de Bresma où ils étaient a été détruit mais les enfants n'ont rien eu ; ils ont été hébergés dans une autre crèche, celle de Gla, qui n'a pas été touchée. » Restait à savoir si le dossier quasiment bouclé n'avait pas disparu dans la panique. Il n'en était rien.
Et depuis quelques jours, il a été sorti de l'Institut de Bien-être social et de Recherche (Ibser) pour être transmis à la justice. A cette dernière de faire une ultime vérification de l'abandon des parents biologiques avant le feu vert définitif.
« Nous l'avons appris le 1er avril ; j'ai espéré très fort que ce ne soit pas un poisson d'avril… Maintenant… enfin dans quelques semaines, on peut à tout moment nous appeler et nous dire de faire nos valises pour aller les retrouver. C'est comme pour un départ à la maternité » , sourit-elle. Où se feront les retrouvailles ? Mystère. « Peut-être à Haïti, peut-être en France. Actuellement les décisions sont en train d'évoluer. » L'attente se poursuit donc. Avec une patience plus joyeuse désormais. « J'ai eu un mail de l'association par laquelle toutes les informations transitent (*) . Il rapporte que les deux petits ont grandi plus que grossi, même si, maintenant, et depuis le mois de mars, ils peuvent reprendre deux repas par jour » , raconte Pascaline.
Elle poursuit sur des remarques faites par une Américaine travaillant avec la crèche : « Elle les a rencontrés là-bas. Selon elle, Loubens est un petit garçon très dynamique et un peu filou qui sait s'adresser à plusieurs personnes successivement jusqu'à obtenir satisfaction. Camezuse, elle, lui est apparue comme pleine de joie de vivre, toujours en train de chanter et danser, très soigneuse… ». Des traits de caractère qui émeuvent profondément la jeune femme.
Malgré tout son enthousiasme, la famille n'est pourtant pas tout à fait prête à recevoir ses enfants… « Une sorte de superstition, sans doute ! » \\Dans la maison de la rue de Cuxac, pas de problème, une chambre pourra les accueillir, mais ce n'est pas celle qui leur sera bientôt destinée, aménagée à leur goût, après une série de travaux. Mais cela ne va pas tarder. Sûr !

Christiane VINCENT


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