2010.08.25 Adoption en Haïti. La petite Arwen attendue à Brignogan

(Le Télégramme) Après le séisme du 12janvier dernier, les dossiers d'adoption en Haïti ont connu de nouvelles règles. À Brignogan, une famille arrive bientôt au terme de la procédure.

Dans la cuisine de Christine et Jérôme Mosneron-Dupin, deux horloges identiques donnent, pour l'une, l'heure de Brignogan et, pour l'autre, celle de Port-au-Prince. «C'était plus simple que de devoir calculer en permanence l'heure d'Haïti», explique Christine. Une façon aussi de mesurer l'attente jusqu'à l'arrivée d'Arwen, âgée de 3 ans, qui est devenue officiellement leur fille par jugement du tribunal haïtien en juillet dernier. L'adoption était une évidence pour cette assistante maternelle pourtant déjà mère de quatre enfants biologiques, âgés de 15 à 5 ans. «Née en France, j'ai été adoptée, cette démarche est naturelle pour moi. Nous avions trois pays de prédilection: l'Éthiopie, Madagascar et Haïti. Madagascar a été éliminée parce qu'il ne faut pas avoir plus de trois enfants biologiques pour adopter là-bas».

Deux mois sur place

En février 2009, la famille obtient son agrément du conseil général du Finistère. En mars, un orphelinat haïtien leur attribue la petite Arwen. Quatre photos leur sont envoyées par la crèche Espoir des petits anges d'Haïti située à une centaine de kilomètres de la capitale. Mais le jugement d'adoption n'est pas encore prononcé lorsque survient le séisme. «Nous avons décidé de créer une association pour aider la crèche, pénalisée par son éloignement de Port-au-Prince. En avril, Jérôme a passé un mois là-bas pour faire des travaux et s'occuper d'Arwen. J'ai, à mon tour, pris un mois de vacances en juin pour être auprès de notre fille et lui apporter des compléments alimentaires. Depuis la catastrophe, elle n'a été nourrie, comme les autres enfants, que de riz et d'eau. Pendant mon séjour elle a pu vivre avec moi, à l'hôtel». Un séjour durant lequel il faut s'entourer d'un garde du corps, armé désormais, pour prévenir les risques d'enlèvement. «Avant le séisme c'était déjà le cas, mais la situation s'est encore dégradée depuis la catastrophe».

Comparution ce jour

Lundi, Jérôme s'est de nouveau envolé pour répondre à une deuxième comparution devant le tribunal de Port-au-Prince. «C'est une nouvelle étape voulue par le gouvernement haïtien. Afin que les parents déclarent accepter l'adoption en présence de l'enfant, en connaissance de cause». La comparution doit avoir lieu aujourd'hui, dans la nuit à l'heure de Brignogan. Ensuite, il faudra faire les démarches à l'ambassade de France pour l'arrivée d'Arwen en France. Une dernière étape espère la famille qui a déjà acheté le billet d'avion. «Il faut qu'elle arrive avant les élections présidentielles de novembre, cette période va être dangereuse. Il reste encore 4à 500 enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles françaises». Contact Association Epah 293 rue Ar Goas Vian29890 Brignogan cricrimd29@free.fr


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