2010.07.11 Figeac. Le bonheur est arrivé dans la famille Issart

(La Dépêche) Il y a deux mois, Nahomie vivait encore à Haïti, dans la crèche de fortune installée après le séïsme qui a frappé son pays le 12 janvier de cette année. A l'annonce de la catastrophe, Dominique Issart, sa maman, est effondrée. Après de multiples appels à Port au Prince où personne ne peut la rassurer, elle apprend que sa fille est vivante. Elle décide de s'envoler pour la rejoindre.

Dominique et Philippe s'étaient déjà rendus à Haïti pour boucler le dossier de l'adoption en novembre 2009. Nahomie, comme les autres enfants de la crèche a été évacuée dans un autre bâtiment sans eau, sans électricité, sans aide alimentaire.

Le dossier de demande d'adoption déposé au Conseil Général en septembre 2006 donne l'agrément aux parents en août 2007 et le 15 octobre 2007, l'apparentement est statué. Mais les événements vont faire que l'arrivée de Nahomie est retardée de mois en mois.

Une attente insoutenable

Les vols sur Haïti étant suspendus, Dominique arrive en voiture par la République Dominicaine.«Pendant un mois, je reste chez des amis à Port au Prince, et je surveille Nahomie de loin, sans la prendre car je sais pas si je vais pouvoir la ramener », raconte Dominique. Les banques ne fonctionnent plus, le commerce non plus, Port au Prince est une désolation, il y a soixante-quinze crèches. Les enfants attendent leurs parents adoptifs mais aussi de l'aide alimentaire. Les personnels sont débordés. Quand elle part, laissant à la maison de Malmont son mari et ses cinq enfants, elle pense revenir au bout de quinze jours , un mois tout au plus. Elle ne reviendra dans le Lot que le 12 mai. Car comble de malchance, au moment où les papiers sont faits, où la mère et sa petite fille pourraient rejoindre la famille qui les attend, le volcan islandais entre en éruption formant un nuage de particules interdisant les vols vers l'Europe.

Sur place à Haïti

« Le séïsme est tel que l'ambassade n'a pas la logistique pour ravitailler les crèches. Tout manque : l'alimentaire, l'eau, mais aussi le carburant pour se déplacer », continue Dominique.

Les parents se groupent en association et financent la survie des enfants. « Pendant un mois, j'ai fait le ravitaillement de la crèche de Nahomie, puis nous avons acheté une pompe à eau, des tuyaux, des matelas, des jouets. »

Les papiers tardent toujours à venir. «J'ai ressenti une opacité du ministère des Affaires étrangères. Je pense que le consul et l'ambassadeur ont fait leur possible pour obtenir le jugement par une mesure d'urgence », raconte encore la maman de Nahomie. « Nous avons reçu beaucoup de soutien de la part des élus (MM. Miquel, Malvy, Mellinger et Me Paulo), des enfants de l'école de Planioles, mais aussi d'associations comme le Lion's club ou le Rotary », confie Dominique.

L'arrivée de Nahomie

Toute la famille est réunie, Romain (22 ans), Maylis (20 ans), Ambre (17 ans), Fiona (14 ans) et Hugo (11 ans) ses frères et sœurs sont enfin rassurés «Maman est rentrée avec notre petite sœur !»

«Quand elle est entrée dans la maison, on a fait le tour, elle a repéré toutes les chambres, notre maison avec 20 ans de jouets dedans est une immense salle de jeux pour elle », raconte la maman. En deux mois, la petite fille a grandi de 7 cm. Elle est allée à l'école de La Parrine et demain elle part en vacances avec toute la famille au bord de la mer.

«Nahomie a trois ans et depuis qu'elle est ici, je mesure chaque jour le bonheur qu'on ait pu rentrer ensemble. »


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